Spectacle impressionnant qui ravira les jeunes générations, Dragons photocopie le dessin-animé original avec un certain succès, notamment grâce à des effets visuels époustouflants.
Synopsis : Sur l’île accidentée de Berk, où les Vikings et les dragons sont des ennemis acharnés depuis des générations, Harold, le fils inventif mais maltraité de son père le chef Stoïck La Brute, défie des siècles de pratique traditionnelle de combat contre les dragons lorsqu’il se lie d’amitié avec Krokmou, un Furie Nocturne.
Une nouvelle version en live action totalement identique
Critique : Depuis plusieurs années déjà, le studio Walt Disney a pris l’habitude de transformer l’intégralité de son catalogue de films d’animation en versions live action. Certains de ces films ont battu des records au box-office, ce qui ne pouvait laisser indifférent l’un de ses concurrents directs, le studio Dreamworks. Au sein du large catalogue de la firme, le plus aisé à transposer est assurément Dragons 3D (Dean DeBlois et Chris Sanders, 2010) puisqu’il fait intervenir des êtres humains au milieu d’une pléthore de dragons que l’on peut intégrer par ordinateur. Ainsi, dès 2023, une équipe est constituée autour du réalisateur Dean DeBlois qui rempile une nouvelle fois derrière la caméra, lui qui a déjà assuré la création des trois épisodes animés précédents.
Le but du cinéaste était de tourner au maximum dans des environnements réels, dénichés notamment en Irlande, mais aussi en Islande afin de légitimer sa démarche de refaire quasiment au plan près son dessin-animé de 2010. On peut d’ailleurs légitimement se poser la question de l’intérêt – autre que financier – de reproduire quasiment à l’identique une œuvre sur laquelle il a déjà passé l’essentiel de sa carrière. Certes, cela permet à Dean DeBlois de ne pas laisser quelqu’un d’autre dénaturer son film, mais la démarche interroge tout de même tant elle ne paraît jamais se justifier à l’écran.
Un résultat à l’écran très impressionnant
Certes, la nouvelle version de Dragons est d’une fidélité impeccable, reprenant à la fois les qualités et les défauts de son prédécesseur, mais elle ne trouve vraiment sa justification que dans l’exploitation d’une œuvre que les plus jeunes générations n’ont pas découvert en salles. Les autres peuvent aisément passer leur chemin puisque le résultat est identique en tout point à l’original. Du côté des points positifs, on signalera le jeu très correct de Mason Thames en jeune héros gauche, ainsi que les contributions truculentes de Gerard Butler et Nick Frost en vikings. Mais surtout, la relation d’Harold avec son dragon Krokmou, qui était le cœur vibrant de l’œuvre originale, fonctionne à nouveau parfaitement tant le dragon s’intègre parfaitement aux prises de vues réelles.

© 2025 Universal Studios. All Rights Reserved.
D’ailleurs, le réalisateur s’en est donné à cœur joie avec une caméra virevoltante qui suit de manière impressionnante les évolutions aériennes des dragons. Ils sont également un des gros points forts de ce métrage qui propose une galerie variée de spécimens, dont le plus impressionnant intervient à la toute fin dans un déferlement de bruit et de fureur qui ne peut qu’époustoufler. Réalisé pour 150 millions de dollars, Dragons bénéficie d’effets spéciaux particulièrement réussis, bien plus performants que ceux développés par la firme Marvel depuis quelques temps, malgré des budgets nettement supérieurs.
Un spectacle destiné à la nouvelle génération
Parmi les reproches que l’on peut faire à cette nouvelle version, les rôles secondaires n’ont pas été davantage développés que dans le film d’animation. Ainsi, les coéquipiers d’Harold et d’Astrid (plutôt juste Nico Parker) ne parviennent pas à s’élever au-delà de la caricature. Si cela passe plutôt bien au sein d’un film d’animation, cette tendance est davantage irritante dans une œuvre en prises de vues réelles, car les comédiens se retrouvent à grimacer.
Spectacle réussi et fort impressionnant, Dragons devrait donc grandement satisfaire le grand public qui n’a pas vu le premier opus, tandis que les gosses en prendront plein les mirettes face à des dragons gigantesques et fantasmatiques. D’un point de vue cinématographique, on peut tout de même se demander quel est l’intérêt de faire marcher la photocopieuse à ce point.
Critique de Virgile Dumez
Sorties de la semaine du 11 juin 2025

© 2025 Universal Studios. All Rights Reserved.
Biographies +
Dean DeBlois, Gerard Butler, Mason Thames, Nico Parker, Nick Frost