Felicità : la critique du film (2020 )

Comédie dramatique | 1h22
Note de la rédaction :
5.5/10
5.5
Affiche de Felicità de Bruno Merle

  • Réalisateur : Bruno Merle
  • Acteurs : Pio Marmaï, Camille Rutherford, Rita Merle
  • Date de sortie: 23 Juil 2020
  • Nationalité : Français
  • Scénariste(s) : Bruno Merle
  • Compositeur : Pygmy Johnson
  • Société de production : © Unité de Production - Jack N’a Qu’un Œil
  • Distributeur : Rezo Films
  • Editeur vidéo : A suivre
  • Date de sortie vidéo : A suivre
  • Box-office France / Paris-Périphérie : A suivre
  • Budget : Inconnu
  • Rentabilité : A suivre
  • Classification : Tous publics
  • Formats : 2.35 : 1 / 5.1
  • Crédits : © Unité - Jack N’a Qu’un Œil- Affiche par Julien Bon pour Troïka
Note des spectateurs :
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Felicità est une œuvre inclassable qui oscille entre les genres sans vraiment trouver le bon. Mais des acteurs solides lui donnent de l’incarnation.

Synopsis : Pour Tim et Chloé, le bonheur c’est au jour le jour et sans attache. Mais demain l’été s’achève. Leur fille, Tommy, rentre au collège et cette année, c’est promis, elle ne manquera pas ce grand rendez vous. C’était avant que Chloé disparaisse, que Tim vole une voiture et qu’un cosmonaute débarque dans l’histoire.

Felicità, Pio Marmai et Camille Rutherford

© Unité de Production – Jack N’a Qu’un Œil

Critique : Ex-Fille unique, Felicità, de son nouveau titre, est le second long métrage de Bruno Merle, treize ans après le malheureux Héros qui mettait en scène Michaël Youn dans un contre-emploi peu convaincant.

Le cinéaste original dans le ton confirme ici sa volonté de sortir de sentiers battus. Il nous confine hors de notre monde, dans la bulle d’un couple marginal (très bons Pio Marmaï et Camille Rutherford) et de leur fille (jouée par l’enfant de Bruno Merle, la petite Rita, toujours dans la justesse). La comédie voulue décalée démontre une volonté de proposer une alternative aux divertissements prévisibles et s’inscrit dans une lignée de productions art et essai poétiques, jouant sur le verbe, les atmosphères, les métaphores, les non-dits. Des éléments forcément prometteurs.

Toutefois, Felicità se heurte à de multiples difficultés. L’auteur brouille les pistes en utilisant différentes directions narratives : les blagues insistantes et déroutantes des parents envers leur fille ou entre eux, comme la séquence d’ouverture, réellement drôle ; le jeu avec la chronologie et les sauts dans le temps ; l’intrusion de personnages imaginaires dont un cosmonaute et même Orelsan, en guest…

On pourrait se croire chez Samuel Benchetrit qui a déjà suivi des pistes semblables, mais Merle ne parvient pas à capter l’attention jusqu’au bout. En cause, son incapacité à trouver le ton juste pour se positionner dans un genre. Le glissement progressif de la fantaisie familiale vers le thriller un peu sombre désarçonne. Le personnage de Pio Marmaï, patriarche lunaire, au caractère joliment brossé, au début, dans son rapport à l’enfant, perd en charisme et l’on n’éprouve guère plus d’empathie pour les à-côtés criminels et ses colères. Les secrets du passé cassent le ton de cette fantaisie ofniesque.

De beaux moments jalonnent toutefois le film. De vraies belles scènes, une écriture éparse mais souvent talentueuse qui démontre un beau potentiel, et surtout un trio de comédiens solides qui donnent de l’incarnation à l’ensemble du métrage. Mais tout de même, à force de dispersion, c’est surtout le spectateur que Felicità perd un peu.

Frédéric Mignard

Sorties de la semaine du 15 juillet 2020

Affiche de Felicità de Bruno Merle

© Unité de Production – Jack N’a Qu’un Œil – Design affiche : Julien Bon pour Troïka

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