Hormona : la critique et le test Blu-ray (2015)

Underground, Fantastique, Expérimental | 49 min (Hormona)
Note de la rédaction :
8/10
8
Hormona, trois films de Bertrand Mandico, affiche cinéma

  • Réalisateur : Bertrand Mandico
  • Acteurs : Nathalie Richard, Elina Löwensohn
  • Date de sortie: 02 Sep 2015
  • Nationalité : Français
  • Distribution : Ecce Films
  • Editeur vidéo : Malavida
  • Date de sortie DVD/Blu-ray : 11 février 2020
  • Box-office : 189 entrées France (sortie dans une seule salle)
Note des spectateurs :

Hormona est une trilogie de 3 courts métrages oniriques, qui aiment s’envenimer des délires arty et sexuels de son auteur fétichiste, dévoué à la chair et au charnel. Troublant, dérangeant, et donc fascinant.

Synopsis : Trois films charnels de Bertrand Mandico.
Prehistoric Cabaret (10’min
Y’a-t-il une vierge encore vivante ? (min)
Notre Dame des hormones (min)

Critique : Un an après la sortie salle des moyens métrages déroutants Boro in the Box et Living still Life, Bertrand Mandico poursuivait son introspection d’un morbide sensuel, baignant dans un onirisme aux couleurs criardes.

Hormona, l’avant Les Garçons sauvages de Mandico

Pourvoyeur d’images arty à la mise en scène volontairement artificielle, le cinéma de Mandico aime l’errance, la post-synchro qui plane sur des visuels délirants qui alternent sensualité pervertie, violence graphique poseuse, et symbolisme figé. Le maelström de fantaisies peu ragoutantes, – une femme s’introduit lors d’un cérémonial, sur la scène d’un cabaret, une caméra au plus profond de son corps, Jeanne la Putain finit énuclée sur les champs de bataille, avide de chair fraîche… -, est d’une beauté organique torve, où tout est orifice et forme phallique, dans des compositions sculpturales amniotiques.

Entre les cinémas de Rollin, Borowczyk, Alain Robbe-Grillet, Bruno Forzani et les délires de Yann Gonzalez (le clip de Perez, Les Vacances continuent), l’univers de l’artiste n’est pas totalement singulier, mais reste persuasif par la pertinence obsessionnel de son étrangeté.

Mandico Box 2 Hormona et Vanités, photos

© Ecce Films pour Hormona. Bertrand Mandico pour les Vanités. Tous droits réservés.

Délires visionnaires underground

Le morceau de choix de cette sélection de trois métrages, revient à Notre Dame des hormones, le plus long des trois titres, du méta-cinéma où il met en scène sa muse, Elina Löwensohn (révélée dans les années 90 par Hal Hartley), et Nathalie Richard, alors que Michel Piccoli a l’honneur de narrer cette rencontre du type inconnu. Deux actrices en répétition dans une forêt tombent sur une entité biologique obscène, difforme, phallique, qu’il convient de lécher et de louer. Une créature que n’aurait pas reniée H.P. lovecraft qui va susciter la convoitise humide des deux femmes, à la libido soudainement enflammée.

Le succès de ce cinéma vénéneux d’art contemporain sert de prémices à l’authentique long métrage, Les Garçons sauvages, qui remporta un franc succès dans les cinémas art et essai, et obtint même le Prix Delluc. Si les César le boudèrent de par sa radicalité, ce fut le coup de cœur des critiques en 2018.

Pour les curieux, il est fortement conseiller d’aller de se confronter aux concepts de cet auteur intransigeant, dont nous vous conseillons le site internet en préambule de la sortie d’Hormona.

Sorties de la semaine du 2 septembre 2015

Hormona, trois films de Bertrand Mandico, affiche cinéma

© Ecce Films. Tous droits réservés.

Hormona est désormais disponible en DVD et blu-ray, dans un combo luxueux chez Malavida Films, avec le projet Vanités qui comprend pour sa part pas moins de six courts métrages, dont un clip vidéo. Vanité avec son hymne aux « seins globuleux » percute moins, mais délivre des narrations à la poésie obscène, intrinsèquement féministes, outrageusement intemporelles qui brisent les modes.

Un livret de douze pages complémente cette très belle sortie vidéo, avec notamment les 126 recommandations pour être un cinéaste incohérent (mais sincère), dont on reprochera juste le format. En quatre pages, il n’est pas confortable de profiter de ces 126 recommandations. Le DVD/Blu-ray est disponible ici, depuis le 11 février 2020, en édition limitée.

Mandico Box 2 Hormona et Vanités, jaquette

© Ecce Films pour Hormona. Bertrand Mandico pour les Vanités. Tous droits réservés.

Compléments et packaging : 2.5/5

Beau packaging digipack, avec une vraie conception artistique comme fil conducteur. Si l’on apprécie le livret, il manque quelques suppléments audiovisuels (interview)…

Image : 5 / 5

Remarquable restitution de ce monde organique et foisonnant qui permet une introspection précise de cet univers de couleurs ou de noir et blanc soigné, et de décors fouillés. La copie HD est juste magnifique, en dépit des différents types de source.

Son : 4/5

Très bon. Le montage sonore est élaboré, les sources sonores, pop, disco, cinématographiques sont étonnantes. La jubilation est d’autant plus forte que la poste blu-ray offre une vraie spatialité. Pour les nostalgiques des années 80, l’insert de la musique du jingle d’Hollywood vidéo est émouvant…

Pour le plaisir, on vous le remet ici…

 

Mandico Box 2

Hormona

  • Notre Dame des Hormones
  • Prehistoric Cabaret
  • Y’a-t-il une vierge encore vivante ?

Vanités

  • Depressive Cop
  • Souvenir d’un montreur de seins
  • Féminisme, rafale et politique
  • L’Ile aux Robes
  • Petite fille timide
  • Clip « Apprivoisé » Calypso Valois
Mandico Box 2 Hormona et Vanités, jaquette dos

© Ecce Films pour Hormona. Bertrand Mandico pour les Vanités. Tous droits réservés.

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Hormona, trois films de Bertrand Mandico, affiche cinéma

Bande-annonce de Notre Dame des Hormones

Underground, Fantastique, Expérimental

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