L’étrange pouvoir de Norman : la critique du film (2012)

Animation, Fantastique, Conte noir | 1h30min
Note de la rédaction :
6.5/10
6.5
L'Etrange pouvoir de Norman, affiche française

  • Réalisateur : Sam Fell Chris Butler
  • Date de sortie: 22 Août 2012
  • Année de production : 2011
  • Nationalité : Américain
  • Titre original : Paranorman
  • Titres alternatifs : -
  • Scénariste : Chris Butler
  • Directeur de la photographie : Tristan Oliver
  • Monteur : Christopher Murrie-Green
  • Compositeur : Jon Brion
  • Producteurs : Travis Knight, Arianne Sutner
  • Sociétés de production : Laika, Focus Features
  • Distributeur : Universal Pictures France
  • Distributeur reprise :
  • Date de sortie reprise :
  • Editeur vidéo : Universal Pictures
  • Date de sortie vidéo : 22 janvier 2013 (DVD, Blu-ray, Blu-ray 3D)
  • Box-office France / Paris-Périphérie : 299 666 entrées / 84 178 entrées
  • Box-office nord américain / monde : 56 003 051$ / 107 139 399$
  • Budget : 60 000 000$
  • Classification : Tous publics
  • Formats : 2.35 : 1 / Couleur (3D, 35mm, D-Cinema) / Dolby Digital, SDDS, Dolby Surround 7.1, Auro 11.1, Dolby Atmos
  • Festivals et récompenses : 1 nomination aux Oscars 2013 (Meilleur film d'animation), 1 nomination aux Saturn Awards (Meilleur film d'animation)
  • Illustrateur / Création graphique : © Fidelio (Adaptation). Tous droits réservés / All rights reserved
  • Crédits : © Universal Studio Tous droits réservés / All rights reserved
Note des spectateurs :

L’Étrange Pouvoir de Norman est un film d’animation de Chris Butler produit par Laika Entertainment dans lequel son jeune protagoniste voit des fantômes partout. Et des zombies également. Un petit succès commercial pour un film d’animation atypique, drôle de différence et vraiment bien foutu.

Synopsis : Une petite ville est prise d’assaut par une armée de zombies. Qui peut-on appeler à la rescousse ? Le seul garçon du coin capable de parler avec les morts : Norman. Pour sauver ses congénères d’une malédiction vieille de plusieurs siècles, Norman va devoir combattre zombies, fantômes, sorcières et pire encore, une tribu d’adultes bornés qui risque de lui poser bien des problèmes…

Critique : Bienvenue dans l’univers de Chris Butler. A la sortie de son premier long, L’étrange pouvoir de Norman, en 2012, cet artisan du studio Laika compte déjà le script de Coraline à son actif et a bossé sur le storyboard des Noces funèbres de Tim Burton. Ces deux antécédents versaient dans la poésie macabre et forcément préfiguraient le ton de son premier film d’animation bien à lui (même s’il a été accompagné dans son travail par le vétéran Sam Fell, issu du studio Aardman, à qui l’on doit Souris City et La Légende de Despereaux).

Norman voit des morts partout

Macabre, L’étrange pouvoir de Norman l’est forcément, puisque l’on suit les déambulations d’un gamin de 11 ans capable de communiquer avec les esprits, notamment lors des premières séquences impressionnantes de réalisme, notamment social, alors que l’on se situe dans le domaine du stop motion picture. Norman marche seul dans la rue d’une petite ville quelque peu sinistrée socialement et s’entretient avec quelques fantômes qu’il salue poliment sur son passage. Il voit des morts partout ! Si l’humour est là pour capter l’attention du public enfantin, notamment dans la profusion de détails, on remarque dès ces premiers instants la mélancolie que dégage les images et que porte en particulier le jeune Norman sur son visage inlassablement triste et particulièrement expressif ! Un comble pour des figurines animées !

L'2trange pouvoir de Norman, affiche américaine et blu-ray français

© Universal Studios

Un conte social très noir

Dans cet univers teinté de nostalgie pour les productions fantastiques d’Amblin des années 80 (l’intrigue provinciale où les enfants sauvent leur monde, traduire par leur patelin), les séries télé comme Le croque-monstre show ou Scooby-doo, mais aussi pour les classiques de l’épouvante des 70 et 80, certes, on retrouve des choses joyeusement horribles, comme des sorcières, une armée de morts vivants, des membres amputés… mais c’est surtout le contexte socio-économique très populaire qui plombe l’atmosphère. L’oncle du jeune homme est un paria, quasi clochardisé, et Norman, issu de ce milieu peu favorable, est la victime des quolibets et des railleries des kékés locaux, des frimeurs sans classe, dans la vulgarité constante.

Comme la méchante sorcière qui anime la ville d’une terrible malédiction, le jeune homme doit faire face à l’intolérance des communautés, dans son cas celle de « l’esprit » du lycée américain contemporain représenté ici par des personnages secondaires répondant aux archétypes structurant la hiérarchie des adolescents, comme la sœur bimbo au vocabulaire « so » mode, le petit-copain athlétique de celle-ci, ou un jeune tyran cracra qui le harcèle. On n’est pas très loin de l’esprit de Breakfast club de John Hugues.

Un humour pour tous les âges

Dans cet univers pas très réjouissant pour le moral, il se dégage pourtant un esprit qui dissipe très vite les discours englués de bons sentiments pour plus de subtilité. L’humour fonctionne particulièrement. Il parle autant aux enfants qu’aux adultes, sans contenir d’éléments trop effrayants pour la jeunesse (il faut tout de même avoir plus de 8 ans pour pouvoir apprécier le spectacle sans risquer le cauchemar post séance) et sans pâtir de scènes réellement ennuyeuses pour les plus grands.

L’étrange pouvoir de Norman est un pur geek movie qui convoque ses classiques horrifiques pour les digérer admirablement en un film d’animation original et personnel, est donc une belle réussite, belle notamment par ses prouesses techniques qui nous laissent pantois

Box-office de L’étrange pouvoir de Norman

Sorti en France à la fin de l’été 2012 lors d’un week-end très chargé (Expendables 2 Unité spéciale était le blockbuster de la semaine), L’étrange pouvoir de Norman n’avait que 9 jours de vacances pour rameuter les ados. Avec 683 entrées sur Paris-14h, l’amorce est timorée. Le premier jour France à 20 000 tickets définit déjà sa trajectoire qui sera sans éclat, mais loin d’être déshonorante, à l’instar de son parcours américain.

L’étrange pouvoir de Norman entre donc in fine en 10e position, au terme de sa première semaine qui voit trois films d’animation le devancer (Rebelle de Pixar en 4e semaine est encore deuxième, Samy 2 en 2e semaine est 8e, et le mauvais L’âge de glace 4, la dérive des continents figure juste devant en 9e position).

Avec 137 124 entrées en 7 jours, ParaNorman poursuit honorablement sa carrière en deuxième semaine (94 477, baisse de 31%). En revanche la semaine de la rentrée sera meurtrière avec un gadin de fréquentation effroyable de 80%. Le retour à l’école de son public cible lui sera fatal. Et c’est logiquement des miettes qu’il récoltera par la suite (moins de 50 000), pour un total de 299 666 entrées sur l’ensemble de notre territoire.

Aux USA, ce second film du studio Laika a généré 56 000 000$, ce qui est légèrement moins que son budget de 60M. Toutefois après un départ timide à 14M$, la comédie fantastique a su se maintenir, démontrant un certain bouche-à-oreille et donc une capacité à fédérer en tant qu’alternative artisanale au formatage des blockbusters estivaux. Le procédé de la 3D relief a été un plus pour gonfler ses recettes. Cela reste toutefois moins solide que Coraline qui avait touché le pactole avec 75M$ en février 2009. Aucune des autres productions Laika ne fera mieux. Les Boxtrolls atteindront les 51M$ en 2014. Kubo et l’armure magique (2016) stoppera sa carrière à 48M$ et Monsieur Link , également réalisé par Chris Butler, sera un vrai échec avec 16 000 000$ (2019).

Frédéric Mignard

Sortie de la semaine du 22 août 2012

L'Etrange pouvoir de Norman, affiche française

Adaptation graphique : Fidelio © Universal Studios

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L'Etrange pouvoir de Norman, affiche française

Extrait de L'étrange pouvoir de Norman

Animation, Fantastique, Conte noir

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