Gaza mon amour : la critique du film (2021)

Comédie dramatique, Romance | 1h28min
Note de la rédaction :
7/10
7
Gaza mon amour, l'affiche

  • Réalisateur : Tarzan Nasser Arab Nasser
  • Acteurs : Maisa Abd Elhadi, Salim Dau, Hiam Abbass
  • Date de sortie: 06 Oct 2021
  • Nationalité : Palestinien, Français, Qatari, Allemand, Portugais
  • Titre original : Gaza mon amour
  • Titres alternatifs : Gaza, moja miłość (Pologne)
  • Année de production : 2020
  • Scénariste(s) : Arab et Tarzan Nasser
  • Directeur de la photographie : Christophe Guillot
  • Compositeur : Andre Matthias
  • Société(s) de production : Les Films du Tambour, Riva Filmproduktion, Ukbar Filmes, Das Kleine Fernsehspiel (ZDF), Made in Palestine Project, Jordan Pioneers
  • Distributeur (1ère sortie) : Dulac Distribution
  • Distributeur (reprise) : -
  • Date de reprise : -
  • Éditeur(s) vidéo : -
  • Date de sortie vidéo : -
  • Box-office France / Paris-périphérie : -
  • Box-office nord-américain : -
  • Budget : -
  • Rentabilité : -
  • Classification : Tous publics
  • Formats : 2,35 : 1 / Couleurs / Son : Stéréo
  • Festivals et récompenses : Festival de Venise 2020 en compétition / Festival de Valladolid 2020 : Meilleur film et Meilleur scénario
  • Illustrateur / Création graphique : Affiche : Kévin Rau pour Troïka. Tous droits réservés.
  • Crédits : © 2020 Les Films du Tambour. Tous droits réservés.
Note des spectateurs :

Mêlant amour et politique, les frères Nasser nous livrent avec Gaza mon amour une vision inhabituellement humoristique de Gaza.

Synopsis : Issa, un pêcheur de soixante ans, est secrètement amoureux de Siham qui travaille comme couturière au marché. Il souhaite la demander en mariage.

Une romance à Gaza

Critique : Pour les Occidentaux que nous sommes, le nom de Gaza renvoie invariablement au conflit avec Israël. Dégradé, le premier film des frères Arab et Tarzan Nasser usait déjà d’humour et de dérision pour parler de la vie des femmes palestiniennes et déjouer les clichés attendus du cinéma palestinien. Sur le même ton, ils choisissent ici de parler de l’amour plutôt que de la guerre, rappelant que dans ce tout petit territoire coupé du monde où le quotidien rime avec souffrance et guerre, des histoires d’amour peuvent aussi naître.

Gaza mon amour, photo 1

© 2020 Les Films du Tambour. Tous droits réservés.

Issa, la barbe mal rasée, le pas lourd, n’a rien du Don Juan. Il mène une vie modeste et solitaire, coincé entre ses journées de pêche et ses ventes de poisson à prix bradé, les coupures de courant, les bombardements et les restrictions en tous genres. Pourtant, contrairement à ses amis plus jeunes, il n’envisage pas de quitter son pays devenu trop étriqué pour certains. Il rêve plutôt de trouver l’âme sœur.

La rencontre amusante et touchante entre deux êtres

Sa sœur décide de prendre les choses en main et lui présente toute une ribambelle de partis possibles, donnant lieu à l’une des scènes les plus drôles. Mais il a jeté son dévolu sur Siham, une veuve austère, couturière de son métier. Timide, il ne sait comment l’aborder. Il fait de la gymnastique, s’asperge de parfum, la guette pour emprunter le même bus qu’elle pour aller au marché. Il ira même jusqu’à lui faire raccourcir ses pantalons, se condamnant à les porter de manière ridicule.

Gaza mon amour, photo 2

© 2020 Les Films du Tambour. Tous droits réservés.

Un jour, Issa remonte dans son filet de pêche une statue d’Apollon au sexe en érection. Au moment de la ranger, il la fait tomber et casse le pénis. Pressentant que cette statue pourrait être l’occasion d’améliorer sa situation financière, il présente le précieux objet à un antiquaire pour en connaître l’estimation. C’est alors qu’il voit la police débarquer chez lui. Un clin d’œil malicieusement grivois dénonçant à la fois les violences policières et la répression morale dont sont victimes les Gazaouis. Cet interlude aurait mérité d’être plus longuement exploité pour animer le ton exagérément atone de l’intrigue, qu’une mise en scène d’un classicisme absolu ne réveille pas davantage.

Gaza mon amour, hymne à la paix

Néanmoins, le principal argument du film tient dans la composition de ce couple attachant qui, malgré les obstacles inhérents à la situation politique, a décidé de s’aimer. Les gestes maladroits, les mimiques naïves dont l’acteur palestinien Salim Dau nourrit son personnage de grand romantique s’accordent merveilleusement avec la pudeur et la rigueur d’une Hiam Abbass qui a déjà maintes fois démontré toute l’étendue de son talent. Complété par un casting de seconds rôles du même acabit, Gaza, mon amour déploie un sacrée belle dose d’optimisme. Envoyant ad patres tous les fomenteurs de haine, il constitue un véritable hymne à la paix, l’amour et la résistance.

Critique de Claudine Levanneur

Les sorties de la semaine du 6 octobre 2021

Le film sur le site du distributeur

Gaza mon amour, l'affiche

© 2020 Les Films du Tambour / Affiche : Kévin Rau pour Troïka. Tous droits réservés.

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Gaza mon amour, l'affiche

Bande-annonce de Gaza mon amour

Comédie dramatique, Romance

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