Music of my life : la critique du film (2019)

Comédie, Comédie musicale | 1h57min
Note de la rédaction :
7/10
7
Music of my life - affiche du film

Note des lecteurs

Music of my life est la version réussie de Yesterday, troquant le répertoire des Beatles pour celui de Bruce Springsteen avec un bonheur que l’on ne regrette pas. Un vrai bon feel good movie.

Synopsis : 1987, Angleterre. Javed, adolescent d’origine pakistanaise, grandit à Luton, une petite ville qui n’échappe pas à un difficile climat social.
Il se réfugie dans l’écriture pour échapper au racisme et au destin que son père, très conservateur, imagine pour lui.
Mais sa vie va être bouleversée le jour où l’un de ses camarades lui fait découvrir l’univers de Bruce Springsteen. Il est frappé par les paroles des chansons qui décrivent exactement ce qu’il ressent.
Javed va alors apprendre à comprendre sa famille et trouver sa propre voie…

Joue-la comme Springsteen

Critique : Music of my life est sorti à deux mois d’intervalle de Yesterday de Danny Boyle, autre feel good movie musical basé sur un répertoire mythique, celui des Beatles en l’occurrence, avec un protagoniste d’origine indienne. Music of my life, pour sa part, est basé sur le répertoire de Sprinsgteen, et n’a pas eu la chance de son prédécesseur au box-office américain et britannique, ne réussissant pas à exploiter le potentiel énorme de son histoire et de ses personnages, même si le film, très certainement enchanteur, est nettement supérieur à la mièvrerie romantique du Boyle qui pâtissait des rouages grossiers des productions et scripts de Richard Curtis (Love actually).

On passera très vite sur la réalisation de Gurinder Chadha, seul point faible de cette comédie pleine d’entrain qui vient vivifier la journée. Elle n’est pas entièrement mauvaise, loin de là (les inserts musicaux, avec l’intrusion de lyrics à l’écran est même plutôt bienvenue), mais le style visuel de la cinéaste n’a pas la puissance et la dextérité pop immédiate du réalisateur de Trainspotting, ce dernier étant un véritable génie de la caméra et a toujours fait sienne l’union de l’image et de la musique dans son œuvre.

Chadha, elle, a un atout dont ne bénéficie pas le cinéma de Boyle en général, et en particulier sa fade comédie Yesterday : elle a le chic pour nous faire apprécier des personnages issus de la diversité ethnique malgré tous les clichés dont elle peut assaisonner ses films. Le réjouissant Joue-la comme Beckham ou Coup de foudre à Bollywood distillaient le charme et la bonne humeur de la réalisatrice, pleine d’esprit, de joie, et d’amour pour ses personnages qu’elle invite davantage à entrer dans sa famille de cinéma, plus qu’elle ne les exploite en tant que clichés d’un genre auquel elle ne croirait pas.

Les jeunes acteurs de Music of my life

© Photo : Nick Wall

Aussi, Music of my life, très proche également de la série culte sur la communauté indienne et pakistanaise au Royaume-Uni, Goodness Gracious Me (Dehli Royal en VF), fait mouche dans les relations réjouissantes que le film établit entre membres d’une même famille, d’une même ethnie, entre Britanniques d’origines sociales et ethniques différentes… C’est aussi la réponse comique au Bohemian Rhapsody de Bryan Singer, qui bâclait dans son introduction le portrait des relations qu’entretenait Freddie Mercury avec sa famille.

Music of my life, c’est aussi la bande-son de nos vies

Dans Music of my life, le personnage central est un jeune homme qui va se rebeller contre l’autorité du père pour vivre son rêve américain… en Angleterre. Alors que le monde adolescent est passé à la musique synthétique, lui découvre par accident le “Boss” et connaît une épiphanie qui va changer son existence. Le jeune Jared va prendre à son compte la puissance sociale et mythique du répertoire de Sprinsgteen, pour échapper à la grisaille de sa vie, de la ville de Luton… De façon aisée, la réalisatrice (également productrice et scénariste) parvient, sans faire montre d’originalité, mais surtout sans cynisme aucun, à nous faire aimer ses personnages, entre regard tendre, généreux et dynamique. Et ils sont pourtant nombreux, de la sœur, au meilleur pote britannique (Dean-Charles Chapman, échappé de Game of Thrones), en passant par la prof de littérature qui va se battre pour permettre au jeune homme, plus poète dans l’âme que vendeur de tapis, de réaliser ses rêves.

L’accumulation réelle de clichés n’est jamais rédhibitoire de par la bonne humeur généralisée du film, et l’utilisation impeccable du répertoire musical des années 80 (le générique d’ouverture s’ouvre sur un morceau des Pet Shop Boys aux synthétiseurs sombres) contrebalancé par une vision rock folk, personnelle et universelle à la fois, celle du déterminisme dépeint par le répertoire de Springsteen, quant au chômage, à la misère inhérente à un lieu…

Cette histoire vraie, probablement très romancée, qui ne nous épargne pas en générique de fin les photos du vrai Javed qui rencontre son idole, n’est sûrement pas une référence en matière de cinéma..D’ailleurs le truculent Joue-la comme Beckham l’a-t-il jamais été ? Mais, on y retrouve cette fougue, cette même envie du bien-vivre ensemble qui fédère. Et puis cette musique, c’est également un peu la bande-son de notre vie également. Tout cela rend ce feel good movie bien plus fréquentable que celui de Danny Boyle et ravive les souvenirs de Fish & Chips de  Damien O’Donnell, en 2000 et d’autres petits bijoux du genre. Il est démontré une fois de plus, qu’en fait, à ce petit jeu là, il n’y a bien que les Britanniques pour la jouer comme Beckham.

Alors le 11 septembre, on n’hésite pas, on chante… Springsteen et personne d’autre.

Critique : Frédéric Mignard

Sorties de la semaine du 11 septembre 2019

Music of my life - affiche du film

© Levantine Films, Bend It Films, Ingenious Media

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Music of my life - affiche du film

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