La rivière de nos amours est un western d’André de Toth sorti en 1956 avec Kirk Douglas, aussi producteur par l’intermédiaire de sa société Bryna.
Synopsis : Johnny Hawks est un éclaireur reconnu pour sa proximité avec les Sioux. De retour en Oregon après la guerre de Sécession, il rend visite à son ami, le chef de tribu Red Cloud et s’éprend aussitôt de sa fille, la ravissante Onahti…Les tensions entre Peaux-rouges et Visages Pâles sont nombreuses : une mine d’or indienne au lieu tenu secret attise la convoitise de pionniers peu scrupuleux, la cavalerie a du mal à garder au fort les convois de migrants et toute traversée en territoire “ennemi” est périlleuse…
Critique : La rivière de nos amours est le premier film financé par Kirk Douglas par le truchement de sa société Bryna Production, baptisée en hommage à sa mère. Soucieux de qualité, il fait appel à un habitué du genre en la personne du réalisateur d’origine hongroise André de Toth. En effet, si ce dernier, à l’image d’Howard Hawks, est un réalisateur touche-à-tout, il a déjà réalisé neuf westerns, dont six avec l’acteur Randolph Scott.
Une réalisation soignée
Douglas a vu juste car la réalisation d’André de Toth est un des principaux points forts de La rivière de nos amours. Deux morceaux de bravoure sont à signaler : le duel entre Kirk Douglas et un indien à cheval et surtout la palpitante scène d’attaque du fort par les indiens. De Toth à beaucoup recours aux panoramiques et aux travellings, et marque ainsi la réalisation de son empreinte.
La rivière de nos amours ou l’amour de la nature
Le réalisateur Hongrois portait une attention toute particulière au cadre de ses films. En effet, puisqu’il était aussi passionné d’aviation, ce dernier a fait lui-même les repérages pour La rivière de nos amours. Son choix s’est porté sur l’Oregon, un état situé juste au dessus de la Californie dont la particularité est de proposer des paysages très variés. La rivière de nos amours est ainsi le premier western y ayant été tourné et met en valeur de fabuleux paysages filmés en Cinémascope.
La rivière de nos amours, un film progressiste et étonnamment actuel
Si le propos pro-indiens est moins original qu’il n’y parait car surfant sur la vague de l’époque, La rivière de nos amours se distingue par d’autres éléments très progressistes. Effectivement, certains passages prônent un message écologique et étonnamment anticapitaliste, on ne peut plus pertinent à notre époque. Ainsi, au cours d’une conversation avec le protagoniste, le chef indien Red Cloud affirme que les richesses de la nature ont plus de valeur que tout l’or du monde.
La rivière de nos amours, parangon de classicisme?
Ces relatives originalités ne parviennent pas à faire oublier que La rivière de nos amours est avant tout un western très classique, qui a subi les affres du temps. Les critiques de l’époque, que ce soit pour Variety ou le Hollywood Reporter avaient déjà déploré l’aspect “vieillot” du film. Le principal défaut du métrage réside dans son scénario. Si la dernière demi-heure est tout bonnement excellente et trépidante, des longueurs plombent la première heure. L’histoire d’amour aurait pu proposer davantage de péripéties pour dynamiser ce premier temps du film, en développant notamment les tensions entre le personnage de Douglas et son rival amoureux, Grey Wolf.
De nombreux éléments font de La rivière de nos amours un film agréable
Ce défaut de rythme ne doit pas occulter les nombreuses qualités du film. En effet, les acteurs sont pour la plupart très convaincants . Kirk Douglas campe un Indian fighter charismatique et conquérant et la première incursion dans le cinéma d’Elsa Martinelli est une réussite. Cette dernière est parfaitement crédible en jeune fille indienne.
En dépit de son budget serré, le film assure du grand spectacle, magnifié par la partition musicale de Franz Waxman qui, si elle se caractérise aussi par un grand classicisme, propose un thème principal agréable et efficace.
La rivière de nos amours constitue donc un bon début pour la compagnie de Douglas qui allait bientôt produire deux chefs d’œuvres réalisés par Stanley Kubrick : Les Sentiers de la gloire (1957) et Spartacus (1960). C’est aussi l’avant-dernière incursion dans le genre pour André de Toth, qui réalisera ensuite La chevauchée des bannis (1959), considéré par beaucoup comme son meilleur western.
Le test du Mediabook

© Wild Side Video. Tous Droits réservés
Compléments et packaging: 5/5
Assurément le point fort de cette édition qui justifie amplement l’achat pour tout amateur de westerns classiques. Nous sommes en présence d’un magnifique mediabook fort d’un livret de 78 pages au contenu passionnant . En effet, Philippe Garnier fournit bon nombre d’éclairages au sujet de la genèse du film et des principaux intervenants. Le Blu-Ray propose quant à lui un entretien intéressant d’une demi-heure avec Anthony Slide. Ce dernier, proche d’André de Toth et nous dresse un portrait étonnant d’un artiste au parcours atypique.
L’image du blu-ray: 2/5
Cette copie de La rivière de nos amours relève davantage du beau DVD que du Blu-Ray. L’image est beaucoup trop granuleuse et présente beaucoup d’imperfections. De plus, on remarque par intermittence des sautes de couleur qui font légèrement virer l’image au jaune pendant quelques fractions de seconde. Le grand âge du film est davantage à blâmer que le travail de restauration, qui permet tout de même de profiter d’arrière plans détaillés. Malheureusement, la copie ne fait pas vraiment honneur aux panoramiques d’André de Toth à cause d’une impression de flou lors du mouvement.
Le son du blu-ray: 3/5
Sur ce point aussi la copie ne fait pas honneur au support Blu-Ray. En effet, la piste audio se résume à du mono, ce qui est logique pour un film des années 50. A noter toutefois que le en DTS est bon et que la musique n’est pas stridente.
Critique et test Blu-Ray: Kevin Martinez




