Spy : la critique du film (2015)

Comédie | 2h00min
Note de la rédaction :
7/10
7
Affiche de Spy de Paul Feg

  • Réalisateur : Paul Feig
  • Acteurs : Jude Law, Jason Statham, Rose Byrne, Melissa McCarthy
  • Date de sortie: 17 Juin 2015
  • Nationalité : Américain
  • Scénariste : Paul Feig
  • Sociétés de production : Feigco Entertainment, Twentieth Century Fox
  • Distributeur : Twentieth Century Fox
  • Editeur vidéo : Fox Pathé Europa, Twentieth Century Fox Home Entertainment
  • Date de sortie DVD & blu-ray : Octobre 2015
Note des spectateurs :
[Total : 1   Moyenne : 3/5]

Pastiche du film d’agent secret truculent, Spy est dominé par la bourrasque comique Melissa McCarthy qui impose sa bonne humeur au cœur d’un casting de premier choix, composé de Jason Statham et Jude Law !

Synopsis : Susan Cooper est une modeste et discrète analyste au siège de la CIA. Héroïne méconnue, elle assiste à distance l’un des meilleurs espions de l’agence, Bradley Fine, dans ses missions les plus périlleuses. Lorsque Fine disparaît et que la couverture d’un autre agent est compromise, Susan se porte volontaire pour infiltrer le redoutable univers des marchands d’armes et tenter d’éviter une attaque nucléaire…

Rose Byrne et Melissa McCarthy dans Spy de Paul Feig

© Twentieth Century Fox

Critique : En France, certains grognaient déjà à l’idée du film. Spy n’était-il pas une comédie d’espionnage à gros budget, certes, mais avec une actrice du Saturday Night Live (humour peu partagé par les Français), au surpoids et à la gouaille d’une Amérique trumpienne ? La star, c’était Melissa McCarthy, vue dans Mes meilleures Amies et Very Bad Trip 3, comédienne incapable de décrocher un succès personnel en France (le flop d’Arnaque à la carte), souvent réduite au DTV (Tammy, St Vincent, Mère incontrôlable à la fac, The Boss), probablement en raison de l’enfilade de stéréotypes bon marché à laquelle son seul nom était associé.

Spy sera son plus gros succès personnel en France avec 785 000 entrées, loin devant le buddy movie avec Sandra Bullock, Les flingueuses, que les Français avaient boudé en 2013 malgré un énorme succès américain.

Dans cet action flick décapant, Melissa McCarthy joue largement de son image si populaire aux USA, s’improvisant agent de la CIA, malgré sa surcharge calorique, dans des situations létales James Bondesques, où elle devra rivaliser de courage et de prouesses physiques, déguisée en spectatrice de talk show et en femme à chat. Un déguisement imparable au milieu des voyous et des espions machos, dont Jason Statham hilarant de machisme primaire.

 

Le stéréotype est le moteur comique du nouveau film de Paul Feig (Mes meilleures amies) ; il s’amuse tout particulièrement en se mettant du côté du genre féminin, puisqu’en contrepartie du personnage peu glamour joué par McCarthy, le cinéaste donne une part importante à Rose Byrne en méchante maigrelette, mais sexy en diable dans les tenues de haute couture qu’elle arbore. L’actrice, aussi présente dans Mes Meilleures ennemies, s’éclate à jouer la garce qui n’épargne aucune vie sur son passage quand celle-ci se sent déçue par l’efficacité de sa garde rapprochée. Amenée à côtoyer l’héroïne « undercover », elle forme avec l’agent un duo féminin aux antipodes, souvent hilarante dans ses pics méprisants à l’égard de cette femme grosse, pauvre et mal fagotée, qui représente tout le contraire de ce qu’elle aime incarner avec froideur.

En mettant en situation cette association un brin sexiste, Paul Feig démontre une fois de plus son refus de jouer la carte de la subtilité. Point d’esprit ici, mais des grossièretés débitées à un flot super-sonique par McCarthy, toujours en forme quand elle se lâche. On se souvient particulièrement de sa collaboration mémorable avec le cinéaste sur Les Flingueuses cité plus haut, qui peut paraître, avec du recul, comme un classique du buddy movie au féminin.

 

Spy, particulièrement politiquement incorrect, surtout dans sa version longue proposée en DVD et blu-ray, ose aussi des scènes trash, à la fois dans le gore (quelques plans surprenants mettant en scène des effets sanglants inattendus), ou dans le sexe (des inserts de pénis en érection, une première dans un film de ce genre à Hollywood ?). Feig l’intrépide aime l’incongruité, l’absurde, les gags cataclysmiques, même si on n’est pas dans le pastiche pur à la Y-a-t-il un flic pour sauver la reine?. Le succès global du film (plus de 230 millions de dollars de recettes dans le monde) est largement compréhensible.

Frédéric Mignard

Les sorties de la semaine du 17 juin 2015

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© Twentieth Century Fox

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