Oslo, 31 août : la critique du film (2012)

Drame, Drame psychologique | 1h36min
Note de la rédaction :
9/10
9
Affiche de Oslo, 31 août de Joachim Trier

  • Réalisateur : Joachim Trier
  • Acteurs : Anders Danielsen Lie, Renate Reinsve, Eskil Vogt, Ingrid Olava, Hans Olav Brenner
  • Date de sortie: 29 Fév 2012
  • Année de production : 2011
  • Nationalité : Norvégien, Danois, Suède
  • Titre original : Oslo, 31. august
  • Titres alternatifs : Oslo, August 31st (Canada, Finlande, Royaume-Uni, États-Unis, Pays-Bas, Australie, Israël, Indonésie, Inde, Thaïlande, Monde), Όσλο, 31 Αυγούστου (Grèce), Oslo, 31 de Agosto (Brésil, Portugal), Oslo 31 augusti (Suède), Oslo, 31 sierpnia (Pologne), Oslo, 31 de agosto (États-Unis, Espagne, Mexique), Oslo, 31 Ağustos (Turquie), Oslo, augusztus (Hongrie), Oslo, 31. avgusta (Slovénie), 八月三十一日,我在奧斯陸 (Taïwan), Oslo, 31. August (Allemagne), Осло, 31-го августа (Russie), 八三一斷魂曲 (Hong Kong), Осло, 31 август (Bulgarie), オスロ、8月31日 (Japon), Осло, 31 серпня (Ukraine), 오슬로, 8월 31일 (Corée du Sud), Oslo, Ngày 31 Tháng 8 (Viêt Nam)
  • Casting : Anders Danielsen Lie, Malin Crépin, Aksel Thanke, Hans Olav Brenner, Ingrid Olava, Øystein Røger, Tone Beate Mostraum, Kjærsti Odden Skjeldal, Petter Width Kristiansen, Emil Lund, Johanne Kjellevik Ledang, Renate Reinsve, Andreas Braaten, Anders Borchgrevink, Lennart Anker, Anna Liljeroth, Line Eikenes, Arne Rasmussen, Sofi Espeland, Bente Solberg, Christian Kalager, Anne Spjelkavik, Tore Johan Knudsen, Bjorn Christian Ruud Endresen, Iselin Steiro, Julia Pihlstrom, Theodor Kleven Svendsen, Elin Gunnarsdotter Sandvik, Maud Amalie Rasmussen, Clara Saenger, Sara Saenger, Bente Flygind, Caroline Vagle, Hege S. Heiberg, Martine Myking, Maja Sørbø, Martni Sternberg, Christian Shillington, Dennis Eriksen, Kaja Nordang, Anja Basma, Marna Haugen, Fredrik Stabenfeldt, Caroline Lea, Lars Anders Tomter, Åse Marie Hole, Anders Kemp, Bettina Fleischer, Henriette Kverneng Johansen, Henrik Langeland, Espen Eik, Trine Sandbraaten, Hagla, Torgny Amdam, Gudrun Austli, Hans Petter Blad, Magnus Castracane, Julie Forchhammer, Marita Holmeset-Varpe, Eskil Vogt, Elisabeth Tverrli, Christine Knaben, Therese Naustdal, Hanne Cecilie Nilsen.
  • Scénariste(s) : Eskil Vogt, Joachim Trier
  • D'après le roman "Le feu follet" de Pierre Drieu La Rochelle (Gallimard, 1931)
  • Compositeur : Ola Flottun
  • Directeur de la photographie : Jakob Ihre
  • Monteur : Olivier Bugge Coutté
  • Chef décorateur : Jorgen Stangebye Larsen
  • Chef costumier : Ellen Daehli Ystehede
  • Directeur de casting Christian Rubeck
  • Scripte : Aslaug Konradsdottir
  • Premier assistant réalisateur : Hans-Jørgen Osnes
  • Producteurs : Sigve Endresen, Hans-Jørgen Osnes, Yngve Sæther
  • Société de production : Motlys, Don't Look Now, Norsk Filminstitutt, Nordisk Film & TV-Fond, Storyline Studios, Norsk Filmdistribusjon, Norsk Rikskringkasting (NRK), Danmarks Radio (DR), Sveriges Television (SVT), ARK, Norsk Filminstitutt (NFI)
  • Distributeur : Memento Distribution
  • Distributeur (reprise ) : Memento Distribution
  • Date de sortie (reprise) : 06 août 2025
  • Editeur vidéo : Memento Distribution
  • Date de sortie vidéo : 3 juillet 2012
  • Budget : -
  • Box-office France / Paris-Périphérie : 141 424 entrées / 65 558 entrées
  • Box-office nord-américain / monde : 101 475 $ / 1 481 665 $
  • Classification / Visa : Tous publics / 132292
  • Formats : 1.85:1 / Couleur (DCP) / Dolby Digital
  • Festivals : Cannes Film Festival 2011, La Rochelle Film Festival 2011, Arras Film Festival 2011, Pau International Film Festival 2011, Les Arcs International Film Festival 2011, Angers European First Film Festival 2012 (France) ; Toronto International Film Festival 2011 (Canada) ; Helsinki International Film Festival 2011 (Finlande) ; Athens Film Festival 2011 (Grèce) ; Reykjavik International Film Festival 2011, Reykjavik International Film Festival 2021 (Islande) ; Gent International Film Festival 2011 (Belgique) ; São Paulo International Film Festival 2011 (Brésil) ; Stockholm International Film Festival 2011 (Suède) ; Sundance Film Festival 2012, New Directors/New Films 2012, RiverRun International Film Festival 2012, San Francisco International Film Festival 2012, Wisconsin Film Festival 2012, Seattle International Film Festival 2012, New York City (Festival) 2012 (États-Unis) ; International Film Festival Rotterdam 2012 (Pays-Bas) ; Istanbul Film Festival 2012 (Turquie) ; Taipei Golden Horse Film Festival 2012 (Taïwan)
  • Nominations : Meilleur film étranger (César, 2013), 6 nominations aux Amanda Awards (Norvège, 2012), 7 Prix au Kosmorama, Trondheim Internasjonale Filmfestival (Norvège, 2012)
  • Récompenses : 2 Prix dont Meilleurs Film au Festival de Stockholm (2011), Mention Spéciale au Lisbon Film Festival (2011), Meilleur film et Meilleur montage aux Amanda Awards (Norvège 2012), Meilleur film européen (Festival del Cinema Europeo, 2012), Prix Spécial du Jury, Istanbul Film Festival (Turquie, 2012), Meilleur film étranger (Ole Awards, 2012)
  • Illustrateur/Création graphique : © Tous droits réservés / All rights reserved
  • Crédits : © 2011 Motlys. All Rights Reserved. © 2012. Memento Films. Tous droits réservés / All rights reserved
  • Attachés de presse : Matilde Incerti, assistée de Jérémie Charnier
Note des spectateurs :

Libre adaptation du Feu follet de Drieu La Rochelle, Oslo, 31 août est une remarquable plongée au cœur de la dépression d’un jeune homme mû par un désir irrépressible de suicide. Tétanisant.

Synopsis : En fin de cure de désintoxication, Anders se rend en ville pour une journée, à l’occasion d’un entretien d’embauche. Il en profite pour renouer avec sa famille et ses amis, perdus de vue. Une lutte intérieure s’engage en lui, entre un profond sentiment de gâchis face aux occasions manquées, et l’espoir d’une belle soirée et, peut-être, d’un nouveau départ…

Anders Danielsen Lie dans Oslo 31 août

© 2011 Motlys. All Rights Reserved.

Critique : Cannes 2012. Un Certain Regard. Les critiques et le public raffolent d’Oslo, 31 août. Un film pudique sur la dépression, le mal être irrépressible d’un jeune de son époque qui pourrait avoir tout pour être heureux. Mais le mental a des cassures auxquelles parfois la raison échappe.

Dissipons immédiatement un éventuel malentendu. Oui, le second film du norvégien Joachim Trier met en scène un jeune homme qui se prénomme Anders. Oui, ce personnage est au bout du rouleau et songe à une solution extrême pour s’évader de la médiocrité du monde moderne. Non, il ne s’agit en aucun cas d’une référence à Anders Breivik et au massacre survenu quelques mois avant la sortie d’Oslo, 31 août. Le film de Joachim Trier était terminé depuis longtemps et il s’agit donc d’un pur hasard. D’ailleurs, la comparaison ne tient absolument pas la route puisque Breivik agissait pour des motifs politiques alors que le personnage principal d’Oslo, 31 août est davantage empêtré dans des problèmes intimes où l’autre n’a pas vraiment sa place. Chronique d’un mal-être, le long-métrage est d’ailleurs largement inspiré du Feu follet, roman de Drieu La Rochelle écrit en 1931, déjà adapté au cinéma par Louis Malle en 1963.

Ingrid olava dans Oslo, 31 août

© 2011 Motlys. All Rights Reserved.

Le cinéaste reprend la structure du court roman qui évoque à la fois les dernières heures d’un homme au bout du rouleau et le secret désespoir qui le ronge. Ici, le réalisateur concentre toute l’intrigue sur une journée et une nuit, permettant au personnage qui sort tout juste d’une cure de désintoxication de rencontrer d’anciennes connaissances, des amis et des membres de sa famille. Alors que le début du film ne laisse aucune ambiguïté quant à la volonté du jeune homme d’en finir, les séquences centrales laissent planer un doute quant à l’issue du métrage. Par le jeu des rencontres, le cinéaste dresse le portrait-robot d’un jeune atteint d’un mal profond : le fameux spleen baudelairien. Rien dans sa vie ne justifie cette volonté d’autodestruction : ses parents semblent à l’écoute et tolérants, sa situation financière n’est pas mauvaise, ses talents d’écriture sont reconnus par son entourage et la société l’encadre avec beaucoup de sollicitude. Pourtant, Anders s’abîme dans la dépression sans pouvoir l’expliquer et ce mal le ronge inexorablement.

L’ombre de Bresson plane sur Oslo, 31 août

Après une première heure où plane l’ombre de Robert Bresson (et plus particulièrement du méconnu Le diable probablement) avec une absence de musique et un ascétisme de la réalisation qui correspondent à l’état de mort vivant du personnage, la dernière demi-heure est dotée d’un montage plus découpé et d’effets de style plus tape-à-l’œil afin de faire ressentir le vertige qui s’empare d’Anders. L’ultime séquence, par son ambiance intime et apaisée, achève pour de bon un spectateur déjà mis à rude épreuve par une œuvre hautement dépressive. Peu d’espoir et de lumière, donc, dans ce second long-métrage absolument remarquable où suinte à chaque seconde un mal de vivre indescriptible. Mais ceux qui feront l’effort de visiter les ténèbres de ce petit bijou en sortiront avec le sentiment d’avoir vu un très grand film.

D’ailleurs. Plus d’une décennie plus tard, il s’agit encore du chef d’œuvre de son auteur, malgré la consécration cannoise avec des bijoux comme Julie (en 12 chapitres) et Valeur sentimentale. D’ailleurs, à l’occasion de la sortie de celui, en août 2025, le distributeur Memento a eu l’excellente idée de reprendre Oslo, 31 août… un 6 août. Cela ne s’invente pas

Avec 141 000 entrées au box-office en 2012, Oslo, 31 août avait fait des ravages dans le circuit art et essai en son temps, avec une longévité de quatre mois sur la France. Après une première semaine à 38 000 entrées, le métrage s’est magnifiquement stabilisé (29 000 en 2e, 25 000 en 3e…), démontrant l’amour exceptionnel du public pour sa mélancolie lunaire.

Critique de Virgile Dumez

Les sorties de la semaine du 29 février 2012

Affiche de Oslo, 31 août de Joachim Trier

© 2012 Memento Distribution. Tous droits réservés.

Biographies +

Joachim Trier, Anders Danielsen Lie, Ingrid Olava, Hans Olav Brenner Renate Reinsve, Eskil Vogt

Les mots clés :

La dépression au cinéma, Cinéma norvégien, César 2012, Les succès de l’année 2012 

Affiche américaine d'Oslo 31 août

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Affiche de Oslo, 31 août de Joachim Trier

Bande-annonce d'Oslo, 31 août

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