Nevada : la critique du film (2019)

Drame | 1h36min
Note de la rédaction :
8/10
8
Nevada, l'affiche

Note des spectateurs :

Porté par un Matthias Schoenaerts toujours aussi impressionnant, Nevada est une œuvre forte et sensible sur la capacité de résilience de l’être humain.

Synopsis : Incarcéré dans une prison du Nevada, Roman n’a plus de contact avec l’extérieur ni avec sa fille… Pour tenter de le sortir de son mutisme et de sa violence, on lui propose d’intégrer un programme de réhabilitation sociale grâce au dressage de chevaux sauvages. Aux côtés de ces mustangs aussi imprévisibles que lui, Roman va peu à peu réapprendre à se contrôler et surmonter son passé.

Le cheval qui hennissait à l’oreille des détenus

Critique : L’actrice Laure de Clermont-Tonnerre a découvert progressivement le plaisir de la mise en scène, tout d’abord au théâtre. Puis, elle a réalisé deux courts, ainsi que des épisodes de la série The Act. Elle a eu vent d’un programme de réinsertion des prisonniers  par le dressage des chevaux dans l’Etat du Nevada par une amie psychiatre et a décidé d’en tirer un script. Développée lors d’un atelier scénario au festival de Sundance, l’idée a séduit Robert Redford, déjà réalisateur de L’homme qui murmurait à l’oreille des chevaux (1998). Ce dernier s’est proposé pour être producteur exécutif d’un projet désormais sur les rails.

Des qualités documentaires indéniables

Tourné dans la prison même qui abrite ce programme novateur, avec certains des détenus concernés, Nevada possède une indéniable qualité documentaire, tout en révélant de belles dispositions pour la réalisation. Ainsi, les premiers plans majestueux dans le désert nous invitent sur les traces des grands westerns américains. Cette entrée en matière lumineuse contraste rapidement avec la sensation d’enfermement qui va prédominer par la suite. Ainsi, les cadrages privilégient de plus en plus le gros plan afin d’enfermer les personnages et les animaux comme dans une cage.

 

Nevada, photo

© 2019 Ad Vitam. Tous droits réservés.

Le parallèle entre l’emprisonnement des hommes et celui des mustangs est certes évident, mais il tisse un lien indéniable entre le personnage principal et sa propre rédemption. L’homme, particulièrement taiseux et renfermé, voit sa curiosité piquée au vif lorsqu’il est mis en présence d’un cheval encore plus impétueux et fou que lui. Le contact ne se fait pas sans anicroche, mais l’animal oblige en quelque sorte le détenu à s’ouvrir à l’altérité. Face à un cheval incontrôlable, il faut soi-même apprendre à maîtriser ses sentiments, ses colères et ses sautes d’humeur.

Matthias Schoenaerts bouleversant

C’est ce que découvre peu à peu le personnage principal incarné par un Matthias Schoenaerts impressionnant de colère intériorisée. Telle une bombe à retardement, on sent le comédien prêt à exploser à chaque seconde. Toutefois, c’est dans le contact enfin établi avec l’animal, mais aussi avec sa propre fille, que le comédien parvient une fois de plus à nous bouleverser. Il lui suffit de quelques regards sombres qui en disent long sur son désespoir pour donner une épaisseur psychologique à son personnage. La réalisatrice n’a d’ailleurs pas cherché à embellir la réalité de la prison qui reste un milieu très dur, malgré les bienfaits du programme mis en place.

De fait, Nevada est une œuvre forte et sensible qui déploie ses charmes tranquillement, mais sûrement, faisant confiance au charisme de son acteur principal et des chevaux.

Hymne à la liberté et à la réconciliation intérieure, ce premier film stimulant est donc une bien belle révélation, à ne surtout pas manquer.

Critique de Virgile Dumez

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