The Devil’s Rejects, suite de La maison aux mille cadavres, est un bijou de mauvais goût, une authentique œuvre d’art bourrin et jusqu’au-boutiste qui s’inscrit dans le meilleur de ce que le genre a proposé dans les années 2000. A revoir à l’occasion de la sortie du troisième volet, 3 From Hell.
Synopsis : Depuis la mort de son frère, le shérif Wydel ne vit plus que pour se venger de l’épouvantable famille Firefly, des dégénérés responsables de la disparition de centaines de personnes dans les environs. Lorsqu’il prend leur ferme d’assaut, seuls Otis et sa sœur Baby parviennent à s’échapper. Ils se réfugient dans un motel perdu loin de tout où ils prennent une famille en otage. Commence alors une cavale jonchée de cadavres où chacun des deux camps ira jusqu’au bout de sa haine…
Critique : Une claque dans la gueule ! Suite directe d’une série B assez médiocre qu’aucun distributeur français ne s’était risqué à sortir sur grand écran (House of 1000 corpses), The Devil’s Rejects a été l’une des claques cinématographiques des années 2000, une œuvre parfaitement mûrie dans l’esprit de son auteur, le métalleux Rob Zombie, qui, avec un joli petit budget, a su réaliser une production d’une insolente indépendance héritée des années 70.
La référence aux grands polars barbares de cette époque est patente : Rob Zombie a mis en boîte une cavale meurtrière en super 16 pour rappeler le grain salace des classiques de cette décennie dingue. Le tout mâtiné de western spaghetti poussiéreux à la Sergio Leone et fouetté par un vent de folie générale proche de l’hystérie d’un Massacre à la tronçonneuse. Bref, un vrai coup de pied dans la fourmilière horrifique des années 2000, puisque rien de cette décennie ne lui ressemblait, y compris son prédécesseur aux mille cadavres qui sentait bien trop l’amateurisme pour pouvoir vraiment emballer.
The Devil’s Rejects, la quintessence du film culte
Complètement barré, The Devil’s Rejects marque l’avènement au cinéma de Rob Zombie. Authentique trublion de mauvais goût, l’artiste fourmille d’idées à chaque plan, tout en vomissant sur la société yankee. Désormais ce n’est plus la gloire de White Zombie qui s’essaie au vidéo-clip ou au petit film d’horreur déjanté, mais bel et bien un auteur-réalisateur d’un grand talent qui, sous couvert de réaliser une bouffonnade ultraviolente, s’installe au panthéon d’un genre qui n’en demandait pas tant !
#MeToo Incompatible
Certes, le Zombie du nouveau bis offre le meilleur de son inspiration dans les moments les plus salaces et provocateurs, mais toujours avec l’œil d’un visionnaire, malin et sûrement pervers, dont l’approche franche et authentique redore le blason de la série B de l’avant VHS qui électrocutait les principes pour des idées peu prônes à la bienveillance.
Pour sûr, The Devil’s Rejects n’est pas de la pelloche pour midinettes, mais du bon gros cinéma bourrin gonflé aux hormones mâles qui, derrière son machisme éhonté et ses dialogues ahurissants d’outrance, dissimule un vrai génie cinématographique aussi cynique que jubilatoire. #MeToo incompatible.
Critique de Frédéric Mignard