Le jardin des Finzi-Contini : la critique du film (1971)

Drame, Historique, Guerre | 1h34min
Note de la rédaction :
8/10
8
Le jardin des Finzi-Contini, l'affiche de la reprise

  • Réalisateur : Vittorio De Sica
  • Acteurs : Dominique Sanda, Fabio Testi, Helmut Berger, Lino Capolicchio, Romolo Valli
  • Date de sortie: 08 Déc 1971
  • Nationalité : Italien, Ouest-Allemand
  • Titre original : Il Giardino dei Finzi-Contini
  • Scénaristes : Vittorio Bonicelli, Ugo Pirro, d'après le roman homonyme de Giorgio Bassani
  • Directeur de la photographie : Ennio Guarnieri
  • Compositeur : Manuel De Sica
  • Distributeur : Planfilm
  • Distributeur de la reprise : Les Films du Camélia
  • Date de la reprise : 22 juillet 2020
  • Editeur vidéo : M6 Vidéo
  • Box-office France / Paris-périphérie : 532 309 entrées / 305 899 entrées
  • Récompenses : Ours d’Or, Festival de Berlin 1971 / Oscar du meilleur film en langue étrangère 1971.
  • Format : 1.85 : 1 / Son : Mono
  • Crédits visuels : © 1970 Documento Film / © 2020 Les Films du Camélia. Tous droits réservés.
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Dernier grand film de Vittorio De Sica, Le Jardin des Finzi-Contini affronte un sujet et une époque tourmentés et parvient, malgré quelques maladresses, à entraîner son spectateur dans une lente descente aux enfers.

 Synopsis : Italie, 1938… Alors que l’idéologie fasciste imprègne insidieusement les mœurs italiennes, les mesures anti-juives se multiplient et les clubs sportifs sont interdits aux membres non aryens. Les Finzi Contini, pilier de l’aristocratie de Ferrare, accueillent des jeunes gens de la petite bourgeoisie sur les courts de tennis dans l’immense parc qui entoure le palazzo familial. C’est ainsi que Giorgio a l’occasion de revoir son amie d’enfance, Micol, son premier et éternel amour.

Le jardin des Finzi-Contini, l'affiche de la reprise

© 1970 Documento Film / © 2020 Les Films du Camélia. Tous droits réservés.

Regard sur l’Italie fasciste

Critique : Le générique se déroule sur des images d’arbres à différentes saisons, arbres qui seront ensuite associés à Micol, interprétée par la presque débutante Dominique Sanda, mais leur vision n’a rien d’apaisant : par des effets de zoom, de décadrages et de flou, De Sica annonce symboliquement le dysfonctionnement d’un monde apparemment stable. Et c’est bien de cela qu’il s’agit, dans cette Italie gangrenée par le fascisme. À travers le regard de Giorgio, on suit la lente dégradation qui frappe une famille de grands bourgeois juifs, les Finzi-Contini, dans la petite ville de Ferrare.

Le jardin des Finzi-Contini, photo d'exploitation 1

© 1970 Documento Film / © 2020 Les Films du Camélia. Tous droits réservés.

Le scénario procède par petites touches, parfois allusives, pour montrer l’étau qui se resserre autour d’eux, il manie même fréquemment l’ellipse : ainsi apprend-on par une conversation qu’un personnage est mort. De même, mais de manière moins convaincante parfois, le film travaille-t-il l’énigmatique : on comprend mal les motivations de Micol, on ne sait rien de la maladie qui emporte son frère. Toute la famille est d’ailleurs entourée d’une aura singulière, que l’image rend souvent visible, et qui lui donne un statut singulier.

La lente propagation du mal

Car si Le jardin des Finzi-Contini s’attaque à un sujet lourd, la lâcheté d’une classe face au danger, il prend soin de présenter d’abord un environnement étrange, ce grand domaine entouré de grands murs d’enceinte, constitué de pièces surchargées et d’un gymnase abandonné. Si la jeunesse vêtue symboliquement de blanc s’y donne rendez-vous, c’est que les jeunes juifs ont été exclus du club de tennis : pour le reste, la demeure semble hors d’âge, et les parents eux-mêmes momifiés, presque immobiles. Ils incarnent un monde figé, replié sur lui-même et donc appelé à disparaître. Le frère qui ne sort jamais finit par y mourir : c’est que, aussi hauts soient-ils, les murs ne peuvent rien contre la propagation du mal.

Le jardin des Finzi-Contini, photo d'exploitation 2

© 1970 Documento Film / © 2020 Les Films du Camélia. Tous droits réservés.

Ce mal, le fascisme, les personnages pour l’essentiel sont incapables de l’affronter. À l’image du père de Giorgio, ils s’en accommodent et, renoncement après renoncement, vont vers la mort sans révolte. Pourtant, le film s’ingénie à multiplier les signes, depuis les coups de téléphone anonymes jusqu’aux exclusions, mais ces familles qui se sentent italiennes, par aveuglement et veulerie, les ignorent et restent passifs.

Malgré un manque d’ampleur, une œuvre sombre et glaçante à redécouvrir

À cause de son sujet, Le jardin des Finzi-Contini a quelque chose de viscontien. Mais Visconti aurait choisi l’ampleur et le plan général, là où De Sica réduit souvent les séquences à un assemblage de gros plans. Pour le meilleur parfois, comme dans la scène muette où Giorgio découvre que Micol a un amant.

À d’autres moments, on regrette au contraire le manque de souffle, que les atermoiements des personnages aggravent encore. Mais, pour l’essentiel, le film réussit par l’attention aux détails, par une progression savamment construite, par son atmosphère teintée de mélancolie, à donner chair à une histoire émouvante, parfois glaçante, et infiniment sombre.

Critique de  François Bonini

Le film ressort dans les salles en version restaurée 4K – DCP à partir du 22 juillet 2020

Les sorties de la semaine du 8 décembre 1971

Les sorties de la semaine du 22 juillet 2020

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Le jardin des Finzi-Contini, l'affiche 1970

© 1970 Documento Film / Affichiste : J. F. Tous droits réservés.

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Le jardin des Finzi-Contini, l'affiche de la reprise

Bande-annonce de la reprise du Jardin des Finzi-Contini (VOstf)

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