Universal soldier : la critique du film (1992)

Action, Science-fiction | 1h43min
Note de la rédaction :
6/10
6
Universal soldier, l'affiche française

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Très bis dans l’esprit, ce premier Universal soldier bénéficie d’un humour prononcé qui sauve le long-métrage de la médiocrité. L’ensemble constitue donc un divertissement bas du front honorable.

Synopsis : Les Uni-Sol sont un commando d’élite utilisé lors des situations extrêmes. Ils sont quasiment invincibles et font preuve de compétences physiques surhumaines. La journaliste Veronica s’intéresse de près à ces guerriers après que ces derniers aient participé à une impressionnante opération militaire. Elle découvre alors que les Uni-Sol sont en fait d’anciens soldats décédés et dont les corps sont ré-animés. Considérée comme une menace pour le projet, Veronica est traquée par une bande d’Uni-Sol dont l’un d’entre eux, Luc Devreux, décide de prendre sa défense.

Premier film américain de Roland Emmerich

Critique : Grace au succès international rencontré en 1990 par son film de SF Moon 44, pourtant assez médiocre, le réalisateur allemand Roland Emmerich obtient son passeport pour Hollywood. Il est aussitôt engagé par la firme Carolco (dirigée par Mario Kassar), qui compte sur lui et son complice Dean Devlin pour écrire un script destiné à Sylvester Stallone. Le projet ne voit finalement pas le jour et Mario Kassar propose aux duettistes de reprendre Universal soldier des mains du réalisateur Andrew Davis qui vient de claquer la porte du studio. Dean Devlin modifie sérieusement le scénario en injectant notamment bien plus d’humour et en évacuant les éléments plus polémiques visant la responsabilité de l’armée américaine.

Effectivement, le script d’origine évoquait non seulement la débâcle militaire au Vietnam, mais également la responsabilité directe de l’armée dans des expérimentations sur des soldats. Le scénario prévoyait aussi l’élimination systématique des civils, témoins des interventions des Uni-Sol, toujours par l’armée. Avec l’arrivée de Roland Emmerich et Dean Devlin, ces différents aspects ont été gommés ou supprimés au profit d’un divertissement pur et simple. Ainsi, on a du mal à comprendre comment un tel programme n’a pu recevoir l’aval de l’armée, ainsi que ses financements. Ce point précis de l’intrigue ne fonctionne absolument pas dans le film. Cette incohérence majeure s’explique donc par les multiples phases de réécriture du scénario.

Une version fun de Terminator 2 et de L’échelle de Jacob

Prévu pour être une œuvre sombre, Universal soldier est donc devenu un objet de divertissement fun, dont l’unique but est de détendre le spectateur. Ainsi, pour pouvoir apprécier le film, il faut avant tout le voir comme une comédie burnée. Il s’agit en fait d’une version comique de Terminator 2 (Cameron, 1991), ou plus exactement d’Atomic Cyborg (Sergio Martino, 1986), dont les trames sont similaires. Au niveau de l’ambiance générale et du ton, on retrouve surtout la marque de fabrique de Mario Kassar et de sa firme Carolco. Ainsi, la musique de Christopher Franke imite T2 dans sa coloration, tandis que le thème de l’armée manipulatrice était déjà au cœur de L’échelle de Jacob (Adrian Lyne, 1990), autre produit Carolco.

Finalement, si Universal soldier fonctionne encore de nos jours, c’est bien grâce à l’alliance d’un réel savoir-faire en matière d’action (excellente séquence de l’attaque du barrage), tout en osant pousser le curseur de l’humour à son maximum. Dès lors, l’aspect kitsch des Uni-Sol, le jeu monolithique des acteurs et l’incongruité générale des péripéties passent mieux.

Jean-Claude Van Damme révèle une belle appétence pour la comédie

On notera d’ailleurs une certaine appétence de Jean-Claude Van Damme pour la comédie. Il joue parfaitement le cyborg niais qui ne comprend rien de ce qui lui arrive. Face à lui, Dolph Lundgren compose un personnage de méchant charismatique, même si au jeu plus limité. Entre les deux, Ally Walker, repérée dans la série Santa Barbara, est plutôt à l’aise et tente comme elle peut de faire oublier que son personnage tient du cliché. On repère également parmi les seconds rôles des seconds couteaux bien familiers comme Ed O’Ross (vu notamment dans L’arme fatale ou encore Double détente) et Jerry Orbach (apprécié dans Dirty Dancing ou encore le Woody Allen Crimes et délits).

Le début d’une franchise lucrative, surtout en vidéo

Sympathique de bout en bout, bien que très bis dans l’esprit, Universal soldier n’est clairement pas un grand film, mais il posait les bases de ce qui serait la marque de fabrique du cinéma de Roland Emmerich. Le long-métrage a d’ailleurs rencontré le succès un peu partout en salles (36,2 M$ aux Etats-Unis et surtout plus de 1,5 millions d’entrées en France pour une 18ème place annuelle), avant de cartonner en vidéo.

Cela a d’ailleurs entraîné la réalisation de plusieurs suites. Il y a tout d’abord eu deux téléfilms en 1998, interprétés par Matt Battaglia.  Puis, la vraie suite Universal soldier : le combat absolu (Mic Rodgers) est sortie en salles en France en juillet 1999. Les deux autres itérations plus tardives – et de meilleure tenue – ne sont sorties qu’en vidéo. Il s’agit de Universal soldier : Régénération (2009) et surtout du très bon Universal soldier : le jour du jugement (2012), tous deux tournés par John Hyams.

Pour être complet, il existe également un jeu vidéo Universal soldier édité par Accolade en 1992 sur Mega Drive et Game Boy.

Visionner le film en VOD

Critique de Virgile Dumez

Les sorties de la semaine du 29 juillet 1992

Universal soldier, l'affiche française

© 1992 StudioCanal – Carolco Pictures- IndieProd Company Productions- Centropolis Film Productions. Tous droits réservés.

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Universal soldier, l'affiche française

Bande-annonce de Universal Soldier

Action, Science-fiction

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