Après une traversée du désert télévisuelle, Gregg Araki revient au cinéma, avec la comédie érotique I want your sex à destination de la génération Z. Légère et consensuelle, le délire pop amusera les moins de 30 ans qui sauront se rassurer sur la thématique à la mode du consentement à laquelle l’auteur n’apporte pas grand-chose de neuf en dehors de sa réalité de divertissement savoureux.
Synopsis : Elliot, un jeune homme naïf en quête de sens, décroche le poste de ses rêves auprès d’Erika Tracy, artiste provocatrice et figure incontournable de la scène artistique. Lorsqu’elle décide de faire de lui sa « muse sexuelle », ses fantasmes les plus audacieux semblent devenir réalité. Mais cette relation l’entraîne bientôt dans un univers trouble où se mêlent désir, obsession, pouvoir, manipulation et trahison…
Après I want your sex de George Michael, le film de Gregg Araki
Critique : Gregg Araki, notre idole nihiliste des années 90, auteur de quelques-uns des meilleurs films indépendants de sa génération (Doom Generation, Nowhere) revient enfin à sa place, sur le grand écran, après un détour fâcheux par la série télévisée qui l’a écartée de nos écrans pendant. Araki n’ayant failli qu’une seule fois avec la comédie romantique ronflante Splendeur en 1999, on pouvait redouter son retour au genre 27 ans plus tard. Bonne nouvelle, I want your sex relève le niveau.
Cinéaste homosexuel transgressif fasciné par la jeunesse dégenrée, avant l’obsession médiatique pour les questions de genre, le cinéaste a toujours eu un temps d’avance sur son époque, y compris lorsqu’il abordait la thématique de la pédophilie dans son chef d’oeuvre Mysterious Skin. Avec I want your sex, le trublion du mauvais goût s’interroge sur la société actuelle, l’obsession du consentement qui régit les codes humains, au boulot comme dans les relations amoureuses provoquant refoulement, crainte de l’autre, et perte de la libido chez la génération Z qui n’a jamais aussi peu consommé de sexe au-delà de ses écrans. I want your sex leur est copieusement adressée.

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Emprise ou consentement, Gregg Araki rit de tout
Il ressort de son opus tardif une satire sexuelle et in fine amoureuse située dans un monde à part, celui du microcosme superficiel des artistes cotés qui brassent de l’air sur des idées farfelues, voire connes. Les dominations de pouvoir y brisent les lois de la bienséance, notamment dans la relation entre une patronne autoritaire et son employé soumis, défiant les lois du travail. Les deux personnalités que tout oppose se complètent. Elle, incarnée par Olivia Wilde jouissive de truculence, est une personnalité toxique qui expose sa prédation dans l’art contemporain. Lui, formidable Cooper Hoffman que l’on avait adoré dans Licorice Pizza, est son servile assisant, un joufflu hors des canons du milieu, malheureux au lit avec sa copine coincée de l’entre-jambe (Charli XCX, décidément éprise de cinéma, et excellente) ; il devient ainsi l’esclave sexuel de sa patronne en dépit de toutes les règles de déontologie, que les deux extrémistes du no-tabou bafouent dans leurs délires salaces, mais avec un consentement gourmand. A moins que le jeune homme ne soit que le prisonnier d’une forme d’emprise par l’autorité, la position sociale et le physique ensorcelant de sa prêtresse du cul qui lui fait perdre la raison. L’acceptation des jeux sexuels passe par l’humiliation du prolétaire qui s’en prend plein le derrière, au sens propre et figuré. C’est l’amour vache, dans une forme de méchanceté permissive et perverse qui devient acceptable tant les deux personnages, dans leurs kinks, se sentent irrémédiablement attirés l’un pour l’autre.

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La féministe Olivia Wilde, prédatrice sexuelle et expression d’un capitalisme abusif le temps d’un film
La comédie se cherche souvent dans son discours, condamnation ou hymne à l’emprise? La fascination pour le personnage à la sexualité débordante qu’incarne Olivia Wilde, qui représente pourtant tout ce que la société dénonce aujourd’hui, comme étant la forme la plus agressive du capitalisme, trouve in fine une raison morale d’être en toute fin, comme si Gregg Araki s’était bien assagi pour justifier ses éternels fantasmes de femmes castratrices qui ont toujours été éminemment plus intéressants que les personnages masculins souvent bouffons qui ont jalonné son œuvre.
Du niveau fanfaron de Smiley face et Kaboom, avec son obsession pour le sexe de ses premières œuvres retrouvées, I want your sex interroge sans trop donner de réponses, comme si Gregg Araki embrassait le puritanisme ambiant tout en prétendant l’inverse. Friandise acidulée au plaisir immédiat, son dernier délire est un plaisir de chaque instant dont on ne gardera pas un souvenir impérissable faute d’un discours clair et implacable.
Les sorties de la semaine du 29 juillet 2026
Notre interview de Gregg Araki

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Mots clés :
Comédies trash, Le consentement au cinéma, L’emprise au cinéma, Cinéma français – CinéDwellerhttps://cinedweller.com/movie_tag/2026, Cinéma indépendant américain
Fiche technique et artistique d’I Want Your Sex
- Réalisateur : Gregg Araki
- Acteurs : Olivia Wilde, Cooper Hoffman, Mason Gooding, Johnny Knoxville, James Duval, Chase Sui Wonders, Margaret Cho, Roxane Mesquida, Charli XCX, Daveed Diggs, Christian Wilde, George Todd McLachlan, Miki, Kent Navarrette, Coda Li Macus, Chrysti Smith
- Date de sortie : 29 Juil 2026 / Année de production : 2026
- Nationalité : Américain / Titre original : I want your sex
- Scénaristes : Karley Sciortino, Gregg Araki
- Compositeur : James Clements
- Directeur de la photographie : Tucker Korte
- Monteurs : Gregg Araki, Victor de la Parra
- Cheffe décorateur : Angelique Clark
- Directrice de casting : Angelique Clark
- Cheffe costumière : Arianne Phillips, Monica Chamerlain
- Superviseurs musicaux : Bruce Gilbert, Lauren Marie Mikus
- Assistants réalisateurs : Tim Neven, Colin O’Rourke
- Producteurs : Teddy Schwarzman, Michael Heimler, Courtney L. Cunniff, Seth Capaln
- Coproducteurs : Beau J. Genot, Ezra Venetos, Tom Lee
- Producteurs exécutifs : Joanne Roberts Wiles, John Friedberg, Andrew Golov
- Sociétés de production : Desperate Pictures, Black Bear
- Distributeurs : Metropolitan FilmExport (France), Magnolia Pictures (Etats-Unis)
- Editeur vidéo : Metropolitan Vidéo / Date de sortie vidéo : Deuxième semestre 2026
- Formats : 5.1
- Classification / Visa : Interdit aux – de 12 ans (CNC), -12 (ARCOM) / 167 483
- Festivals : Sundance Film Festival (USA, 2026), Miami Film Festival (USA, 2026), Wisconsin Film Festival (USA, 2026), Florida Film Festival (USA, 2026), Sarasota Film Festival (USA, 2026), Milwaukee Film Festival (USA, 2026), PFS SpringFest (USA, 2026), Independent Film Festival Boston (USA, 2026), Indianapolis Film Festival (USA, 2026), Atlanta Film Festival (USA, 2026), Seattle International Film Festival (USA, 2026), Berkshire International Film Festival (USA, 2026), NewFest (USA, 2026), Provincetown International Film Festival (USA, 2026), deadCenter Film Festival (USA, 2026), Frameline San Francisco International LGBTQ Film Festival (USA, 2026), OutfestNext (USA, 2026), Sydney Film Festival (Australie, 2026), Melbourne International Film Festival (Australie, 2026), Edinburgh International Film Festival (Royaume-Uni, 2026)
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