Acteur, chanteur, scénariste et réalisateur hongkongais, puis chinois, Leslie Cheung est né en 1956 à Hong Kong dans le quartier de Kowloon. Le jeune garçon qui a une enfance assez malheureuse à cause d’un père violent étudie à Rosaryhill School à Hong Kong. Finalement, comme il est doué en anglais, il est envoyé en pension en Angleterre où il parfait sa connaissance de la langue, tout en subissant du racisme. Mais le jeune homme aux tendances bisexuelles doit revenir à Hong Kong pour aider sa famille en difficulté financière, alors qu’il n’a pas terminé son cursus universitaire.
Leslie Cheung, pionnier de la cantopop
Finalement, à l’université de Hong Kong, Leslie Cheung monte un groupe de musique et se découvre des talents de chanteur qu’il va faire fructifier en devenant l’un des pionniers de la cantopop. Vers la fin des années 70, il échoue à convaincre le public asiatique, mais rencontre un énorme succès à partir de 1982. Dès lors, il devient une immense star de la chanson, allant jusqu’à publier une quarantaine d’albums.
Parallèlement, le jeune artiste souhaite devenir acteur, mais le cinéma ne semble guère lui offrir que des rôles dans des films pour ados. Il commence à rencontrer le succès avec Nomad (Patrick Tam et Terry Kay-Ming Tong, 1982) dont il tient le haut de l’affiche. A partir de 1984, il confirme son statut de star de la chanson asiatique, mais ne trouve toujours pas de rôles intéressants au cinéma.
La révélation cinéma du milieu des années 80
Il doit patienter jusqu’à sa rencontre avec le cinéaste John Woo qui le sollicite pour Le Syndicat du crime (1986), un triomphe international. L’année 1987 confirme son aura de comédien puisqu’il joue dans Le Syndicat du crime 2 (John Woo, 1987), mais aussi dans Histoires de fantômes chinois (Ching Siu-Tung, 1987) et le plus artistique Rouge (Stanley Kwan, 1987).
Ensuite, on le revoit dans Histoires de fantômes chinois II (Ching Siu-Tung, 1990) et il fait la rencontre du cinéaste Wong Kar-Wai avec qui il tourne Nos années sauvages (1990), puis Les Cendres du temps (1994) et Happy Together (1997). A partir du début des années 90, l’artiste se consacre de plus en plus à sa carrière d’acteur et trouve encore un emploi majeur dans Adieu ma concubine (Chen Kaige, 1993) où il se révèle incroyable. Le métrage décroche d’ailleurs la Palme d’or au Festival de Cannes.
Puis Leslie Cheung est encore excellent dans Le Festin chinois (Tsui Hark, 1995), Temptress Moon (Chen Kaige, 1996), puis dans le ratage Piège à Hong Kong (Tsui Hark, 1998) avec Jean-Claude Van Damme.
Marqué par une dépression chronique, l’artiste bisexuel connaît une phase compliquée avec son compagnon au début des années 2000 et il finit par sauter du vingt-quatrième étage d’un building hongkongais. Leslie Cheung décède en 2003 à l’âge de 46 ans. Il restera comme une immense star asiatique. En outre, il fut l’une des premières personnalités chinoises à effectuer son coming out en 1997.