Twilight Chapitre 1 Fascination : la critique du film (2009)

Romance, Fantastique, Teen-movie | 2h02min
Note de la rédaction :
5/10
5
Twilght Chapitre 1 Fascination, l'affiche française 2009

  • Réalisateur : Catherine Hardwicke
  • Acteurs : Kristen Stewart, Robert Pattinson, Peter Facinelli, Anna Kendrick, Taylor Lautner, Ashley Greene, Billy Burke, Nikki Reed, Kellan Lutz
  • Date de sortie: 07 Jan 2009
  • Nationalité : Américain
  • Titre original : Twilight
  • Année de production : 2008
  • Scénariste(s) : Melissa Rosenberg, d'après le roman de Stephenie Meyer
  • Directeur de la photographie : Elliot Davis
  • Compositeur : Carter Burwell
  • Société(s) de production : Summit Entertainment, Temple Hill Entertainment, Maverick Films
  • Distributeur (1e sortie) : SND Distribution
  • Distributeur (reprise) : -
  • Date de reprise : -
  • Éditeur(s) vidéo : M6 Vidéo
  • Date de sortie vidéo : 8 juillet 2009 (DVD, blu-ray)
  • Box-office France / Paris-Périphérie : 2 802 847 / 622 461 entrées
  • Box-office nord-américain : 191 449 475 $
  • Budget : 37 000 000 $
  • Classification : Tous publics
  • Formats : 2.35 : 1 / Couleurs / DTS - Dolby Digital - SDDS - Dolby Atmos
  • Festivals et récompenses : 10 récompenses sur 11 aux Teen Choice Awards 2009, Meilleur film & Meilleur casting au People's Choice Awards (USA)
  • Illustrateur / Création graphique : The Cimarron Group - Adaptation : Arsenic
  • Crédits : © 2008 Summit Entertainment LLC. Tous droits réservés - © 2008 SND Tous droits réservés.
  • Franchise : 1er volet de la franchise Twilight
Note des spectateurs :

Twilight Chapitre 1 Fascination était un film phénomène de par ses chiffres, mais son contenu était celui d’une bluette pour adolescentes, plus formatée pour un samedi soir sur M6, que pour générer un consensus cinématographique entre les filles et les garçons dans les salles. Du vrai cinéma genré pour spectateurs en pleine (ex)croissance.

Synopsis :  Sa mère s’étant remariée, Bella Swan quitte le soleil d’Arizona pour aller vivre chez son père dans un patelin pluvieux de l’Etat de Washington. Dès son arrivée, l’adolescente est fascinée par la beauté diaphane des cinq enfants adoptifs du Dr. Carlisle Cullen, dont le taciturne Edward, son camarade de classe, qui bientôt la sauve miraculeusement d’un accident de voiture. Eprise de lui et déterminée à percer son mystère, Bella apprend de la bouche d’un jeune Amérindien que les Cullen sont des vampires qui, autrefois, ont conclu un pacte de paix avec ses ancêtres. Nullement rebutée, Bella apprivoise Edward, qui à son tour cède à ses charmes. Pendant ce temps, trois vampires nomades, qui sèment la terreur dans le voisinage, resserrent leur étau sur elle.

Critique : Twilight est au fantastique ce que High school musical est à la comédie musicale. Un phénomène de cours de récréation, parfaitement imprévisible dans son envergure, qui détient pourtant tous les éléments pour satisfaire son public cible – les adolescentes. Cette adaptation du premier tome de la saga de best-sellers de Stephenie Meyer a démarré sur les chapeaux de roues aux USA, générant quelques 70 millions de dollars pour son premier week-end d’exploitation, malgré un budget maigrelet (et cela se voit !) de 37M de billets verts qui ne le prédestinait pas à de tels Summit – oups, ça c’est le nom de la compagnie qui produit -, sommets. Evidemment face à un tel engouement, encore sous-estimé à la sortie française de Twilight, la curiosité du spectateur mâle, adulte, fan d’épouvante au premier degré, bref, celui-là même qui dévore habituellement les films de vampires, est légitime, et ce, même si la tentation du cynisme point. 

Twilight Chapitre 1 Fascination : ce n’est pas pour les adultes

Aussi, prévenons tout de suite les aficionados acharnés du gothique canin qu’en tentant l’expérience du crépuscule amoureux entre une ado introvertie, fraichement débarquée dans une bourgade du nord des Etats-Unis, et un bellâtre hautain mais vampire, ils risquent de ressortir haineux, puisqu’ils devront renoncer aux frayeurs, à la noirceur des traits et à toute poigne psychologique. La trame de Twilight se veut en effet teenager dans l’âme (le roman de base est relaté par une ado pas très profonde, à la première personne du singulier) et essentiellement féminine. Elle est donc présentée avec ce qu’il faut de naïveté d’écriture (raccourcis scénaristiques – le coup de foudre, la facilité avec laquelle la famille du vampire amoureux accepte l’humaine et se met donc en danger), de simplicité de raisonnement (l’ado qui pense avoir vécu mais ne connaît rien à la vie ; l’héroïne qui choisit la différence en amour, mais ne s’éprend pas l’incarnation du Mal pour autant, son vampire étant « végétarien » !) et d’ambitions puériles (aimer et être aimée pour la vie et au-delà encore, et se rendre au sempiternel bal de fin d’année, que l’héroïne refuse tout d’abord, alors qu’au fond, elle crève d’envie d’y aller). 

Une mise en scène télévisuelle

Autre écart de conduite avérée pour les fans d’épouvante au premier degré, la réalisation de Catherine Harwicke, choisie pour son regard juste sur l’adolescence rebelle dansThirteen, est ici, systématiquement, à côté de la plaque. Face à un budget serré, la réalisatrice foire à peu près tous ses efforts stylistiques, hésitant entre les balises trop différentes des genres qu’elle côtoie. La romance est « gnangnatisée », avec un minimum de style, mais sans grande beauté ; l’horreur et la tension se résument souvent à une caméra subjective en forêt ou à des plans sylvestres aériens, sans tendre vers l’âpreté et la majesté visuelles qui eussent pu satisfaire l’exigence de l’œil adulte. Manquant d’éclat et de nervosité, la réalisation s’avoue tout simplement incapable de faire un choix entre le spectacle aseptisé et le film de genre ; finalement, dévalorisée par les effets spéciaux et les maquillages voyants, elle rejoint celle des séries télé d’épouvante du samedi soir. Les exploits physiques des vampires se résument à des accélérés peu convaincants et leur teint blafard est trop accentué pour les rendre physiquement crédibles au milieu de la société humaine. Ce n’est, certes, pas du niveau de Buffy, mais on est loin du coup de poing artistique qu’un démarrage à 70M$ pouvait laisser présager. 

Du potentiel à exploiter

Toutefois, ne condamnons pas trop vite le premier volet de cette franchise en devenir. Si l’on accepte de se défausser de notre cynisme de vieux spectateurs roublards, on peut suivre cette intrigue atypique sans grand déplaisir. Le talent et surtout le charme des deux tourtereaux (le vieux vampire de 100 ballets au visage séraphin et l’ado de 16-17 ans !!!) a ce je-ne-sais-quoi de poignant et d’attendrissant qui fait digérer les lourdeurs du script. De plus, la cinéaste, plus forte dans la psychologie que dans le film de genre, touche parfois avec acuité au malaise adolescent, et s’insinue au plus près de ce désir muet de différence, qui se matérialise autour du thème du vampirisme (le plus beau et le plus noble des originaux, peut-être le seul tueur que les spectateurs osent et aiment respecter.). Au final, malgré ce départ artistiquement fade, les intrigantes pistes narratives, jetées ici-et-là durant les 2h10 d’un métrage pas si interminable que cela, laissent augurer une saga riche en développements passionnants. Faut-il pour cela que le budget gonfle et que les producteurs confient le prochain épisode à un cinéaste féru de fantastique, quelqu’un de téméraire qui sache quoi faire de sa caméra et surtout qui ose trahir le matériau littéraire de base. 

Frédéric Mignard

Sorties de la semaine du 7 janvier 2009

La franchise Twilight

Twilght Chapitre 1 Fascination, l'affiche française 2009

© SND – Summit Entertaiment, LLC, tous droits réservés

Twilight Chapitre 1 Fascination est disponible en VOD.

Box-office :

Rien ne prédestinait Twilight Chapitre 1 Fascination à devenir un phénomène chez les adolescents français, de par son statut de série B romantique, et pourtant les résultats ont été faramineux. 755 835 spectateurs se sont précipités dans 455 cinémas. La moyenne de 1 661 adolescents par salle était solide. En deuxième semaine, le film gagne en stabilité, avec 518 877 entrées. Les vacances d’hiver seront favorables au couple Kristen Stewart et Robert Pattinson, avec sept semaines au-dessus des 150 000 spectateurs.  En 8e semaine, à la fin du mois de février 2009, la romance vampirique comptabilise encore 107 719 spectateurs dans 381 entrées.

La rentrée des classes lui sera fatale : la production américaine perd 60% de sa fréquentation en 9e semaine, avec 41 365 retardataires. Trois semaines plus tard, à plus de 2 770 000 spectateurs, Twilight en sera réduit à de la poussière de vampire : 6 100 ados dans le refus de l’exercice scolaire, dans 50 salles.

Aux USA, Fascination glanera 193 962 473$ de recettes, ouvrant la voie à une franchise qui sera fructueuse. Les autres plus gros marchés du film seront dans l’ordre, avec 27M$ le Brésil, l’Allemagne et la France avec 23M$ en France, le Royaume-Uni avec 16M$, l’Espagne 15M$, l’Italie avec 14M$… La Chine n’a pas ouvert son marché au film à l’époque.

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Twilght Chapitre 1 Fascination, l'affiche française 2009

Bande-annonce de Twilight Chapitre 1 Fascination

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