Cherchez l’idole : la critique du film (1964)

Comédie, Musical | 1h28min
Note de la rédaction :
6/10
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Cherchez l'idole, l'affiche

Spectacle anodin, Cherchez l’idole est toutefois un document précieux sur le début des années 60 et sur l’essor de la génération yé-yé. Johnny, Sylvie et Eddy plairont assurément à leurs fans.

Synopsis : Un homme vole des diamants à l’actrice Mylène Demongeot et les cache dans le cœur d’une guitare. Peu après, il apprend que l’instrument a été vendu à plusieurs chanteurs très populaires. Il part à leur rencontre.

Un film destiné à la jeunesse yé-yé

Critique : Lorsque Michel Boisrond tourne Cherchez l’idole en 1963, il a déjà une certaine connaissance du milieu des yé-yé pour avoir déjà mis en boite Les parisiennes (1961), film à sketchs avec Johnny Hallyday et Comment réussir en amour (1962) qui évoquait déjà le phénomène du twist. Avec Richard Balducci au scénario, il a l’idée de réunir la plupart des artistes vedettes de ce début des années 60 dans un seul et même film qui serait une comédie musicale destinée à la jeunesse.

Cherchez l'idole, la jaquette blu-ray

© 1964 Gaumont – Succession Michel Boisrond / © 2019 Gaumont Vidéo. Tous droits réservés.

Sorte de teen movie avant l’heure, Cherchez l’idole se dote d’un scénario prétexte – la recherche d’un diamant volé caché dans une guitare appartenant à des vedettes de la chanson – pour mieux faire pénétrer le public cible au cœur de la machine à rêve. Si aujourd’hui, les jeunes ont une proximité totale avec leurs artistes préférés, ce n’était clairement pas le cas à l’époque. Il était donc inédit de voir les concerts depuis les coulisses et de pouvoir écouter des titres inédits des idoles des jeunes au cinéma.

Un document formidable sur une époque révolue

Le long-métrage suit donc les recherches de quatre personnages campés par des acteurs professionnels au milieu d’artistes qui jouent leur propre rôle et poussent la chansonnette de temps à autre. La structure du long-métrage est donc un peu répétitive puisqu’il s’agit d’entrer en contact avec un chanteur ou une chanteuse qui nous délivre son titre, avant de passer au suivant. Autant dire que l’intérêt cinématographique est plus que limité, même si la réalisation de Boisrond est très correcte et si le script délivre quelques très bons moments de comédie.

Désormais, il faut surtout voir Cherchez l’idole comme un document sociologique et historique sur l’essor de l’industrie du disque concurrence le spectacle vivant durant des décennies – avant l’actuel retournement de situation où la salle de concert redevient centrale. Ici, nous pouvons pénétrer dans les coulisses de la mythique salle de l’Olympia, voir Bruno Coquatrix en pleine discussion ou encore visiter la toute récente maison de la radio.

Les plus grandes vedettes de la chanson sont à l’écran

Le film vaut aussi pour son incroyable casting de vedettes de la chanson. Si les plus jeunes ont nécessairement oublié des artistes comme Sophie, les Surfs ou Nancy Holloway, tous seront enchantés de découvrir des stars comme Sylvie Vartan, Eddy Mitchell ou encore Johnny Hallyday dans l’éclat de leur jeunesse. Ils sont ici chaperonnés par l’impressionnant Charles Aznavour, artiste de l’ancienne garde qui mouille la chemise en prenant la défense de cette jeune génération alors attaquée de toute part par les gardiens du temple.

Non seulement Aznavour dévoile un titre magnifique (Et pourtant), mais il signe les textes de la plupart des chansons inédites, tandis que son complice Georges Garvarentz délivre des mélodies et arrangements inoubliables. Ils offrent ainsi à Sylvie Vartan un tube inusable (La plus belle pour aller danser) et à Johnny un Bonne chance qui n’a pas marqué les mémoires, mais qui est pourtant une jolie chanson. N’oublions pas de citer quelques autres pointures de l’époque comme Frank Alamo ou Jean-Jacques Debout.

La jeunesse s’éclate, l’intelligentsia se gausse!

Document sociologique précieux qui incarne à lui seul l’insouciance d’une époque, Cherchez l’idole ne parlera sans doute qu’aux nostalgiques de cette période des yé-yé et aux fans des artistes cités plus haut. Il n’en fut pas moins un beau succès sur l’ensemble de la France, avec plus de 1,6 million d’entrées, avec un très gros coefficient Paris-Province. L’intelligentsia de l’époque n’a bien évidemment pas adhéré à ce spectacle pourtant bien inoffensif, uniquement destiné à une jeunesse que l’on méprisait encore. Ce fossé générationnel, c’était aussi ça la France de De Gaulle!

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Critique de Virgile Dumez

Les sorties de la semaine du 26 février 1964

Cherchez l'idole, l'affiche

© 1964 Gaumont – Succession Michel Boisrond / Illustration : Paul Marty. Tous droits réservés.

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Cherchez l'idole, l'affiche

Bande-annonce de Cherchez l'idole

Comédie, Musical

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