Bébé mode d’emploi est une comédie romantique orienté vers le public féminin des années 2000, avec son lot de gags drôles et de clichés ronflants.
Synopsis : Deux individus qui se méprisent profondément et à la vie professionnelle comblée de succès se voient contraints de vivre ensemble pour élever ensemble leur filleule. L’occasion de mettre toutes leurs différences de côté et se rapprocher l’un de l’autre.
Critique : Moins chieuse que prévue, la comédie “nouveau né” Bébé mode d’emploi représenterait presque une bonne surprise dans la carrière cinématographique uniformément mauvaise de Katherine Heigl. Pour mémoire, son jeu de cruche ne nous a jamais bien convaincu et ses romances gonflantes comme 27 robes et L’abominable vérité non plus. De même Josh Duhamel et son jeu de beauf buriné d’Américain du terroir, n’a jamais fait montre d’un grand talent dramatique.
Leur rencontre était donc dangereuse, surtout que le titre Bébé : mode d’emploi rappelle à l’esprit quelques mauvais souvenirs cinématographiques : En cloque mode d’emploi (avec Heigl), Allo maman, ici bébé, et Bébé part en vadrouille. Et oui, car non seulement les mioches sont fatigants dans la vraie vie, mais au cinéma, c’est encore pire !

© 2011 Warner Bros Ent. Tous droits réservés.
Pourtant, la comédie Warner n’est sûrement pas le fiasco annoncé. Les situations, agrémentées de nombreux personnages secondaires drôles (le chauffeur de taxi reconverti contre sa volonté en babysitter de poids, les voisins lourdingues !), font sourire et assurent rythme et délire à un film qui part pourtant comme une comédie dramatique. En effet, le point de départ de l’histoire est un accident tragique qui ôte la vie à deux jeunes parents. Mais trêve de pleurnicherie, ils “lèguent” leur cauchemar sur quatre papattes à leurs deux meilleurs amis, un célibataire endurci qui bosse dans le monde des médias et du sport et une vieille fille désespérée. Ces deux-là se vouent mutuellement une haine sans limite depuis un rendez-vous monté où il a agit en goujat macho et elle en prude hystérique. Mais comme dirait l’expression, les contraires finissent toujours par s’attirer et les enjeux deviennent vraiment compliqués – à leurs yeux, du moins ! Pour nous, ils nous paraissent simples comme bonjour, mais bon ! Séparation, réparation à l’aéroport (ou du moins tentative)… La suite, vous la connaissez. C’est à peu près la même pour tous les avatars de ce cinéma féminin des années 2010.
PS : C’est exactement le même script que celui de L’abominable vérité, le bébé en plus !
Box-office de Bébé mode d’emploi
Sorti en France au sommet de la popularité de Katherine Heigl, Bébé mode d’emploi a bénéficié de l’engouement autour de la spécialiste de la comédie romantique des années 2000. La comédienne sortait notamment des romcoms 27 robes en 2008, L’abominable vérité en 2009 et Kiss and Kill en 2010.
Dans ce contexte, Bébé mode d’emploi a été un petit succès pour Warner avec tout de même 419 000 spectateurs. La comédie a moins attiré que Kiss & Kill qui avait fait 700 000 spectateurs 6 mois auparavant grâce à la Fête du Cinéma et évidemment moins que L’abominable vérité qui était monté jusqu’à 660 000 spectateurs en 2009.
Il s’agira probablement du dernier succès de l’actrice en France, 2 ans avant son annulation dans les médias américains où elle se verra contrainte d’arrêter le cinéma. On ne reverra Katherine Heigl qu’à trois reprises sur les écrans français : en 2011, dans le fim choral Happy New Year, en 2012 dans Recherche bad boys désespérément, et en 2013 dans Un grand mariage.
Pour le réalisateur Greg Berlanti, il s’agit également de son plus grand succès au box-office hexagonal. Pourtant, en 2018, il marque davantage les esprits avec la comédie homosexuelle pour adolescents Love, Simon qui trouve 135 000 spectateurs, un film précurseur sur son époque qui profite de l’engouement pour les programmes LGBTQ+ sur la plateforme Netflix.
En 2024, Berlanti réalise son projet le plus ambitieux, un blockbuster avec Scarlett Johansson et Channing Tatum qui échoue lamentablement au box-office et compte parmi les plus gros échecs de l’année : Fly Me to the Moon. Intitulé To the Moon en France, le spectacle réalise péniblement 132 000 spectateurs.
Sorti le 8 décembre, Bébé mode d’emploi trouve 146 000 spectateurs dans 213 salles. La moyenne est plutôt satisfaisante puisque le film comptabilise une moyenne de 690 spectateurs par salle. En 2e semaine, le film baisse à peine, avec 112 000 tickets (210 salles). La stabilité est étonnante puisque la comédie ne perd que 24% de sa fréquentation.
La semaine suivante, correspondant à Noël, Life as We Know It perd toutefois 64 écrans et se retrouve désormais à 61 000 spectateurs. Cette baisse de 46% est tout à fait acceptable.
En 4e semaine, le film profite notamment du premier janvier, donc d’une journée fériée favorable, pour se maintenir à 46 000 entrées, soit une baisse de 24%.
La semaine du 5 janvier est également encourageante avec 34 000 spectateurs dans 94 cinémas.
Au final, le film achève sa carrière de façon honorable à 419 000 spectateurs. On notera qu’aux États-Unis, le succès sera moindre avec à peine 50 000 000$ de recettes, ce qui n’est pas catastrophique pour Warner qui n’y avait investi qu’un budget moyen.
Aux USA, Katherine Heigl fait d’ailleurs mieux que Kiss and Kill sorti quelques mois auparavant dans lequel le duo qu’elle formait avec Ashton Kutcher avait sous-performé.
Bébé mode d’emploi sera exploité en DVD et Blu-ray en mai 2011 avec un visuel plus girlie que l’affiche cinéma qui, elle, répondait à des standards dans la tonalité des comédies de Judd Apatow.
Sorties de la semaine du 8 décembre 2010

Affiche de Bébé mode d’emploi de Greg Berlanti – © 2010 Warner Bros Ent. Tous droits réservés.
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Greg Berlanti, Katherine Heigl, Josh Duhamel, Melissa McCarthy, Markus Flanagan, Christina Hendricks, Josh Lucas, Kumail Nanjiani