La leçon d’allemand : la critique du film (2022)

Drame | 2h05min
Note de la rédaction :
7,5/10
7,5
La leçon d'allemand, affiche du film de Christian Schwochow

  • Réalisateur : Christian Schwochow
  • Acteurs : Ulrich Noethen, Tobias Moretti, Levi Eisenblätter
  • Date de sortie: 12 Jan 2022
  • Nationalité : Allemand
  • Titre original : Deutschstunde
  • Titres alternatifs : The German Lesson (titre international) / La lección de alemán (Espagne) / Lekcja niemieckiego (Pologne) / Tysktime (Danemark)
  • Année de production : 2019
  • Scénariste(s) : Heide Schwochow d'après Siegfried Lenz
  • Directeur de la photographie : Frank Lamm
  • Compositeur : Lorenz Dangel
  • Société(s) de production : Network Movie Film-und Fernsehproduktion, Senator Film Produktion, Zweites Deutsches Fernsehen (ZDF)
  • Distributeur (1ère sortie) : Wild Bunch Distribution
  • Distributeur (reprise) : -
  • Date de reprise : -
  • Éditeur(s) vidéo : -
  • Date de sortie vidéo : -
  • Box-office France / Paris-périphérie : -
  • Box-office nord-américain : -
  • Budget : -
  • Rentabilité : -
  • Classification : Tous publics
  • Formats : 1.85 : 1 / Couleurs
  • Festivals et récompenses : Guenter Rohrbach Filmpreis 2019 : Prix de la meilleure photographie pour Frank Lamm / 2 nominations aux German Film Awards 2020 : meilleure musique et meilleure photographie / Film by the Sea International Film Festival 2020 : Prix de la meilleure adaptation littéraire / Bavarian Film Awards 2020 : Prix de la meilleure photographie pour Frank Lamm
  • Illustrateur / Création graphique : Design : Monsieur X © Photo : Georges Pauly
  • Crédits : © 2019 NETWORK MOVIE Film-Und Fernsehproduktion Jutta Lieck-Klenke, SENATOR FILM KÖLN, ZDF. Tous droits réservés
Note des spectateurs :

La leçon d’allemand pose un regard métaphorique et intemporel sur les conséquences sociétales de l’obéissance servile à un pouvoir autoritaire.

Synopsis : Siggi Jepsen est enfermé dans une prison pour jeunes délinquants après avoir rendu copie blanche lors d’une épreuve de rédaction. Le sujet : « Les joies du devoir ». Dans l’isolement de sa cellule, il se remémore la période qui a fait basculer sa vie. En 1943, son père, officier de police, est contraint de faire appliquer la loi du Reich et ses mesures liberticides à l’encontre de l’un de ses amis d’enfance, le peintre Max Nansen, privé d’exercer son métier. Siggi remet alors en cause l’autorité paternelle et se donne pour devoir de sauver Max et son œuvre.

Quand les devoirs priment sur les droits!

Critique : « Les devoirs valent sur les droits » assène sans état d’âme le président de la République lors de son allocution du 31 décembre dernier. Nul ne conteste que les citoyens soient soumis à des devoirs. Mais en réduisant le droit à une simple récompense accordée à ceux qui se soumettent au bon vouloir d’un pouvoir qui en dicte lui-même les limites à l’aune de son autoritarisme, il porte une sévère atteinte aux principes d’égalité de la République. Toute démocratie digne de ce nom se doit d’assurer un parfait équilibre entre obligation et liberté. Face à ceux qui en font fi, la désobéissance n’est-elle pas salutaire ? Tel est le cas de conscience qui s’offre à Siggi Jepsen, un jeune garçon qui ne vit pas dans l’Europe du XXIe siècle mais dans l’Allemagne du IIIe Reich.

Tobias Moretti et Levi Eisenblätter dans La leçon d'allemand

Tobias Moretti et Levi Eisenblätter dans La leçon d’allemand – © Photo : Georges Pauly / © 2019 NETWORK MOVIE Film-Und Fernsehproduktion Jutta Lieck-Klenke, SENATOR FILM KÖLN, ZDF. Tous droits réservés

En adaptant le best-seller de Siegfried Lenz (1926-2014) traduit dans une vingtaine de langues, Christian Schwochow (l’un des réalisateurs allemands les plus prolifiques à qui l’on doit Je suis Karl, Paula ou De l’autre côté du mur, entre autres) nous convie à une immersion onirique au cœur de la Seconde Guerre mondiale, du nazisme et de l’immédiat après-guerre (les fait se déroulent de 1940 à 1954), où aucun signe de violence guerrière n’apparaît. Car l’ambition de Schwochow n’est pas de relater des faits historiques mais plutôt de dénoncer, sans parti-pris et de manière intemporelle, les dégâts d’une obéissance aveugle à un régime oppressif quel qu’il soit, à l’heure où les démocraties vacillent sous les coups de boutoir de courants autoritaires.

La leçon d’allemand réfléchit sur la notion d’obéissance aveugle

Profitant de son isolement dans la cellule d’un établissement pénitentiaire, Siggi revient sur les événements qui ont marqué son enfance et déterminé le sens de sa vie.

Dans cette région rurale du Nord de l’Allemagne vivent en bonne entente Jens Ole Jepsen et Max Ludwig Nansen. Ils se connaissent depuis l’enfance. L’un est policier, l’autre peintre. Leur amitié est consolidée par l’arrivée de Siggi, fils de Jens, un gamin éveillé qui voue respect au premier et admiration au second. Mais quand le régime nazi décide que la peinture est subversive et que les peintres doivent être pourchassés, aucun sentiment n’arrêtera plus Jens dans son obstination à remplir sa mission sans la moindre faille, au point de déstabiliser son fils qui ne peut se résoudre à devoir abandonner son ami le peintre.

Un sujet passionnant, parfois noyé dans la fantasmagorie

Par devoir pour la patrie, le représentant de l’état ira même jusqu’à dénoncer son autre fils déserteur et ce fanatisme à accomplir sans l’once d’une réflexion ce qu’il estime être son devoir le poursuivra au-delà de la guerre. Quand l’ordre et la discipline valent plus que les valeurs morales, que reste-t-il de l’humanité ? Où se place la responsabilité individuelle ?

Levi Eisenblätter dans La leçon d'allemand

Levi Eisenblätter dans La leçon d’allemand – © Photo : Georges Pauly / © 2019 NETWORK MOVIE Film-Und Fernsehproduktion Jutta Lieck-Klenke,
SENATOR FILM KÖLN, ZDF. Tous droits réservés

De vastes paysages de dunes, de tourbière et de mer offrent un écrin de plein air et de liberté à ces anti-héros (Si Jepsen s’emprisonne dans une radicalité féroce, on découvre que Nansen n’est pas parfait non plus) dont l’esprit s’égare peu dans le brouillard de théories perverses. Si les images de cieux tourmentés donnent naissance à des tableaux de toute beauté, la fantasmagorie excessive dans laquelle ils baignent affadit la pertinence de son sujet primitif pourtant passionnant. Fort heureusement, un casting de haut niveau, armé d’une force de conviction sans failles, démontre de manière saisissante comment l’excès d’absolutisme et la volonté d’exclusion anéantissent les individus et les relations. Un avertissement d’une actualité brûlante.

Critique de Claudine Levanneur

Les sorties de la semaine du 12 janvier 2022

La leçon d'allemand, affiche du film de Christian Schwochow

Design : Monsieur X © Photo : Georges Pauly / © 2019 NETWORK MOVIE Film-Und Fernsehproduktion Jutta Lieck-Klenke, SENATOR FILM KÖLN, ZDF. Tous droits réservés

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La leçon d'allemand, affiche du film de Christian Schwochow

Bande-annonce de La leçon d'allemand (VOstf)

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