Gérard Barray fut pendant plusieurs années la vedette d’un cinéma de cape et d’épée à la française, dans des productions signées Bernard Borderie, Pierre Gaspard-Huit ou Robert Siodmak.
Un acteur élégant sur les traces de Jean Marais
Acteur français, Gérard Barray a été formé au cours Simon. Il débute sur scène en tant que pianiste de jazz, chanteur puis comédien de théâtre. Il est notamment dirigé par Jean Cocteau dans une reprise de sa pièce L’Aigle à deux têtes (1955-56) au théâtre Sarah Bernhardt, aux côtés d’Edwige Feuillère, reprenant le rôle créé par Jean Marais. Le cinéma fait d’abord appel à lui pour des rôles secondaires, gigolo dans Chantage (1955) de Guy Lefranc, ou notaire dans L’eau à la bouche (1960) de Jacques Doniol-Volcroze.
Fringant trentenaire, Gérard Barray devient une vedette du film de cape et d’épée à la française, tentant de reprendre, là aussi, le flambeau d’un Jean Marais vieillissant. Les deux acteurs sont d’ailleurs à l’affiche dans Le capitaine Fracasse (1961) de Pierre Gaspard-Huit. Dans le genre, la nouvelle star joue aussi dans Les trois mousquetaires (1961), Le chevalier de Pardaillan (1962) et Hardi Pardaillan ! (1964) de Bernard Borderie, ainsi que Scaramouche (1963) d’Antonio Isasi-Isasmendi.
Une carrière discrète à partir des années 70
Il tourne également pour Robert Siodmak (Le mercenaire de Rio Grande, 1965) et le duo Sergio Bergonzelli-Roy Rowland (Surcouf, le tigre des sept mers, 1966). Le filon s’épuise au milieu de la décennie mais l’acteur tente une reconversion dans le polar, incarnant notamment San Antonio dans Sale temps pour les mouches (1966) et Béru et ces dames (1968) de Guy Lefranc. Mais le résultat ne convainc guère, de même que son incursion dans le giallo avec Week-end pour Elena (1970) de Julio Diamante.
Gérard Barray espace ses apparitions à partir des années 70, jouant occasionnellement pour le cinéma, la télévision et le théâtre. Installé en Espagne avec son épouse, l’actrice et danseuse Teresa Lorca, le comédien se consacre à l’immobilier et sa vie de famille. On le retrouve, vieilli, en animateur dans Ouvre les yeux (1997) d’Alejandro Amenábar, et en officier dans Sexy Beast (2000) de Jonathan Glazer. Il se retire en 2006. Gérard Barray, né Baraille, est décédé le 15 février 2024 à l’âge de 92 ans.