Pelote de réjection d’un ado en pleine crise de l’âge, No Pain No Gain se lâche totalement dans un format de comédie d’action trash et décalée qui atteint des cimes de vulgarité. Il n’est pas interdit d’y prendre plaisir.
Synopsis : A Miami, Daniel Lugo, coach sportif, ferait n’importe quoi pour vivre le “rêve américain” et s’offrir maisons de luxe, voitures de course et filles de rêve… Avec deux complices, il dresse un plan simple et (presque) parfait : enlever un de ses plus riches clients et… lui voler sa vie. No Pain No Gain s’inspire de l’histoire incroyable mais vraie de ces trois kidnappeurs amateurs embarqués dans une série d’actes criminels qui dégénèrent rapidement… Rien ne se déroule jamais comme prévu.
Critique : Que peut-on attendre en 2013 d’un cinéaste tel que Michael Bay, réalisateur spécialisé dans la destruction massive de villes entières avec sa saga des Transformers, et accessoirement de quelques-uns des blockbusters les plus énervants de ces dernières décennies (d’Armageddon à Pearl Harbor en passant par Bad Boys 2) ? Rien, si ce n’est un petit film tourné entre deux grosses productions, juste pour le plaisir de revenir à une certaine économie de série B comme micro “Budget”, ici de 26 millions de billets verts à l’heure où la plupart des longs-métrages hollywoodiens sont produits pour 150 ou 200M$.
Tiré d’une histoire vraie plutôt étonnante, No Pain, No Gain commence assez mal avec tous les défauts inhérents aux œuvres précédentes de Bay. On retrouve donc ici des gros bras machos vénaux qui ne cessent de proférer des inepties sur fond de patriotisme ronflant. Toutefois, très rapidement, le cinéaste montre enfin du bon goût et bascule dans le second degré totalement assumé.

© 2013 Paramount Pictures. All Rights Reserved.
Michael Bay assignent toutes les idées réactionnaires aux personnages les plus demeurés avec une volonté satirique qui surprend. De ce fait, le spectacle devient aisément sympathique, voire même assez jubilatoire, surtout quand No Pain No Gain se permet des dérapages incontrôlés qui n’ont pas, ordinairement, le droit de cité dans un cinéma formaté pour le grand public. Contaminé par des débordements trash qui devraient ravir les amateurs de bis, le spectacle – totalement régressif – atteint une certaine forme de plaisir coupable par sa vulgarité crasse (le seul personnage qu’incarne la bourrasque Rebel Wilson en est un exemple flagrant). Non seulement les personnages sont de gros bourrins complètement abrutis, mais leurs actions sont marquées du sceau sex, drug and rock’n’roll dans une outrance que l’on attendait pas du réalisateur de Bad Boys et Transformers. Dans No Pain, No Gain, on tue pour rien, on baise de toutes les manières possibles et l’on se drogue tout en priant Jésus. Dans ce cocktail détonant et surtout déconnant, Mark Walhberg s’impose sans souci, tandis que Dwayne Johnson révèle de vraies dispositions pour la comédie qu’il entretiendra régulièrement par la suite.
Outre le fait que le spectacle est drôle et enlevé, Michael Bay parvient également à se modérer en terme de découpage des plans. Moins furieux qu’auparavant, tout en restant un faiseur d’images hors pair, Bay semble avoir appris de ses erreurs passées et livre un film de pure série B décomplexée. Aussi furieusement con que diablement efficace.
Critique de Virgile Dumez

© 2013 Paramount Pictures. All Rights Reserved.
Box-office de No Pain No Gain
Avec un classement R aux USA (interdit aux moins de 17 ans sans accompagnateur adulte) et une interdiction aux moins de 12 ans en France, No Pain No Gain (alias Pain & Gain, en version originale !) n’a pas assurer au box-office. Le budget de 26M$ accouchera de 87M$ de recettes dans le monde, ce qui, avec deux braqueurs du cinéma d’action en tête d’affiche, déçoit la Paramount qui sortait d’un début d’année très calme et d’une année 2012 catastrophique.
Aux USA, la comédie azimutée démarre à 20M$ dans une combinaison large de 3 277 sites et braque la première place à Tom Cruise dans Oblivion qui rétrograde en 2e place. Ces deux-là font partie des premiers blockbusters à lancer la saison estivale 2013, en cette fin de mois d’avril.
Ce score moyen sera douché par un second week-end mortifère et une chute à 7.5M$ (-62.9%) qui s’explique par le lancement tonitruant de Iron Man 3 dans 4 253 cinémas. La production Disney domine l’Amérique du Nord avec 174M$.
Le troisième week-end le laisse amorphe à 5M$ (-33.4%) face notamment à l’arrivée de The Great Gatsby avec Leonardo DiCaprio (50M$ dans 3 535 cinémas).
In fine, aux USA, No Pain No Gain trébuche avant d’arriver aux 50M$, puisqu’il s’arrête symboliquement à 49 875 291. Formaté pour la Russie, la comédie balourde trouve son 2e marché chez l’éternel Poutine, avec 7 219 000$. L’Allemagne, qui aime bien déconner américain, y trouve son compte (6 251 000$). Les Britanniques suivent avec à peine 3 759 000$. Leurs cousins australiens ont déboursé 3 099 777$.
Dans ce contexte peu emphatique, la France ne fait pas des miracles mais occupe tout de même la 6e place mondiale, avec des recettes maigrelettes (2 739 533$), soit 327 000 spectateurs en France. Curieusement Paramount aura pris son temps pour sortir le vilain petit canard dans l’Hexagone puisqu’il y apparaît en salle le 11 septembre, plus de quatre mois après sa sortie américaine. Seules la Russie, la Bulgarie, l’Egypte et une poignée de marchés tertiaires auront profité d’une distribution rapide dans leurs salles.
Compte tenu de la déception globale, plus d’une décennie après, Paramount n’a toujours pas édité la bouffonnerie en 4K ultra HD.
Box-office de Frédéric Mignard
Les sorties de la semaine du 11 septembre 2013

© 2013 Paramount Pictures. All Rights Reserved.
Biographies +
Michael Bay, Anthony Mackie, Mark Wahlberg, Dwayne Johnson, Rebel Wilson, Ed Harris, Peter Stormare, Rob Corddry, Tony Shalhoub, Bar Paly