Furie au Missouri : la critique du film (1971)

Western | 1h44min
Note de la rédaction :
5/10
5
Furie au Missouri, la jaquette blu-ray

  • Réalisateur : Alfonso Brescia
  • Acteurs : Peter Lee Lawrence, Beba Loncar, Luigi Vannucchi, Andrea Bosic, Rosalba Neri, Arnaldo Dell’Acqua
  • Date de sortie: 31 Mar 1971
  • Nationalité : Italien
  • Titre original : I giorni della violenza
  • Année de production : 1967
  • Musique : Bruno Nicolai
  • Distributeur : Concorde Films (1971), Les Films du Camélia (2023)
  • Editeur vidéo (blu-ray) : Artus Films
  • Sortie vidéo : 3 septembre 2019
  • Box-office France : 132 227 entrées
  • Crédits documents iconographiques : © Licensed by Movietime SRL -Rome -Italy / © 2019 Artus Films. Tous droits réservés.
  • Format original : 2.35 / 1.0
  • Rétrospective : 9 Western Spaghetti (2 août 2023)
Note des spectateurs :

Furie au Missouri cherche avant tout à rendre hommage au western classique américain, sans y parvenir totalement. Il risque d’ennuyer fortement les amoureux d’outrances transalpines par son classicisme qui confine à l’académisme.

Synopsis : Pendant la guerre de Sécession, Johs voit le capitaine Clifford, de l’armée nordiste assassiner son frère. Pour le retrouver, il s’engage auprès de mercenaires sudistes. À la fin de la guerre, recherché pour meurtre, il retourne au ranch. Il y retrouve sa fiancée qui a entretemps été fiancée à Clifford. Johs va préparer sa vengeance.

Un hommage avoué au cinéma de série B américain

Critique : En pleine explosion du western spaghetti, le réalisateur Alfonso Brescia se lance lui aussi dans l’aventure, après avoir tourné plusieurs péplums. Il entame une collaboration avec l’acteur Peter Lee Lawrence sur Calibre 32 (1967) et les deux hommes enchaînent immédiatement avec Furie au Missouri, également connu en France sous le nom Les jours de la violence – traduction littérale du titre original.

Loin de s’inscrire dans les délires opératiques d’un Sergio Leone, le cinéaste Alfonso Brescia semble préférer la grande tradition américaine. Ainsi, Furie au Missouri se présente comme un western d’un pur classicisme, avec une réalisation académique, non dénuée de talent, mais quelque peu transparente. Ici, pas d’excès particulier, ni de trouvaille visuelle et pas vraiment de transgression non plus. Certes, le scénario ose se placer du côté des Sudistes – comme bon nombre de films américains de série B – mais sans pleinement assumer ce point de départ puisque le héros prend ses distances avec l’esclavagisme lors d’un dialogue qui remet les pendules à l’heure.

9 westerns spaghetti, affiche de la rétrospective des films du Camélia (2023)

© Les Films du Camélia 2023. Tous droits réservés.

Un point de départ intéressant, vite relégué aux oubliettes

Si le point de départ du scénario laisse augurer un script plus travaillé que d’ordinaire, cela n’est qu’un feu de paille. Effectivement, la guerre civile n’est ici qu’un décor qui n’est jamais pleinement exploité. D’ailleurs, après 40 minutes, les auteurs pratiquent une ellipse qui balaye d’un revers de manche cet aspect historique. Débarrassés d’un contexte encombrant, les scénaristes peuvent alors se livrer à une classique histoire de vengeance qui passe par une course-poursuite longue d’une grosse demi-heure. En roue libre, Furie au Missouri se dissout progressivement dans son absence d’enjeu au point de laisser le spectateur orphelin du grand film qui pouvait s’annoncer lors des premières séquences.

Livrés à eux-mêmes, les personnages manquent furieusement de caractérisation. Pire, on a le sentiment que plusieurs scénaristes se sont succédé sans se consulter puisque certains protagonistes changent parfois d’avis de manière surréaliste. Ainsi du père sudiste qui prône l’action violente dans les premiers instants, mais condamne ensuite l’attitude du héros passé par la case du banditisme, avant de se raviser à nouveau, sans que l’on comprenne bien pourquoi. Ce même personnage handicapé moteur doit également avoir un sérieux problème de vue puisqu’il ne reconnaît jamais l’assassin de son fils qu’il a pourtant eu le temps de dévisager lors du meurtre initial. Lorsque l’assassin revient dans son entourage, il est incapable de l’identifier alors même que la trogne de Luigi Vannucchi est inoubliable, même pour le spectateur.

De nombreuses invraisemblances à peine compensées par des acteurs chevronnés

Ces incohérences et invraisemblances ne seraient rien si le long-métrage était passionnant, ce qui est loin d’être le cas. Mollasson, Furie au Missouri n’est aucunement un mauvais bougre, mais il se hisse tout juste au niveau d’une série B américaine moyenne. Il n’a en tout cas que très rarement la saveur d’un western à l’italienne. Et ceci malgré l’implication de Peter Lee Lawrence, très correct, ou du reste du casting, plutôt bon dans l’ensemble.

Furie au Missouri, photo d'exploitation

© Licensed by Movietime SRL -Rome -Italy / Photo promotionnelle proposée par Artus Films : © 2019 Artus Films. Tous droits réservés.

On notera que le long-métrage n’est apparu sur les écrans français qu’en 1971, soit quatre ans après sa création, commençant son exploitation en province dès le mois de février, avant de sortir sur quelques écrans parisiens en mars 1971. Le total de 132 227 entrées sur l’Hexagone montre le peu d’intérêt du public pour un western qui était déjà fort démodé.

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Critique du film :  Virgile Dumez

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Rétrospective 2023 9 Western Spaghetti

Furie au Missouri, la jaquette blu-ray

© Licensed by Movietime SRL -Rome -Italy / © 2019 Artus Films. Tous droits réservés.

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