Les Cavaliers du diable tente une approche différente du thème de la vengeance qui tombe malheureusement à plat, la faute à un scénario inconsistant et peu crédible.
Synopsis : Après que des bandits ont assassiné ses parents et capturé sa sœur, un jeune garçon décide de se venger. Un chercheur d’or spolié viendra lui prêter main forte.
Critique : Second film de l’inattendu diptyque produit par Golan et Globus à la fin des années 70, Les Cavaliers du diable met une nouvelle fois en scène Lee Van Cleef et Leif Garett. Ils sont accompagnés cette fois-ci du charismatique Jim Brown. De prime abord, les personnages incarnés par ce trio d’acteurs semblent assez intéressants. En effet, le héros de ce film est un enfant. Il recevra de l’aide d’un chercheur d’or noir pour se venger de Lee Van Cleef, qui incarne quant à lui un bandit mexicain. L’amateur de western italien sera ainsi agréablement surpris par cette galerie de portraits peu communs dans le genre.
Les Cavaliers du diable bénéficie d’un bon casting
De fait, les acteurs sont plutôt convaincants. Lee Van Cleef, bien qu’affublé d’un bandeau ridicule sur le front et de boucles d’oreilles, demeure charismatique dans ce rôle de méchant mielleux et impitoyable. Leif Garett, du haut de ses seize ans, parvient à rendre son personnage assez crédible. Quant à Jim Brown, il semble très à l’aise dans son rôle, et fait preuve de beaucoup de présence devant la caméra. Malheureusement, leurs personnages manquent de consistance, la faute à un scénario rachitique qui s’étend péniblement sur environ une heure et demie. Les longueurs sont donc légion.
Pire encore, le scénario est bardé d’incohérences. Si l’on peut fermer les yeux sur le fait qu’un adolescent aussi frêle puisse régler leur compte à d’affreux bandits, on se demande pourquoi l’un des malfrats laisse Jim Brown en vie, si ce n’est pour que le film continue. Dans le même ordre d’idée, le fait qu’un des Mexicains se rallie à la cause de nos héros à la fin du film peut laisser dubitatif. Le film tente d’amener une touche de comique avec un autre groupe d’antagonistes appâtés par l’or de Jim Brown, dont les pitreries peinent malheureusement à faire sourire.
Un aspect artistique en demi-teinte
Il ne faut pas compter sur la réalisation de Joseph Manduke pour amener un peu de rythme à l’ensemble. En effet, le tout demeure très classique, pour ne pas dire statique, en dépit de quelques mouvements de caméra beaucoup trop discrets. Fort heureusement, la musique de Francesco De Masi aide un peu à faire passer la pilule. Il ne s’agit pas d’une composition virtuose, mais elle porte la marque de son auteur et accompagne bien l’action. Si le budget du film semble peu élevé, les décors israéliens sont impressionnants, en particulier les canyons. On note également un effort au niveau des éclairages, notamment pour les scènes nocturnes. La scène finale est quant à elle assez intéressante puisqu’elle oppose deux enfants lors d’un pseudo-duel, soulignant le caractère absurde du concept de vengeance.
En bref, Les Cavaliers du diable est un film qui souffre de nombreuses lacunes, qui peuvent rendre son visionnage assez pénible. Il demeure néanmoins intéressant, en particulier pour les fans de Lee Van Cleef, puisqu’il s’agit ni plus ni moins que du dernier western de cette légende du genre.
Critique : Kevin Martinez
Box-office : Exploitation éclair du film sur Paname, avec 4 390 spectateurs en une semaine le 27 juillet 1977.
