Le cauchemar de Dracula : la critique du film (1959)

Epouvante-Horreur | 1h22min
Note de la rédaction :
9/10
9
Le cauchemar de Dracula, l'affiche

  • Réalisateur : Terence Fisher
  • Acteurs : Christopher Lee, Peter Cushing, Michael Gough, Melissa Stribling
  • Date de sortie: 04 Fév 1959
  • Nationalité : Britannique
  • Titre original : Horror of Dracula
  • Scénario : Jimmy Sangster d'après Bram Stoker
  • Directeur de la photographie : Jack Asher
  • Musique : James Bernard
  • Distributeur : Universal
  • Editeur vidéo (DVD) : Warner Home Vidéo
  • Sortie vidéo (DVD) : 2002
  • Budget : 81 000 £
  • Box-office France / Paris-périphérie : 1 008 834 entrées / 249 014 entrées
  • Classification : Interdit aux moins de 16 ans à sa sortie / Interdit aux moins de 12 ans de nos jours

Considéré à juste titre comme l’un des meilleurs films de la firme Hammer, Le cauchemar de Dracula est assurément une date dans l’histoire du cinéma horrifique par sa violence graphique et sa forte dose d’érotisme assumée.

Synopsis : Jonathan Harker se rend dans les Carpates chez le comte Dracula qui l’a engagé comme bibliothécaire. Mordu par une femme-vampire, il devient vampire à son tour…

Un Dracula sanglant et fortement teinté d’érotisme

Critique : En 1957, la firme britannique Hammer frappe un grand coup en dégoupillant Frankenstein s’est échappé réalisé par Terence Fisher. Le film osait dépoussiérer un mythe du cinéma fantastique en accentuant la violence par l’ajout d’une couleur rouge étincelante lors des scènes sanglantes.

Le choc ne s’est pas arrêté en si bon chemin puisque le jeune Jimmy Sangster propose au producteur Michael Carreras une adaptation très libre d’une autre œuvre culte, celle du Dracula de Bram Stoker. Cette nouvelle version est l’occasion de réunir toute l’équipe du précédent Frankenstein en injectant en plus de la violence une bonne dose d’érotisme. Avec Le cauchemar de Dracula, la Hammer allait définitivement adopter son style fait à la fois de classicisme en matière de mise en scène et d’audace dans le traitement du fantastique gothique.

Une intrigue éloignée de Bram Stoker, mais qui respecte son esprit

Si Jimmy Sangster et Terence Fisher n’hésitent pas à modifier en profondeur l’intrigue de Bram Stoker, opérant des raccourcis osés, voire des télescopages de personnages et réévaluant fortement le rôle de Van Helsing afin de mettre en valeur leur vedette Peter Cushing, ils le font toujours dans le respect le plus total envers l’esprit de l’œuvre originale. Ainsi, le film débute bien par la rédaction d’un journal intime – ce qui rejoint l’aspect épistolaire du roman d’origine. Toutefois, cette convention un peu embarrassante est vite évacuée au profit d’une efficacité maximale.

Sans aucun second degré, les auteurs foncent tête baissée dans une intrigue horrifique angoissante se teintant très rapidement d’une forte dimension érotique. Dès sa première apparition à l’écran, Christopher Lee impose une interprétation plus charnelle et animale que son illustre prédécesseur Béla Lugosi, bien plus aristocratique dans son allure apprêtée. Ici, le personnage de Dracula apparaît dans toute sa dimension séduisante grâce à une sensuelle virilité qui émane de l’acteur. Toutefois, dès que la bête doit se défendre, l’acteur sait se faire inquiétant, voire carrément flippant. Il réussit notamment à nous faire oublier l’aspect un peu ridicule du monstre aux canines acérées pour incarner une bête aux noirs desseins.

Des acteurs au meilleur de leur forme

Face à lui, Peter Cushing interprète avec toute son élégance habituelle un Van Helsing particulièrement dynamique et volontariste. Il est secondé par un Michael Gough très professionnel, tandis que les présences féminines ajoutent une forte dose d’érotisme lascif, même si celui-ci se borne souvent à un décolleté généreusement ouvert ou encore à une donzelle en pâmoison devant les assauts du vampire. Les ligues morales de l’époque ne s’y sont d’ailleurs pas trompées en conspuant le métrage qui fut accusé de corrompre la jeunesse, comme ce fut le cas deux ans plus tard avec Le voyeur de Michael Powell, nettement plus pernicieux d’ailleurs.

A revoir aujourd’hui, Le cauchemar de Dracula ne provoquera plus les mêmes sensations d’effroi, ni les mêmes émois érotiques, tant le cinéma a évolué depuis. Pourtant, le métrage tient encore largement la route grâce à des décors superbes, une musique inspirée de James Bernard et surtout une réalisation de Terence Fisher qui ne s’embarrasse pas de fioritures. Grâce à un montage resserré qui rend l’ensemble encore dynamique, Le cauchemar de Dracula est encore d’une efficacité remarquable de nos jours et demeure bel et bien l’un des meilleurs films de la firme Hammer.

Un triomphe largement mérité pour ce chef-d’œuvre du genre

Sorti avec succès dans le monde entier, malgré des restrictions importantes liées à diverses interdictions, le film a confirmé la nouvelle orientation de la firme britannique qui s’est ensuite spécialisée dans le film horrifique gothique, inspirant au passage de nombreuses copies et déclinaisons dans d’autres pays comme l’Italie.

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Critique du film :  Virgile Dumez

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Le cauchemar de Dracula, l'affiche

© 1958 Renouvelé © 1985 Warner Bros / Illustrateur : Guy-Gérard Noël. Tous droits réservés.

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