Le matraqueur des rues : la critique du film (1990)

Action, Aventure, Sport | 1h30min
Note de la rédaction :
3/10
3
Le matraqueur des rues, affiche du film de Damien Lee, exclusivité CinéDweller

  • Réalisateur : Damian Lee
  • Acteurs : Vernon Wells, William Sanderson, Sonja Belliveau, Franco Columbu, Michael Copeman
  • Date de sortie: 05 Déc 1990
  • Année de production : 1987
  • Nationalité : Canadien
  • Titre original : Circle Man
  • Titres alternatifs : Face à Face (VHS, France), Fist Fight: Na Jaula da Morte (Brésil), Manfighter - Blutige Fäuste (Allemagne), Last Man Standing (Royaume-Uni), Circle Man (Royaume-Uni, VHS), Combate final (Espagne), A poings nus (Québécois), Combate final (Espagne), Kuoleman kehä (Finlande)
  • Scénaristes : Damian Lee, David Mitchell
  • Directeur de la photographie : Ludek Bogner (sous le nom de Ludvik Bogner)
  • Monteur : Gary Zubeck
  • Compositeur : Charlie Barnett
  • Producteurs : Damian Lee, David Mitchell
  • Sociétés de production : Rose and Ruby Productions
  • Distributeur : Deal, CPF (Compagnie Parisienne de Films)
  • Editeur vidéo : CBS Fox Vidéo
  • Date de sortie vidéo :
  • Box-office Paris-Périphérie : 2 741 entrées (1 semaine d'exploitation)
  • Box-office nord américain / monde : Inconnu
  • Budget : Inconnu
  • Classification : Interdit aux moins de 12 ans
  • Formats : 1.85 : 1 / Couleur / Dolby Stéréo
  • Illustrateur / Création graphique : © 1990 Mascii. Tous droits réservés / All rights reserved
  • Crédits : © 1987 Rose & Ruby Productions, Inc. Busted Up II Productions Ltd. (1987). Trimuse Entertainment Inc. Tous droits réservés / All rights reserved
Note des spectateurs :

Le matraqueur des rues est l’une des premières séries B à sortir en salle. A l’instar des autres films de sa longue carrière, le résultat est plus proche d’un direct-to-video sans tempérament, se contentant de surfer sur les modes de la fin des années 80.

Synopsis : Un ancien boxeur reprend du service et affronte un jeune champion afin d’aider un ami à régler une dette de jeu mortelle. La puissance de son adversaire ne l’arrête pas dans son élan.

Un film distribué dans deux cinémas de quartier à Paris

Critique : Film rare en France, Le matraqueur des rues, de son titre original Circle Man, est sorti en toute discrétion en 1990, le même jour que Tante Julia et le scribouillard (Peter Falk, Barbara Hershey et Keanu Reeves) et Pump Up the Volume (Christian Slater et Samantha Matis). Toutefois, contrairement aux deux autres belles sorties, le film d’action canadien a dû se contenter de deux écrans, dans des cinémas de quartier : le Paris Ciné près de Château d’Eau, qui le proposait en double programme avec Quartier chaud de Fritz Kiersch (1984) et le Ritz, au 6 Boulevard de Clichy, où il était couplé avec Le retour du tigre, kung-fu de Wu Man (1978).

A part 2 741 spectateurs en une seule semaine d’exploitation, dont on ne saura jamais s’ils sont restés jusqu’au bout de deux séances consécutives, peu de gens connaissent ce film en France, distribué par CPF, Compagnie Parisienne de films, aux titres d’exploitation pure à vocation locale, destinés à des circuits dits bis.

Une affiche très rare signée Mascii à découvrir en exclusivité

Mascii signera lui-même l’affiche française. Un visuel très rare, dont nous sommes en possession, introuvable sur la toile. Même le livre de référence de l’illustrateur qui s’apprêtait au début des années 90 à mettre un terme à sa carrière en tant qu’affichiste pour les salles, n’en reproduit aucun visuel.

Sur cette affiche peinte, l’illustrateur star y vend du rêve pour les amateurs de films d’action de l’époque – genre alors numéro 1 au box-office. Il reprend ses propres critères peints qu’il mettait à l’œuvre sur ses visuels destinés aux productions Cannon, Portés disparus 1 et 2, Invasion USA, et surtout American Warrior. Un travail somptueux pour un film minuscule qui ne trouvera pas à l’étranger un si beau marketing.

En vidéo, l’on trouvera Le matraqueur des rues chez CBS Fox, pour un remplissage du catalogue dans l’esprit des DTV des années 90. Le film de 1987, distribué aux USA en 1988, devient Face à Face. La jaquette a perdu le charme du produit qui, par la magie picturale de Mascii nous vendait du cinéma, et non ce qu’il est vraiment, un divertissement de télévision à enfourner dans son magnétoscope ou à découvrir au hasard d’une soirée sur la 5 ou M6.

A découvrir dans tous les cas au rabais, Le matraqueur des rues ne parvient même pas à satisfaire ses penchants primaires pour les combats de boxe à mains nus, tant la violence est aseptisée, sans enjeu narratif, avec un casting qui déclame du texte sans le moindre enthousiasme. Ersatz de Rocky sous influence de Van Damme, la production Damian Lee – David Mitchell, pour leur boîte Rose & Ruby Productions, ne trouve jamais sa place à elle. Non pas que les références soient élevées, elles paraissent médiocres aujourd’hui, mais au moins, en leur temps, elles suscitaient l’enthousiasme. Circle Man (parce que le vétéran de la boxe officie dans des « cercles » de combats, dans la rue) engendre une indifférence ennuyeuse. Tout y est plat et même dans la nullité on ne trouve pas matière à s’extasier.

Le matraqueur des rues sévit dans la médiocrité généralisée

Les acteurs sont pourtant des vétérans du genre : l’increvable Vernon Wells (Mad Max 2, Commando) tient l’un de ses rares premiers rôles sans afficher la moindre conviction. On retrouve la star du culturisme Franco Columbu (Conan le barbare, Terminator, Running Man), qui ne deviendra jamais au cinéma le nouveau Schwarzy, l’un de ses grands potes. William Sanderson se donne à fond et donc frôle le surjeu. Il est l’un des nombreux visages familiers d’une équipe d’acteurs anonymes pour les spectateurs de l’époque qui pourtant connaissaient sa bouille badass (Chasse à mort, Blade Runner, Œil pour œil, Haut les flingues, Sans issue…).

Si la réalisation et le montage ne sont pas les pires ingrédients de cette histoire de loyauté, de sacrifices qui renvoient notre Matraqueur des rues – qui n’est pas un justicier -, faire son ultime combat sur le bitume, on ne se remet pas du jeu des comédiens, de la musique de tortionnaire et d’un script sans conviction.

Aujourd’hui, Le matraqueur des rues n’est plus qu’un avatar de cinéma de quartier déclinant, puisque contrairement aux productions que ces cinémas diffusaient dans les années 60 ou 70, les spectateurs des années 80 pouvaient consommer ces spectacles autrement. Bref, le tout petit film de Damian Lee fait figure d’anachronisme ou d’anomalie parmi les programmations de la fin d’année 1990.

Frédéric Mignard  

Les sorties de la semaine du 5 décembre 1990

Biographies +

Damian Lee, Vernon Wells, William Sanderson, Sonja Belliveau, Franco Columbu, Michael Copeman

Le matraqueur des rues, affiche du film de Damien Lee, exclusivité CinéDweller

Illustration : 1990 Mascii

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