Les crevettes pailletées : la critique du film (2019)

Comédie | 1h40min
Note de la rédaction :
6/10
6

Note des lecteurs

Feel good movie luttant contre l’homophobie, Les crevettes pailletées est une comédie entraînante et vivifiante même si elle flirte sans cesse avec le cliché. C’est dans son humanité que l’opération de séduction l’emporte.

Synopsis : Après avoir tenu des propos homophobes, Mathias Le Goff, vice-champion du monde de natation, est condamné à entraîner “Les Crevettes Pailletées”, une équipe de water-polo gay, davantage motivée par la fête que par la compétition. Cet explosif attelage va alors se rendre en Croatie pour participer aux Gay Games, le plus grand rassemblement sportif homosexuel du monde. Le chemin parcouru sera l’occasion pour Mathias de découvrir un univers décalé qui va bousculer tous ses repères et lui permettre de revoir ses priorités dans la vie.

Un feel good-movie à l’humour débridé, mais non sans clichés.

Critique : Largement inspiré par l’expérience vécue par Cédric Le Gallo qui parcoure le monde à la tête d’une équipe de water-polo gay depuis le début des années 2010, Les crevettes pailletées arrive sur nos écrans alors que les actes homophobes contaminent les colonnes des faits divers chaque jour un peu plus.

Copyright Thibault Grabherr

Dans ce contexte de plus en plus tendu, le long-métrage qui se veut un hymne à la tolérance et un feel good movie à vocation populaire a le mérite de rappeler quelques évidences, même si, pour cela, il enfonce quelques portes ouvertes et réduit parfois la communauté gay au cliché que s’en font les hétéros-normés.

Ici, les auteurs reprennent la classique structure du petit groupe sportif sur la touche comme on a pu le voir des centaines de fois dans le cinéma social britannique (ou plus récemment dans Le grand bain de Gilles Lellouche), mais en ajoutant un humour débridé qui s’apparente davantage à celui déployé dans le culte Priscilla, folle du désert. Nous sommes donc invités à suivre le parcours chaotique de cette équipe de water-polo foutraque, tandis que leur entraîneur hétéro borné va peu à peu s’ouvrir à la tolérance.

Une bonne dose d’amertume, à la lisière entre rire et larmes

Bien entendu, tout ceci ne s’aventure que rarement en-dehors des clous de la comédie populaire – quelques moments plus vulgaires flirtent avec le trash, sans jamais y succomber – et l’on peut souscrire au fait qu’il s’agit avant tout de clichés éculés, déjà maintes fois servis par d’autres réalisateurs. Toutefois, il faut reconnaître que le petit groupe rassemblé par les deux cinéastes fonctionne plutôt bien. Portée par la belle performance d’Alban Lenoir et de Nicolas Gob et quelques dialogues piquants et bien sentis, la comédie remplit grandement sa fonction, à savoir nous faire rire régulièrement, tout en faisant réfléchir un minimum sur la situation des gays à travers l’histoire.

Réalisées avec soin, les séquences de match de water-polo sont plutôt réussies, même si elles ne sont qu’un prétexte pour dresser le portrait d’un groupe de gays absolument pas homogène. C’est d’ailleurs dans cette peinture contrastée d’une communauté qui n’est jamais montrée comme une et indivisible que le film trouve sa voie. Enfin, le final a beau être festif, il se teinte tout de même d’une bonne dose d’amertume, à la lisière entre rire et larmes. Pour son troisième film de cinéma, Maxime Govare trouve donc le ton juste et délivre un feel good movie fort sympathique, à défaut d’être mémorable.

Critique de Virgile Dumez

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