Master Gardener : la critique du film (2023)

Drame | 1h51min
Note de la rédaction :
8/10
8
Affiche de Master Garderner de Paul Schrader (2023)

  • Réalisateur : Paul Schrader
  • Acteurs : Sigourney Weaver, Joel Edgerton, Esai Morales, Quintessa Swindell
  • Date de sortie: 05 Juil 2023
  • Année de production : 2022
  • Nationalité : Américain, Australien
  • Titre original : Master Gardener
  • Titres alternatifs :
  • Autres acteurs :
  • Scénaristes : Paul Schrader
  • D'après une oeuvre de :
  • Monteur : Benjamin Rodriguez Jr.
  • Directeur de la photographie : Alexander Dynan
  • Compositeur : Devonté Hynes
  • Cheffe Maquilleuse : Erica Dunn
  • Cheffe décoratrice : Angela Gail Schroeder
  • Directeur artistique : Ashley Fenton
  • Producteurs : Amanda Crittenden, David Gonzales, Scott LaStaiti
  • Producteurs exécutifs : Luisa Law, Jamieson McClurg, Dale Roberts, Linda Ujuk
  • Sociétés de production : Curmudgeon Films, Ottocento Films, Kojo Studios
  • Distributeur : The Bookmakers - The Jokers
  • Distributeur reprise :
  • Date de sortie reprise :
  • Editeur vidéo :
  • Date de sortie vidéo :
  • Budget :
  • Box-office France / Paris-Périphérie :
  • Box-office nord-américain : 656 687$
  • Rentabilité :
  • Classification : R (USA)
  • Formats : 2.39 : 1 / Couleur (DCP, 4K) / Dolby Digital
  • Festivals : Venice Film Festival (2022), Athens International Film and Video Festival (2022), New York Film Festival (2022), Sonoma International Film Festival (USA, 2023), Sarasota Film Festival (USA, 2023), Phoenix Film Festival (USA, 2023), PFF SpringFest (2023, USA), Indy Film Fest (USA, 2023), Atlanta Film Festival (USA, 2023), Independent Film Festival of Boston (USA, 2023), Haifa Film Festival (Israel, 2022), Valladolid International Film Festival (Espagne, 2022), Marrakech International Film Festival (2022), Stockholm International Film Festival (2022), Lisbon & Sintra Film Festival (2022), Victoria Film Festival (2023), Luxembourg City Film Festival (2023), Reims Polar (2023), Buenos Aires International Festival of Independent Cinema (2023), https://pro.imdb.com/title/tt15342244/details#:~:text=Jeonju%20International%20Film%20Festival (2023)
  • Nominations :
  • Récompenses : Meilleure actrice (Sigourney Weaver) au CinEuphoria Awards
  • Illustrateur/Création graphique : © Tous droits réservés / All rights reserved
  • Crédits : © 2022 Master Garderner US LLC Tous droits réservés / All rights reserved
  • Attachés de presse : Pauline Vilbert (Le Public Système)
  • Tagline : Ils vivaient selon les règles jusqu'ici...
Note des spectateurs :

Master Gardener clôt la trilogie sur la rédemption de Paul Schrader avec une note lumineuse, en faisant de l’amour un ferment salutaire.

Synopsis : Narvel est un horticulteur dévoué aux jardins de la très raffinée Mme Haverhill. Mais lorsque son employeuse l’oblige à prendre sa petite-nièce Maya comme apprentie, le chaos s’installe, révélant ainsi les sombres secrets du passé de Narvel…

Master Gardener : la rédemption du néo-nazi

Critique : Au milieu des années 70, Paul Schrader, s’inspirant en partie de son histoire, écrit le scénario de Taxi Driver. Réalisé par Martin Scorsese, le film remporte la Palme d’or au festival de Cannes 1976. Depuis 1978, date de Blue Collar, sa première réalisation, le scénariste réalisateur n’en finit plus de jeter sur le monde un regard tout aussi clairvoyant que désabusé, mêlant bassesse et réhabilitation. En 2017, il entame une trilogie à travers laquelle il se penche sur le sort d’hommes qui, après s’être mis en retrait de la société pour diverses raisons, entament un long processus de réinsertion. Après avoir sondé l’âme âpre et perdue d’un homme d’église dans First Redemption (Sur le chemin de la rédemption) (2017), puis s’être arrêté avec The Card Counter sur la repentance d’un joueur de cartes au passé si agité que l’aléatoire et l’imprévu lui sont devenus insupportables, il s’intéresse au cas Narvel Roth (Joël Edgerton), un ancien néo-nazi devenu jardinier. Car si la musique adoucit les mœurs, l’horticulture pourrait bien donner foi en l’avenir. Un univers qui, par son organisation stricte, ses exigences immuables de la nature et ses cycles répétitifs aident à retrouver les bases qu’une vie d’animosité et de cataclysme mental ont gommées.

Dans le somptueux jardin de la maison coloniale de Norma (Sigourney Weaver), loin du regard des autres, Narvel règne en maître, bienveillant avec les membres de son équipe, méticuleux pour ses parterres de fleurs. Mais sa relation ambiguë avec cette femme plus âgée que lui, riche et rigide, fascinée par le torse marqué de croix gammées de celui à qui elle semble vouloir accorder une deuxième chance, fissure peu à peu les murs de cet éden artificiel. De Narvel que Joel Edgerton habille d’une imperturbabilité presque suspecte se dégage une force tranquille, composée d’autant de calme que de détermination, destinée à cacher une violence sous-jacente. Norma Haverhill à qui Sigourney Weaver prête avec maestria son implacable élégance dispose avec une perversité tout juste feinte du passé autant que de l’avenir de son employé. L’arrivée de Maya, (Quintessa Swindell) une jeune métisse délurée, petite-nièce de la maîtresse des lieux floute instantanément le ciel azur de cette contrée du sud des Etats-Unis, creuset de l’esclavage, tandis qu’un lien particulier se noue entre l’ancien fasciste et la jeune femme.

Une oeuvre lumineuse, abandonnant le nihilisme de Paul Schrader

S’appuyant sur une mise en scène dépouillée et lourde de tension inavouée, Schrader avance subrepticement, amenant la narration là où on ne l’attend pas pour mieux repartir dans une autre direction tout en effeuillant quelques bribes de dialogues juste assez contenus pour laisser filtrer l’émotion et préserver le cœur de l’action. La torpeur initiale ne tarde pas à se heurter aux flash-backs qui dévoilent le passé trouble de notre héros aujourd’hui encore prêt à en découdre avec les voyous qui importunent sa jeune protégée, menaçant du même coup l’équilibre précaire de ce trio amoureux hors normes.

Alors que l’on s’interroge sur la tournure de l’intrigue, le récit fait le choix étonnant de l’optimisme. Au milieu de cette beauté horticole, rehaussée de couleurs chaudes, le temps suspend son vol pour semer quelques graines d’espoir, rappelant que pour celui qui le veut, une nouvelle vie est toujours possible.

Sans doute ce virage sentimental de Schrader frustrera un certain nombre de ses aficionados adeptes de la noirceur à laquelle il les a habitués mais en troquant l’émotion contre le tragique, il s’ouvre incontestablement vers un public plus large.

Claudine Levanneur

Les sorties de la semaine du 5 juillet 2023

Affiche de Master Garderner de Paul Schrader (2023)

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