Supernova : la critique du film (2021)

Drame, Romance | 1h35min
Note de la rédaction :
8/10
8
Supernova, l'affiche

  • Réalisateur : Harry Macqueen
  • Acteurs : Colin Firth, Stanley Tucci
  • Date de sortie: 08 Sep 2021
  • Nationalité : Britannique
  • Titre original : Supernova
  • Titres alternatifs : Memórias de Um Amor (Brésil) / Un amor memorable (Argentine)
  • Année de production : 2020
  • Scénariste(s) : Harry Macqueen
  • Directeur de la photographie : Dick Pope
  • Compositeur : Keaton Henson
  • Société(s) de production : Quiddity Films, The Bureau
  • Distributeur (1ère sortie) : KMBO
  • Distributeur (reprise) : -
  • Date de reprise : -
  • Éditeur(s) vidéo : -
  • Date de sortie vidéo : -
  • Box-office France / Paris-périphérie : -
  • Box-office nord-américain : 234 220 $
  • Budget : -
  • Rentabilité : -
  • Classification : Tous publics
  • Formats : 1.85 : 1 / Couleurs
  • Festivals et récompenses : Nomination au San Sebastián International Film Festival 2020 : Meilleur film
  • Illustrateur / Création graphique : -
  • Crédits : Quiddity Films, The Bureau
Note des spectateurs :

Supernova traite de sujets difficiles – la démence précoce et la fin de vie – avec pudeur et retenue. Colin Firth et Stanley Tucci y sont bouleversants de vérité. À découvrir.

Synopsis : Sam et Tusker s’aiment depuis 20 ans. À bord de leur vieux camping-car, ils rendent visite à leurs amis et famille et retournent sur les lieux de leur jeunesse. Depuis que Tusker est atteint d’une grave maladie, tous leurs projets ont été suspendus. Le temps est compté et être ensemble est désormais la chose la plus précieuse. Cependant, ce dernier voyage va mettre leur amour à rude épreuve.

Une histoire intime sur la démence précoce

Critique : Pour écrire le scénario de Supernova, l’acteur et réalisateur Harry Macqueen s’est beaucoup inspiré de sa propre expérience, puisqu’il a lui-même connu des personnes atteintes de démence précoce. Il est important de signaler que le long-métrage ne traite pas de la maladie d’Alzheimer – qui est effectivement une forme de démence précoce – mais plutôt du syndrome de Benson qui entraîne des troubles de la vision et des difficultés dans la lecture, mais préserve la mémoire. Toutefois, cela constitue progressivement un handicap majeur pour les personnes qui en sont atteintes. C’est d’autant plus fondamental dans le cadre du film que le personnage incarné par Stanley Tucci est écrivain et perd peu à peu sa capacité à organiser des idées et à les transcrire sur papier.

Supernova, photo d'exploitation 1

© 2020 Quiddity Films – The Bureau. Tous droits réservés.

Durant la phase d’écriture qui a duré deux ans, Harry Macqueen s’est non seulement documenté sur ce syndrome, mais a également pris des décisions fondamentales, comme le fait d’avoir pris comme héros un couple homosexuel, et d’avoir opté pour la structure du road movie. Toutefois, l’orientation sexuelle des protagonistes n’est finalement jamais surlignée puisqu’il s’agit avant tout d’une histoire d’amour entre deux êtres, peu importe qu’ils soient de même sexe. C’est d’ailleurs la grande force du long-métrage que d’établir la véracité de ce vieux couple en seulement quelques minutes, et ceci sans que l’on se préoccupe de leur orientation sexuelle. Aucun autre personnage annexe n’y fait d’ailleurs référence et rien ne viendra donc ternir cet amour profond qui les unit l’un à l’autre, si ce n’est la maladie.

Un road movie mental à l’issue inexorable

Nous sommes donc conviés à suivre le parcours physique et mental de deux amants qui font un ultime voyage sur les terres de leur jeunesse. Le spectateur comprend assez rapidement que l’un des deux est atteint de démence précoce et que ce road trip a pour but de s’évader des réalités de la maladie. Au cours du périple, les deux hommes vont rencontrer une partie de leur famille et amis, mais vont aussi être confrontés à un choix terrible en rapport avec la fin de vie.

Supernova, photo d'exploitation 2

© 2020 Quiddity Films – The Bureau. Tous droits réservés.

Conscient de la lourdeur des thématiques abordées et du piège qui consisterait à faire de l’ensemble un pur mélodrame larmoyant, Harry Macqueen a l’intelligence de ne jamais faire de son œuvre un plaidoyer pour le droit à mourir dans la dignité. En fait, il s’évertue à éviter les scènes qui risqueraient de prendre le spectateur en otage. Certains lui ont d’ailleurs reproché cette pudeur extrême dans le traitement du sujet, alors même que c’est cet aspect très intimiste qui permet justement de bouleverser profondément le spectateur.

Des paysages superbes qui contrastent avec la noirceur du propos

Afin d’éviter le pathos qui menaçait à chaque instant, le cinéaste a eu l’excellente idée d’ouvrir son film sur l’extérieur. Magnifié par les splendides paysages britanniques du Lake District, Supernova offre toujours de grandes perspectives sur une nature préservée et sauvage, tandis que les deux personnages se débattent avec leur désespoir intérieur. Ces moments permettent d’aérer une œuvre par ailleurs pesante par sa thématique même. On signalera également l’excellence de la partition musicale de Keaton Henson qui s’inscrit dans la lignée d’un Max Richter.

Toutefois, Supernova ne serait pas aussi émouvant sans la prestation habitée des deux acteurs. Parfaitement indissociables, Colin Firth et Stanley Tucci révèlent une fois de plus des trésors d’émotion et de retenue. Jamais démonstratif, leur jeu paraît d’un naturel confondant. On ne questionne jamais la réalité de ce couple, que l’on croirait uni depuis leur tendre jeunesse. Si le script n’élude pas les questions qui fâchent sur le droit de chaque être humain à disposer de sa propre fin, Supernova se veut avant tout une magnifique histoire d’amour qui peut aller jusqu’au sacrifice ultime, à savoir aider l’autre à partir dignement.

Présenté avec succès dans de nombreux festivals au cours de l’année 2020, Supernova a vu sa sortie maintes fois retardée par la crise sanitaire. Le métrage n’est finalement sorti sur les écrans britanniques qu’au mois de juin 2021 et au début du mois de septembre en France. Les chiffres des premiers jours ne semblent pas très encourageants pour cette œuvre certes difficile, mais qui réserve des trésors d’émotion à ceux qui feront l’effort de se déplacer en salles.

Critique de Virgile Dumez

Les sorties de la semaine du 8 septembre 2021

La fiche du film sur le site du distributeur

Supernova, l'affiche

© 2020 Quiddity Films – The Bureau. Tous droits réservés.

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