Béla Tarr

Réalisateur, Scénariste, Producteur
Le cheval de Turin de Béla Tarr

Personal Info

  • Nationalité : Hongrois
  • Date de naissance : 21 juillet 1955, à Pécs (Hongrie)
  • Date de décès : 6 janvier 2026

Biographie

Note des spectateurs :

Béla Tarr est un maître du cinéma hongrois. Radical, cinéaste de l’espace-temps, spécialiste du plan-séquence et génie du visuel, il est l’un des grands noms du cinéma d’art et essai des années 2000, découvert sur le tard, après plus de vingt ans de carrière. Sa mort à l’âge de 70 ans, en 2026, nous laisse orphelin d’un géant.

On le découvre en France en 2000 avec Les harmonies Werckmeister (11 000 entrées), d’après un roman de László Krasznahorkai : un chef-d’œuvre de mélancolie lui permettant de se bâtir une réputation solide auprès d’un public exigeant, qui retrouve dans son cinéma de l’Est une vision philosophique de l’homme dans un univers en ruine. Le film est présenté à la Quinzaine des Réalisateurs, à Cannes.

Pourtant Béla Tarr n’en est pas à son premier film. Son œuvre longue de plusieurs décennies a démarré dans les années 70, avec Le nid familial (1979), puis L’outsider en 1981.

Sátántangó, l’une des œuvres fleuves les plus importantes du 7e art

Son premier chef-d’œuvre est réalisé en 1988 avec Damnation, qui installe un style contemplatif qu’il maîtrisera de façon exponentielle sur Sátántangó, un film fleuve de 7h30, dystopie rurale d’une puissance picturale extraordinaire. À l’occasion de séances spéciales au Saint-André des Arts, le film sera montré à Paris en 2003, mais de façon très limitée. Certains le découvriront en DVD. L’éditeur Carlotta ressortira ce monument du septième art, en France, en 2020, à l’occasion d’une restauration en 4K.

Dans la foulée, en 2005, on découvre Damnation,proposé dans 5 salles par le distributeur des Harmonies Werckmeister (4 300).

Le cinéaste connaîtra un échec impitoyable en 2007 avec L’homme de Londres, sélectionné à Cannes. Le film est hué : les critiques tuent la réputation de cette adaptation de Simenon, qui passe inaperçue lors de son passage en salle, un an plus tard (6 100).

Le Cheval de Turin, l’œuvre testamentaire de Béla Tarr

Affecté par l’échec de ce film, Béla Tarr revient en 2011 avec son ultime long métrage, Le Cheval de Turin, une nouvelle apocalypse du terroir, qu’il annonce comme l’ultime projet cinématographique de sa carrière. S’il se retire de la caméra, il réalise un coup de maître, recevant notamment l’Ours d’argent au Festival de Berlin. Le Cheval de Turin est un autre chef-d’œuvre dans une carrière d’une cohérence totale. Le film réalise 20 000 entrées en France, malgré son caractère radical.

Las de se battre contre les aléas de la production de ses films, vidé par ses efforts de réalisation et l’intensité métaphysique de son œuvre, Béla Tarr se retire dans l’enseignement, ne revenant sur les devant de la scène qu’en 2016, en qualité de président du jury, au Festival de Marrakech.

La mort l’absorbe en 2026, lui l’athée au pessimisme infini. Son audace et ses visions demeureront au-delà des contingences cinématographiques.

Frédéric Mignard

Ils nous ont quittés en 2026

Filmographie (réalisateur)

1979 : Le Nid familial (Családi tűzfészek)
1981 : L’Outsider (Szabadgyalog)
1982 : Macbeth
1982 : Rapports préfabriqués (Panelkapcsolat)
1985 : Almanach d’automne (Őszi almanach)
1988 : Damnation (Kárhozat)
1994 : Le Tango de Satan (Sátántangó)
2000 : Les Harmonies Werckmeister (Werckmeister Harmóniák)
2007 : L’Homme de Londres (A Londoni férfi)
2011 : Le Cheval de Turin (A Torinói ló)

 

 

Satantango de Béla Tarr, affiche 2020

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