Venise n’est pas en Italie : la critique du film (2019)

Comédie | 1h35min
Note de la rédaction :
7/10
7
Affiche Venise n'est pas en Italie

Note des lecteurs

Sur fond de road-movie burlesque, un comédie familiale pleine de tendresse et de dérision autour de l’hérédité et de l’accomplissement de soi.

Synopsis : La famille Chamodot est fantasque et inclassable. Bernard, le père, un peu doux-dingue, fait vivre tout le monde dans une caravane, et la mère, Annie teint les cheveux de son fils Émile en blond, parce que, paraît-il, il est plus beau comme ça !!! Quand Pauline, la fille du lycée dont Émile est amoureux, l’invite à Venise pour les vacances, l’adolescent est fou de joie. Seul problème, et de taille, les parents décident de l’accompagner avec leur caravane, pour un voyage aussi rocambolesque qu’initiatique.

Critique : Venise n’est pas en Italie est d’abord un roman écrit par Ivan Calbérac lui-même, puis une pièce de théâtre qui permet de dévoiler l’ampleur du talent de Thomas Solivérès, capable d’endosser à lui seul une douzaine de rôles.

Pour l’adaptation cinématographique, le réalisateur/scénariste abandonne le dialogue intérieur du héros principal et glisse d’un récit centré sur un adolescent à l’histoire d’une famille, même si ce dernier en reste le pivot. Confronté à des personnages ou à des évènements qui contrarient ses projets, il apprend à grandir et à se métamorphoser.

Une belle famille …déjantée.

 Si Calbérac s’amusait à opposer les générations avec L‘étudiante et Monsieur Henri, quatre ans plus tard, il n’a rien perdu de sa façon de mettre dos à dos les classes sociales et créer, à partir de situations enchevêtrées, de fantaisie et de rire. Emile, (à qui le jeune Hélie Thonnat apporte un charme indéfinissable, issu d’un mélange de timidité et de maladresse), du haut de ses 15 ans, est un élève brillant. Il aime ses parents qui veulent le meilleur pour lui.

Pourtant, coincé entre un père plutôt déjanté, une mère ultra-protectrice (Benoit Poelvoorde et Valérie Bonneton animés d’une énergie et d’un grain de folie réjouissants) et un frère (le magnétique Eugène Marcuse dont la gouaille et la gueule d’ange devraient largement séduire le public féminin) toujours prêt à en découdre, il rêve d’une famille comme celle de son amie Pauline, une famille chic où l’on joue de la musique classique, où la rigueur est de mise et les débordements affectifs bannis.

Honte du père, honte de la mère.

Car il faut bien l’avouer, Emile a quand même un peu honte de ses parents. Aussi, quand Pauline lui propose de venir assister à un concert qu’elle doit donner à Venise, il n’hésite pas. Mais sa joie est de courte durée. Car ses parents décident de l’accompagner et de se lancer dans un voyage impropable avec la caravane bien sûr. Leur rencontre avec le père de Pauline sera prétexte à quelques malentendus, porteurs d’une bonne dose d’humeur joyeuse.

 Mais Venise n’est pas en Italie décrit avant tout une famille française moyenne attachante, celle dans laquelle chacun d’entre nous pourra retrouver un morceau de son histoire, celle qui rend hommage à la vertu des liens familiaux, quels qu’ils soient.

Un agréable divertissement, aux personnages bien campés.

Entre poésie et ironie, à travers cette famille dysfonctionnelle se profile le thème plus sérieux de l’impact de l’éducation sur l’épanouissement (ou non) d’une vie. Comment garder de son éducation, de son héritage familial ce qui est bon pour nous et laisser de côté le reste ? Ce détour par des voies inattendues fait tout le charme de cette histoire que son auteur reconnaît partiellement autobiographique, ce qui sans doute lui confère ce sentiment d’authenticité.

Pourtant, l’espace d’un instant, on peut imaginer qu’emporté par son amour de la facétie, il en a sans doute grossi le trait. Car soumis à une loufoquerie perpétuelle, il arrive que le l’ensemble prenne une tournure caricaturale, heureusement atténuée par la saveur doucement acidulée qui fait de ce film un peu fou et plein d’amour, efficacement soutenu par des personnages bien campés et des péripéties rocambolesques, un agréable divertissement.

Critique de Claudine Levanneur

Toutes les sorties du 29 mai 2019

Trailers & Vidéos

trailers
x
Affiche Venise n'est pas en Italie

Bande-annonce Venise n'est pas en Italie

Comédie

x