Lukas : la critique du film (2018)

Action, Thriller | 1h34min
Note de la rédaction :
4/10
4
Lukas, l'affiche

  • Réalisateur : Julien Leclercq
  • Acteurs : Jean-Claude Van Damme, Sami Bouajila, Sveva Alviti, Sam Louwyck, Kaaris
  • Date de sortie: 22 Août 2018
  • Nationalité : Français, Belge
  • Distributeur : Océan Films
  • Éditeur vidéo : Sony Pictures
  • Sortie vidéo : Le 26 décembre 2018
  • Box-office France / Paris-périphérie : 57 671 entrées / 18 254 entrées
  • Classification : Avertissement : des scènes, des propos ou des images peuvent heurter la sensibilité des spectateurs
  • Budget : 6 M d'euros
Note des spectateurs :
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Terriblement décevant, Lukas ne sonnera pas l’heure de la rédemption artistique de Jean-Claude Van Damme tant son script aligne les clichés avec une constance désarmante. Juste ennuyeux.

Synopsis : Un ancien garde du corps qui enchaîne les petits boulots de sécurité dans des boites de nuit pour élever sa fille de 8 ans se retrouve contraint de collaborer avec la police. Sa mission: infiltrer l’organisation d’un dangereux chef de gang flamand.

Van Damme en quête de rédemption

Critique : Avec ce retour en Belgique, son pays natal, Jean-Claude Van Damme comptait bien se refaire une santé artistique. Pour cela, il a accepté d’interpréter le rôle d’un homme cabossé par la vie dans une œuvre à la noirceur certaine. Au script, on trouve Jérémie Guez, scénariste notamment du polar Iris (2016), mais aussi de Burn Out (2017) et de La nuit a dévoré le monde (2018). Derrière la caméra, Julien Leclercq a déjà prouvé son sens de l’efficacité dans des films burnés comme L’assaut (2010), Gibraltar (2013) et Braqueurs (2015).

Le succès de ce dernier film du réalisateur avait sans doute de quoi rassurer les investisseurs qui ont donc parié sur le retour au cinéma d’une star sur le retour. Condamné depuis longtemps à arpenter les linéaires des magasins de DVD, souvent dans des produits bas de gamme, parfois dans de bonnes surprises, JCVD ne devait pas se planter à nouveau. On attendait donc beaucoup de cette résurrection et force est d’admettre que la déception est à la mesure de l’attente.

Une réalisation efficace au service de clichés

Comme sur l’ensemble des précédents films de Julien Leclercq, la réalisation est parfaitement maîtrisée et peut même être intéressante à l’occasion. On pense notamment à ce fameux plan-séquence de l’invasion d’une maison par un JCVD en mode commando qui intervient en plein cœur du métrage. Il nous donne le sentiment que le film va enfin s’envoler, avant que le soufflé ne retombe une fois de plus. Car le plus frustrant dans Lukas vient de ce sentiment permanent d’inachèvement. A chaque fois que le film semble prendre son envol, de nouvelles scènes de palabres inutiles viennent ralentir dangereusement le rythme.

Le cinéaste semble prendre un malin plaisir à complexifier inutilement une intrigue qui, pourtant, est plutôt linéaire et basique. Il multiplie les sous-intrigues qui n’ont guère d’utilité et ne cherche jamais à approfondir quoi que ce soit. Comme une œuvre sur papier glacé, le film semble regarder ses personnages de loin, sans leur donner le moindre background. On est ici dans un cinéma archétypal où aucun protagoniste n’est fait de chair, mais où tous sont définis par une fonction. Van Damme est le mec solitaire cabossé par la vie, Sami Bouajila le flic ripou, Kaaris un gangster d’opérette et Sam Louwyck le grand méchant avec un vrai sens de l’honneur. Ajoutons à cela la présence d’un personnage féminin qu’on croirait sorti d’un film de Luc Besson, interprété avec peu d’entrain par une Sveva Alviti à côté de la plaque.

Quel est le public visé ?

Tout ceci est donc une resucée de tous les clichés les plus éculés du genre, mais passés à la moulinette d’un cinéma européen soi-disant plus auteurisant. Au final, les amateurs du JCVD n’y trouveront pas leur compte en action, tandis que les amateurs de cinéma plus social et profond trouveront l’ensemble très superficiel.

Quant à la mission de réhabiliter l’image de la star, elle n’est que partiellement remplie. Tout d’abord parce que l’acteur n’a aucun vrai rôle à défendre – en gros il fait la tronche pendant tout le film. Ensuite parce que ceux qui apprécient l’acteur belge savent qu’il est capable de faire bien mieux, y compris dans certaines œuvres passées inaperçues comme L’empreinte de la mort (2004) où il savait être vraiment émouvant. Ici, personne ne sort gagnant de l’aventure car le film, sans être mauvais, ne présente surtout aucun intérêt particulier.

Un échec public cinglant

C’est d’ailleurs avec une indifférence polie que Lukas est sorti sur les écrans en plein mois d’août 2018. Ils n’ont été que 57 671 fans à faire le déplacement sur tout le territoire français, soit dix fois moins de spectateurs que pour Braqueurs. Il s’agit donc d’un cinglant échec commercial, doublé d’une déconfiture artistique. On préfère oublier.

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Critique de Virgile Dumez

Lukas, l'affiche

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