Survival norvégien à succès dans son pays, Cold Prey déploie une belle ambiance, faute de développer son récit qui reste ici anémique
Synopsis : Cinq jeunes norvégiens décident de partir en vacances dans les montagnes, afin de pouvoir faire du snowboard. Alors qu’ils sont isolés de tout, Morten se casse la jambe. Les cinq amis vont alors se réfugier dans un hôtel abandonné. Le vrai cauchemar commence alors… – Jannicke se réveille dans un hôpital. Déambulant dans les couloirs, elle pense être seule. Mais le cauchemar va recommencer…
Critique : La jaquette du coffret blu-ray regroupant les deux Cold Prey, édité chez Studio Canal, vante le renouveau du slasher, un rythme haletant, et des meurtres d’une violence et d’un sadisme rares. Marketing, marketing… Il en est évidemment rien de tout cela ici, Fritt Vilt premier du nom (2006) cultive trop le goût du minimalisme scénaristique et de la mise en ambiance pour s’écarter vraiment des sentiers battus. Le scénario reprend fidèlement le script d’une bonne trentaine de slashers, à savoir ici des jeunes gens en pleine possession de leurs moyens physiques en virée dans une contrée sauvage, se retrouvent coupés du monde dans un hôtel désaffecté et sont dégommés les uns après les autres par un mystérieux tueur à la pioche.

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L’embryon d’histoire ne laisse aucune place à la surprise et par conséquent il n’y aura aucun rebondissement pour envenimer un récit bien lisse. Pourtant, ce survival nordique, un précurseur local avant l’autre survival norvégien Manhunt (Rovdyr, 2008) et le film de zombies des neiges Dead Snow, s’illustre par son ambiance enneigée. Magnifiée par une caméra inspirée par la beauté du relief, Cold Prey sait imposer son Scope avec une puissance visuelle de chaque instant, développant un goût constant pour les cadres naturels majestueux, tout en soignant l’antre du tueur monstrueux, un vieil établissement hôtelier aux réminiscences du Shining de Kubrick. Bref, de quoi meubler le léger ennui qui s’installe, puisque les assauts meurtriers ne commencent qu’au bout de quarante minutes et la traque des protagonistes ne démarre qu’au bout d’une heure.
Evidemment, ce gros succès scandinave (252 000 entrées en Norvège), inédit dans nos salles mais programmé à Gérardmer en 2009, trois ans après son succès local, a été agrémenté d’une suite directe en 2008, qui ressemble étrangement dans son cadre hospitalier au Halloween 2 de Rick Rosenthal, et d’un troisième volet signé Mikkel Brænne Sandemose en 2010

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