Les lèvres rouges : la critique du film (1971)

Fantastique | 1h36min
Note de la rédaction :
8/10
8
Les lèvres rouges, l'affiche de la reprise

  • Réalisateur : Harry Kümel
  • Acteurs : Delphine Seyrig, Danielle Ouimet, John Karlen
  • Date de sortie: 26 Nov 1971
  • Nationalité : Belge, Français, Allemand
  • Musique : François de Roubaix
  • Distributeur : Comacico
  • Distributeur de la reprise : Malavida
  • Date de la reprise : Le 11 mars 2020
  • Editeur vidéo (DVD) : Malavida
  • Sortie vidéo (DVD) : 18 septembre 2013
  • Box-office France / Paris-périphérie : Inconnu
  • Classification : Interdit aux moins de 16 ans
  • Crédits affiche : © 1971 Showking Films - Maya Films - Ciné Vog Films - Roxy Film / Illustrateur : Alain Tourman. Tous droits réservés.
  • Crédits affiche reprise : © 1971 Showking Films - Maya Films - Ciné Vog Films - Roxy Film / © 2020 Malavida. Tous droits réservés.

Œuvre mystérieuse qui distille doucement son poison, Les lèvres rouges est une synthèse étonnante entre le cinéma d’exploitation bis des années 70 et le film d’art.

Synopsis : Valérie et Stefan, immobilisés à Ostende, séjournent dans un vaste hôtel désert en cette morte-saison. Le couple fait alors la connaissance de l’inquiétante comtesse Bathory et de sa protégée Ilona, ténébreuses créatures de la nuit. Elles envoûtent d’abord le jeune homme, fasciné par des meurtres mystérieux perpétrés dans la région, puis Valérie, intriguée par l’étrange relation qui unit les deux femmes…

Les lèvres rouges, photo de la reprise 2020

Photo proposée par @Malavida (reprise 2020)

Une entreprise commerciale qui débouche sur la création d’un OVNI

Critique : Plutôt spécialisé dans le film d’art, mais aussi des documentaires et des courts expérimentaux, le réalisateur Harry Kümel aborde pour la première fois au début des années 70 le film de genre à travers ces Lèvres rouges qui ont pour vocation de drainer dans les salles obscures un maximum de spectateurs.

Les lèvres rouges, la reprise de 2020

© 1971 Showking Films – Maya Films – Ciné Vog Films – Roxy Film / © 2020 Malavida. Tous droits réservés.

Associé ici à Pierre Drouot – déjà auteur de L’étreinte et futur réalisateur du magnifique Louisa, un mot d’amour – Harry Kümel a donc délibérément cherché un succès public entièrement fondé sur le cocktail sang / sexe. Toutefois, l’homme n’a pas abandonné ses ambitions artistiques et opte pour la création d’une œuvre vénéneuse au doux parfum de soufre, rehaussée par des images de toute beauté.

Entre Fassbinder et Jean Rollin, son cœur balance

Le résultat final n’est donc pas tant un pur film de genre qu’un objet filmique inclassable, curieusement à mi-chemin entre les délires décadents d’un Fassbinder et les déambulations nocturnes bis d’un Jean Rollin. Nimbé d’un érotisme soft essentiellement saphique, zébré de quelques fulgurances sadiques (le mari qui bat sa femme à coups de ceinturons) et globalement corseté dans une atmosphère vaporeuse qui préfère les soupirs aux cris de rage, Les lèvres rouges s’inscrit pleinement dans cette mouvance d’un certain fantastique européen des années 70, coincé entre moments trash et purs instants de poésie.

Peu importe que le scénario reste obscur sur certains pans de l’intrigue puisque tout ici est question d’ambiance. Évoluant

Les lèvres rouges, l'érotisme fantasmagorique des années 70

Photo proposée par @Malavida (reprise 2020)

entre deux mondes dont on peine à saisir les contours, le long-métrage nous plonge dans une sorte de rêve éveillé dont on ne ressort pas indemne.

 

Tout est ici question d’atmosphère

Au milieu de décors à la fois étranges et magnifiques, les acteurs semblent totalement vampirisés par leurs rôles. Divine, Delphine Seyrig surplombe l’ensemble du casting par son sens du glamour et sa présence magnétique. Par ses poses maniérées, elle évoque les meilleures prestations de Marlene Dietrich, sans pour autant tomber dans le ridicule ou les afféteries. Elle est soutenue par un John Karlen plutôt ambigu (il était alors connu aux States pour sa participation régulière à la série télévisée Dark Shadows) et une Danielle Ouimet assez naturelle.

Au final, cette variation autour du vampirisme étonne toujours par sa volonté de contourner les règles du genre afin de livrer une œuvre poétique originale. Le film a d’ailleurs rencontré un vrai succès dans le monde entier et peut même être considéré comme un vrai film culte. On comprend pourquoi.

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Critique de Virgile Dumez

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Les lèvres rouges : Delphine Seyrig quand tu nous tiens

Photo proposée par @Malavida (reprise 2020)


Les lèvres rouges, l'affiche de la reprise

© 1971 Showking Films – Maya Films – Ciné Vog Films – Roxy Film / © 2020 Malavida. Tous droits réservés.

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