Scary Stories : la critique du film (2019)

Epouvante, Fantastique, Teen movie | 1h50min
Note de la rédaction :
6.5/10
6.5
Scary stories de André Øvredal, l'affiche épouvantail

  • Réalisateur : André Øvredal
  • Acteurs : Zoe Margaret Colletti, Michael Garza, Gabriel Rush, Austin Abrams, Dean Norris
  • Date de sortie: 21 Août 2019
  • Nationalité : Américain
  • Titre original : Scary Stories to Tell in the Dark
  • Co-scénariste et co-producteur : Guillermo del Toro
  • Distributeur : Metropolitan FilmExport
  • Éditeur vidéo : Metropolitan FilmExport
  • Date de sortie blu-ray :
  • Box-office France / Paris-périphérie :
  • Box-office USA :
  • Classification : Tous publics - Avertissement : des scènes, des propos ou des images peuvent heurter la sensibilité des spectateurs
Note des lecteurs

Après Troll Hunter et The Jane Doe Identity, le Norvégien André Øvredal revient avec Scary Stories, un film d’épouvante co-écrit et produit par Guillermo del Toro. Après son Oscar pour La forme de l’eau, le maître de l’épouvante latine (Mimic, L’échine du diable) ne s’est toujours pas assagi, même si le discours et la forme sont policés. C’est ce que l’on aime chez lui, et c’est ce que l’on retrouve chez Øvredal, électron libre et cinéaste nauséeux par moment, qui n’a pas abandonné ses obsessions d’un certain cinéma de genre. Toutefois, le résultat, marqué par la compétence des deux auteurs, est à réserver aux 12-15 ans. On explique…

Synopsis : Dans un manoir abandonné, un groupe de jeunes trouve un livre qui raconte des histoires terrifiantes. Mais cette trouvaille n’est pas sans conséquence : la lecture du livre permet à ses effroyables créatures de prendre vie… La petite ville va alors faire face à une vague de morts particulièrement atroces, et chacun devra affronter ses pires peurs pour sauver les habitants et arrêter ce carnage.

Critique : Tous publics, avec avertissement. Ne cherchez pas plus loin, vous avez là l’information essentielle au sujet de ces Scary Stories to tell in the dark, de celles qui définissent un film et ré-orientent son public.

Afficiche teaser insecte de Scary Stories

© Metropolitan Film Export – CBS Films – E One Entertainment

Scary Stories, le Stranger things de l’épouvante?

Il s’agit donc de l’avant-dernière production de CBS Films, qui a décidé d’arrêter les frais en jetant l’éponge après une décennie d’échecs, malgré le succès de cette production aux USA, qui a réalisé le meilleur démarrage pour un film estampillé CBS. Il faut dire que, contrairement au terrifiant Midsommar, proposé en France par le même distributeur, Metropolitan FilmExport, le public n’est pas le même ; il est même plus large que la plupart des films d’épouvante, puisque ces histoires de peur s’adressent essentiellement aux adolescents, voir adolescentes, au vu de la fréquentation américaine. Metro ne s’y est pas trompé et a orienté son affiche finale, loin du macabre des affiches teasers (l’épouvantail, la dame monstrueuse de l’hôpital, l’éclosion de l’insecte sous la peau), en plagiant magnifiquement l’esprit d’une certaine série Netflix, Stranger Things. Cette dernière étant déjà dans l’esprit des productions pour adolescents des années 80… vous ferez aisément le pont.

Donc Scary Stories est tous publics, un peu comme les ouvrages d’Alvin Schwartz qui ont pourtant régulièrement défrayé la chronique aux USA, car étant trop violents, au goût des mères conservatrices et des établissements scolaires, pour leur public cible : les adolescents. Et ce, en particulier au regard des illustrations qui accompagnaient les différentes histoires de l’auteur décédé en 1992, à l’âge de 64 ans. CBS a d’ailleurs réorienté le script original de Guillermo del Toro de l’adaptation (CBS ont acquis les droits de bouquin au début de la décennie, et Del Toro envisageait de réaliser le projet en 2016). Il s’agissait de  polir ses idées. Idem pour les interventions d’écriture de Marcus Dunstan et Patrick Melton, que l’on connaît pour leurs films d’horreur gore (The Collector, Feast), leurs idées ont été mises à mal. Kevin et Dan Hageman (les films Lego, Hôtel Transylvanie 3) adoucissent le ton, qui sera celui du film actuel.

Scary Stories : gare aux montres

© Metropolitan Film Export – CBS Films – E One Entertainment – Photo credit: George Kraychyk

A tout âge son spectacle.

Le résultat est loin d’être médiocre pour autant, quand on remet les choses à leur place. Si on admet qu’il ne peut s’agir d’une production pour adultes, l’on remarquera les efforts réels du réalisateur scandinave du documenteur Troll Hunter, et surtout du malaisant The Jane Doe identity, André Øvredal. Ce dernier est loin d’être le plus innocent et le plus déficient des cinéastes. Son goût pour la série B n’est pas à remettre en cause et il a toujours eu un talent pour extirper le meilleur des petits budgets qui lui étaient alloués. D’ailleurs, contrairement aux productions Blumhouse, de l’argent, il y en a l’écran, et CBS Films en a mis beaucoup dans le développement sur le long terme de cette aventure. On parle d’un budget de 28 millions de dollars, loin des 5-10 dollars des ghost-stories dans l’air du temps.

Et donc, cette histoire d’ados lisses des années 60, par une nuit d’Halloween, sorte de successions de sketchs autour des phobies des uns et des autres qui se matérialisent à l’écran (cette confrontation des peurs étant le thème même d’un certain Ça, de Stephen King, auquel on pense immédiatement, de par la texture de l’image, l’époque…), est des plus avenantes à suivre. L’atmosphère entre celle des sixties, des années 80, et notre époque contemporaine, est dûment posée. Dans le macabre, le film se pose joliment, avec une litanie de créatures monstrueuses loin d’être grotesques, et même plutôt infernales, notamment pour l’une d’entre elle, aux membres désarticulés, totalement dantesque. Forcément, c’est attrayant pour la cible du spectacle. Même si les adultes trouveront ce récit de vengeance d’outre-tombe et de manuscrit maudit totalement dénué d’originalité, les plus jeunes y verront au contraire, matière à trouver un certain sens à leur cauchemar qu’ils savoureront dans le plaisir des expériences collectives. Aussi, n’attendez pas désapprobation de notre part quand un spectacle affirme avec dévotion des objectifs bien réalisés.

On soulignera par conséquent la réussite de l’ensemble pour les 12-15 ans. En revanche, au-delà de cet âge, cette production Guillermo del Toro restera un bel hommage ultra référencé qui péchera par son manque de personnalité et d’intensité dans son suspense.

Critique : Frédéric Mignard

Les sorties de la semaine du 21 août 2019

Scary Stories, affiche française définitive

© Metropolitan FilmExport – CBS Films – EOne Entertainment / Graphisme : Benjamin Seznek – Troïka

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Scary stories de André Øvredal, l'affiche épouvantail

Bande annonce de Scary Stories

Epouvante, Fantastique, Teen movie

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