Bloodshot : la critique du film (2020)

Action, Science-fiction | 1h49min
Note de la rédaction :
4/10
4
Affiche de Bloodshot

  • Réalisateur : Dave Wilson
  • Acteurs : Guy Pearce, Vin Diesel, Eiza González, Sam Heughan, Toby Kebbell
  • Date de sortie: 26 Mar 2020
  • Nationalité : Américain
  • Scénaristes : Jeff Wadlow, Eric Heisserer, d'après les comics de Bob Layton, Don Perlin, Yvel Guichet et Kevin Vanhook
  • Directeur de la photo : Jacques Jouffret
  • Compositeur : Steve Jablonsky
  • Sortie salle initiale : 25 mars 2020 (annulée en raison de la crise du Covid-19)
  • Sortie Digitale : 26 mars 2020
  • Distributeur : Sony Pictures Releasing France
  • Editeur vidéo : Sony Pictures Home Entertainment
  • Box-office USA / Hors USA : 10 021 787$ / 18 407 068 (carrière interrompue par la crise du Covid-19)
  • Budget : 45M$
Note des spectateurs :
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Bloodshot est une énième tentative de franchise ratée avec Vin Diesel, acteur trop roublard dans ses choix pour convaincre. Préférons revoir Total Recall.

Synopsis : Ray Garrison est un soldat tué en mission, et ramené à la vie par RST Corporations, l’entreprise qui l’a transformé en super-humain. Des nanotechnologies coulent désormais dans ses veines, ce qui le rend invincible. Il est plus fort que jamais et capable de guérir instantanément de ses blessures. Mais RST Corporation ne contrôle pas que son corps… Ils ont également la main sur son esprit et ses souvenirs. Ray ne peut distinguer ce qui est réel de ce qui ne l’est pas – mais sa mission est désormais de le découvrir.

Une série B “covidée”

Bloodshot, Vin Diesel se bat contre les mercenaires

Photo : Graham Bartholomew
© 2020 CTMG, Inc. All Rights Reserved.

Bloodshot devait sortir dans les multiplexes français le 25 mars 2020, mais son distributeur, suite à la fermeture totale des sites, en raison de la crise historique du coronavirus, a préféré, non pas différer la distribution, mais tout simplement l’annuler. Plusieurs raisons à cela. Tout d’abord, la sortie américaine, le 13 mars, pour un week-end malheureusement (les cinémas ayant fermé le mardi qui suivirent sa sortie pour la plupart), avait été décevante et les critiques assassines. Par ailleurs, la programmation au préalable sur certains territoires, comme l’Espagne et l’Allemagne, alors pays non confinés, allait forcément rendre la présence du blockbuster Sony incontrôlable sur les plateformes pirates de la planète.

C’est donc le 26 mars en VOD que le film est apparu sur les plateformes numériques légales dans l’Hexagone, fait exceptionnel pour une production de cette importance dont la campagne marketing avait depuis longtemps démarré, avec bandes-annonces largement diffusées et publications diverses qui annonçaient l’arrivée du super-héros.

Sam Heughan dans Bloodshot

© 2020 CTMG, Inc. All Rights Reserved

Bloodshot et les roublardises de Vin Diesel

Avec son budget de 45 millions de dollars, cette adaptation de la naissance du super-héros de comics Bloodshot (éditeur Valiant Comics), apparu au début des années 90, est malheureusement ratée. La faute à son acteur principal, Vin Diesel : non pas que son jeu sonne particulièrement faux – ce n’est pas le cas -, mais d’aucuns pourront lui reprocher ses goûts pour la balourdise et sa fâcheuse tendance à s’enticher des archétypes les plus élémentaires de la série B qu’il tend à gonfler en blockbuster. On se souvient des défauts de Riddick, le troisième volet, du Dernier chasseur de sorcières, ou de sa tentative de reprendre la franchise xXx en main. Il ressort de ses choix une appétence pour le bas de gamme dans le script, les ressorts psychologiques convenus et un manque d’empathie pour ses personnages (ici le trauma qui ouvre le film, en est un bon exemple).

Vin Diesel, star qui veut exister en dehors de la juteuse saga des Fast & Furious (autre victime collatérale du Covid-19, repoussée d’un an) applique la méthode Fast, privilégiant les effets spéciaux spectaculaires (le domaine du réalisateur, soit dit en passant), des actrices sexy en diable qui savent en découdre, mais toujours sans retrouver l’envergure des Fast & Furious post quatrième épisode qui s’avère une exception notable dans sa carrière.

Eiza Gonzalez , sexy dans Bloodshot

Eiza Gonzalez photographiée par Graham Bartholomew
© 2020 CTMG, Inc. All Rights Reserved.

Programmé pour tuer

La tentative d’insérer des rebondissements convenus autour de son personnage de soldat mort dans lequel un géant industriel va investir des milliards de dollars pour le faire revivre en version “augmentée”, évoque bien des scripts de séries B déjà traités au cinéma (Source Code de Duncan Jones, avec Jake Gyllenhaal, pour en prendre un plus astucieux). Mais c’est surtout Total Recall de Paul Verhoeven d’après Philip K. Dick, qui revient le plus à l’esprit en raison de la manipulation de la mémoire et de la réalité des souvenirs. Evidemment, le réalisateur Dave Wilson, issu des effets visuels, ne tient pas la comparaison face à la pugnacité du cinéaste néerlandais, et si Vin Diesel joue le jeu de la star investie, autour de lui, le casting est bien trop stéréotypé pour convaincre. Guy Pearce et Toby Kebbell sont dans la répétition de rôles déjà fragiles quand les autres, les quasi inconnus, se révèlent être des corps qui roulent des mécaniques dans l’ignorance marrante de leur propre futilité.

Bref, tout cela pour dire que Bloodshot avait finalement toute sa place dans la section “DTV” de nos plateformes de streaming.

Frédéric Mignard

Affiche de Bloodshot

Bloodshot (Vin Diesel) in Columbia Pictures’ BLOODSHOT. – Courtesy of Sony Pictures
Courtesy of Sony Pictures © 2019 CTMG, Inc. All Rights Reserved.

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Affiche de Bloodshot

Bande-annonce de Bloodshot

Action, Science-fiction

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