Poissonsexe : la critique du film (2020)

Comédie romantique, Science-fiction | 1h28min
Note de la rédaction :
6,5/10
6,5
Poissonsexe, l'affiche

  • Réalisateur : Olivier Babinet
  • Acteurs : Alexis Manenti, Gustave Kervern, Sofian Khammes, Ellen Dorrit Petersen, India Hair
  • Date de sortie: 02 Sep 2020
  • Nationalité : Français, Belge
  • Titre original : Poissonsexe
  • Titres alternatifs : Sexfish (titre international)
  • Année de production : 2019
  • Scénariste(s) : Olivier Babinet, David Elkaïm
  • Directeur de la photographie : Timo Salminen
  • Compositeur : Jean-Benoît Dunckel
  • Société(s) de production : Comme des Cinémas, Tarantula, Canal+
  • Distributeur (1ère sortie) : Rezo Films
  • Distributeur (reprise) : -
  • Date de reprise : -
  • Éditeur(s) vidéo : Rezo Films (DVD)
  • Date de sortie vidéo : 6 janvier 2021 (DVD)
  • Box-office France / Paris-périphérie : 11 251 entrées / 4 059 entrées
  • Box-office nord-américain : -
  • Budget : 2,5 M d’euros
  • Rentabilité : -
  • Classification : Tous publics
  • Formats : 2.35 : 1 / Couleurs
  • Festivals et récompenses : Festival international du film indépendant de Bordeaux 2019 : mention spéciale / Présentation au Festival de Cabourg 2020 / César 2021 : 1 nomination pour le meilleur espoir féminin pour India Hair
  • Illustrateur / Création graphique : -
  • Crédits : Rezo Films
Note des spectateurs :

Comédie romantique décalée et lunaire, Poissonsexe propose un univers barré qui tient de la rêverie poétique, tout en alertant sur les dangers qui menacent la planète. Une fable écologique très fréquentable car jamais moralisatrice.

Synopsis : Alors que Miranda, la dernière baleine au monde, fait la une des journaux, Daniel, physicien obstiné, tente de redonner aux poissons l’envie de copuler. Célibataire désabusé, il est lui-même hanté par le désir d’être père et compte bien traiter ce problème scientifiquement. Le hic c’est qu’à Bellerose il y a seulement 3 femmes en âge de procréer, soit une chance sur 6232,33 de rencontrer la mère de ses futurs enfants. Pourtant un jour, en sauvant de la noyade un étrange poisson à pattes, Daniel va réapprendre à tomber amoureux.

Et si les poissons disparaissaient des mers et océans ?

Critique : Déjà auteur d’un petit film original avec Olivier Gourmet (Robert Mitchum est mort en 2010), puis du documentaire Swagger (2016), Olivier Babinet revient à la fiction avec Poissonsexe. Le cinéaste souhaitait initialement tourner une comédie romantique plutôt traditionnelle, mais il a fini par y intégrer de nombreux éléments iconoclastes qui font toute la singularité du projet. Ainsi, Poissonsexe se présente aujourd’hui comme un film d’anticipation qui se fonde sur une possible disparition complète de la faune marine. Genre rarement abordé en France, la science-fiction est ici discrète puisqu’elle passe essentiellement par des petits détails du quotidien, mais surtout par une anticipation de ce que pourrait être le bouleversement climatique des prochaines décennies.

Poissonsexe, photo 1

Copyright 2019-Comme-des-Cinémas-Tarantula

L’auteur s’inspire de plusieurs données scientifiques actuelles, comme la perte de qualité du sperme des êtres humains, mais aussi les conséquences désastreuses sur les poissons des rejets des médicaments dans l’océan. A partir de ces données disparates, il établit un parallèle audacieux entre l’espèce humaine et les amphibiens et imagine un monde où toute forme de fertilité est en voie de disparition. Si le constat peut sembler alarmant et plutôt désespérant, Olivier Babinet en tire un film globalement léger qui lorgne davantage vers la rêverie poétique.

Des personnages et des situations décalés

Il suit ainsi la destinée d’un scientifique en désir de paternité qui croise l’amour sans vraiment le reconnaître. Il faudra un coup de pouce du destin – notamment un quiproquo – ainsi que la persévérance de la jeune femme incarnée par India Hair pour parvenir à décoincer le personnage de nounours lunaire interprété avec talent par Gustave Kervern. A cela, ajoutons la présence d’une bien étrange salamandre télépathe et d’une scientifique en chef frigide pour dresser le tableau d’un film franchement décalé.

Poissonsexe, photo 2

Copyright 2019-Comme-des-Cinémas-Tarantula

Si le ton est parfois hésitant, entre fable écologique, comédie romantique et film fantastique, Poissonsexe a tout de même le mérite de proposer une intrigue totalement originale et un univers bien barré. On sourit franchement lorsque la très froide Ellen Dorrit Petersen s’approprie le sperme de Kervern, donneur pas totalement consentant. Mais on se prend aussi à ressentir une franche émotion lorsque la dernière baleine de la création vient s’échouer, puis s’éteindre lentement sur le rivage d’une humanité au seuil du gouffre.

Peu de moyens, mais une ambiance planante plutôt soignée

Réalisé sans grand moyen – ce qui a contraint le cinéaste à une mise en scène parfois un peu trop statique – Poissonsexe bénéficie d’une ambiance musicale soignée, portée par la musique planante de Jean-Benoît Dunckel (ancien membre du duo Air). De quoi offrir au spectateur un film dépaysant et singulier comme on les aime.

Poissonsexe, photo 3

Copyright 2019-Comme-des-Cinémas-Tarantula

Malheureusement, le film est sorti dans l’indifférence générale au mois de septembre 2020, alors que les Français ne retournaient toujours pas dans les salles obscures. Son résultat de 11 251 entrées sur toute la France en sept semaines d’exploitation est proprement désastreux. Cette œuvre fort sympathique méritait un autre éclairage et peut donc être visible désormais sur plusieurs plateformes, ainsi que dans une simple édition DVD. On vous la recommande.

Critique de Virgile Dumez

Les sorties de la semaine du 2 septembre 2020

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Bande-annonce de Poissonsexe

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