Réalisateur et écrivain algérien, Mehdi Charef est arrivé en France en 1962. Il grandit dans des villes de banlieue parisienne. Adulte, il devient ouvrier. Charef se lance dans l’écriture avec Le Thé au harem d’Archi Ahmed (éditions Mercure de France, 1983), inspiré des souvenirs de son adolescence. D’autres romans suivront, du Harki de Mériem (1989) à La Lumière de ma mère (2023).
En 1985, il adapte son premier roman pour le cinéma : Le thé au harem d’Archimède, produit par Costa-Gavras et Michèle Ray-Gavras, est l’un des premiers films français à aborder la question des cités. L’œuvre, interprétée par Kader Boukhanef et Rémi Martin, frappe par sa justesse et sa sensibilité. Elle connaît un joli succès, et se voit couronnée par le Prix Jean Vigo et le César du meilleur premier film. Son second long métrage, Miss Mona (1987), décrit sans concessions le quotidien d’un vieux travesti.
Succès critique mais échec en salles, le film vaut à Jean Carmet une nomination au César du meilleur acteur. Après Camomille (1988), sorti dans l’indifférence générale, Mehdi Charef se fait remarquer avec le touchant Au pays de Juliets (1992), récit croisé de trois femmes interprétées par Laure Dutilheul, Claire Nebout et Maria Schneider. Mais la carrière du film est modeste. C’est également le cas de Marie-Line (1999), drame social avec une Muriel Robin à contre-emploi, nommée au César de la meilleure actrice.
Dans les années 2000, Mehdi Charef espace les tournages et ne réalise que trois films dont La fille de Keltoum (2002) et Cartouches gauloises (sélection officielle Cannes 2007, hors compétition). Sa pièce 1962 – Le dernier voyage, mise en scène par Kader Boukhanef et Azize Kabouche, est jouée à Avignon en 2005. Son dernier film est Graziella (2015), dans lequel il dirige Rossy De Palma et Denis Lavant. Mehdi Charef est décédé le 10 juin 2026 à l’âge de 73 ans.