Pandorum est un choc cinématographique, dans le domaine de la peur stratosphérique, qui s’érige comme l’un des grands titres du cinéma de science-fiction des années 2000. Tout bonnement indispensable.
Synopsis : Deux astronautes, le Lieutenant Payton et le Caporal Bower se réveillent dans leur gigantesque vaisseau spatial après un long séjour en hyper-sommeil. Désorientés et plongés dans le noir, ils ne se souviennent ni de leurs identités ni de leur mission. Les seuls sons qui leur parviennent sont des vibrations provenant du coeur du vaisseau. Le Caporal Bower part en exploration et ne tarde pas à découvrir quelques survivants qui vivent cachés, traqués par d’effroyables créatures. Ensemble ils vont essayer de découvrir ce qui s’est réellement passé lors de cette mission…
Critique : Prenez The Descent, mixé à Pitch black, Alien, Sunshine, The mist et Event horizon, secouez bien le tout et vous aurez un cocktail d’effroi imparable.
Production authentiquement claustrophobe se déroulant exclusivement dans un gigantesque vaisseau spatial, égaré dans un univers de détresse et de solitude, Pandorum est le parangon du de science-fiction infernal et hautement oppressant. Un voyage dans l’inconnu infesté de peurs sauvages, tribales et ancestrales. Une œuvre qui, malgré toutes ses illustres références, réussit à se démarquer du tout-venant de par sa propre génétique de franchise avortée Et oui, en 2009, à sa sortie, l’on pouvait voir dans Pandorum un nouveau maître étalon dans le genre horrifique visionnaire, de ceux qui marquent leur décennie.
Série B de par son ambiance caverneuse. Blockbuster de par son cadre démesuré. Pandorum est dans tous les cas un plaisir visuel de par la beauté de sa réalisation. Un choc émotionnel de par les sensations stellaires qu’il engendre. Un film immense de par l’intelligence de son script, qui ne demandait qu’à développer une trilogie qui ne viendra jamais en raison de son échec au démarrage (il est devenu culte et se trouve très bien noté par le public sur IMDB où il frôle les 7).
Troisième réalisation du jeune réalisateur allemand d’Antibodies (pour mémoire, un sous Silence des agneaux, décalé certes, mais parfaitement dispensable), Pandorum est une œuvre hybride qui, en salle, a eu du mal à exister en raison de son jusqu’au-boutisme, sa violence tribale, sa noirceur d’âme et son refus viscéral des raccourcis narratifs.

© M6 Vidéo. © 2009. Constantin Film Production GMBH. Tous droits réservés / All rights reserved
Les affiches teasers mensongères et la présence au générique peu réconfortante de Dennis Quaid (pourtant impeccable), nous menaient dans des directions à l’opposé du produit fini. Tout comme le nom de son producteur star, Paul W.S. Anderson, ce lui-même qui mit l’Event Horizon en orbite en 1998. Mais Pandorum préfère la tangente à la ligne droite qui aurait pu le mener au remake, voire au plagiat de ses illustres prédécesseurs.
Primitif et jubilatoire, il est la quintessence de la blessure cinématographique, celle qui se grave dans la chair pour atteindre douloureusement les sens et l’esprit. Christian Alvart a sonné le renouveau du cinéma culte, propulsant définitivement le jeune comédien Ben Foster (Alpha dog et X-Men l’affrontement) sur les devants d’une scène qu’il quittera trop vite. Quant au cinéaste, il faudra attendre plus de 10 ans pour le revoir dans une salle de cinéma en France, avec le thriller teuton Lands of Murders qui réussira à faire mieux que Pandorum : 40 557 entrées pour le film de 2020 contre 33 515 entrées pour le film d’horreur spatiale. Oui, son bide fut monumental.
Avec 10M$ de recettes aux USA et 10M$ dans le reste du monde, Pandorum n’a suscité aucune curiosité. En dehors des Etats-Unis, très peu de pays y investiront un million de dollars dans son exploitation. La Russie a été séduite (2 500 000$), l’Italie, l’Espagne, le Royaume-Uni et la Corée du Sud feront illusion avec un million de dollars de recettes. L’Allemagne, malgré la présence de la comédienne Antje Traue à l’affiche et d’un réalisateur allemand aux commandes, en proposera 932 000$. Un symbole pour cette oeuvre maudite qui compte parmi les flops de l’année 2009.

Affiche : Pascal Lesoing © 2009. Constantin Film Production GMBH. Tous droits réservés / All rights reserved