Les faussaires de Manhattan : la critique du film (2019)

Comédie dramatique, Biopic | 1h46min
Note de la rédaction :
5/10
5
Les faussaires de Manhattan, l'affiche

  • Réalisateur : Marielle Heller
  • Acteurs : Melissa McCarthy, Richard E. Grant, Dolly Wells, Ben Falcone
  • Date de sortie: 31 Juil 2019
  • Nationalité : Américain
  • Titre original : Can You Ever Forgive Me?
  • Année de production : 2018
  • Scénario : Nicole Holofcener et Jeff Whitty
  • Distributeur : Condor Distribution
  • Editeur vidéo :
  • Sortie vidéo :
  • Budget : 10 M$
  • Box-office USA : 8,8 M$
  • Box-office France / Paris-périphérie :
Note des lecteurs

Film à Oscar sans statuette à la clé, Les faussaires de Manhattan est à voir pour Melissa McCarthy et l’histoire vraie de laquelle elle s’inspire. L’emballage, lui, est anodin et purement académique.

Synopsis : Ancienne auteure à succès aujourd’hui sans le sou, Lee Israel se découvre par hasard un don exceptionnel : celui d’imiter à la perfection le style de grands romanciers. Avec l’aide de son ami Jack, elle monte une arnaque imparable : rédiger de fausses correspondances entre auteurs célèbres, que Jack revend à prix d’or aux collectionneurs new-yorkais. Grisés par le succès, les deux faussaires ne voient pas que le FBI commence à s’intéresser à eux…

Un pur film à Oscar

Critique : Projet monté par la scénariste Nicole Holofcener pour l’actrice Julianne Moore, Les faussaires de Manhattan a connu pas mal de vicissitudes avant de voir le jour. Tout d’abord, Julianne Moore a été évincée pour divergences artistiques et remplacée par Melissa McCarthy. Ensuite, la scénariste qui devait aussi réaliser le film a dû céder sa place à la jeune Marielle Heller, repérée aux States par son premier long-métrage primé à Sundance intitulé The Diary of A Teenage Girl.

Les faussaires de Manhattan, photo d'exploitation

© 2018 Archer Gray – Bob Industries – Fox Searchlight Pictures. Tous droits réservés.

Autant de changements qui ne semblent pas avoir beaucoup affecté le produit fini, tant il correspond à ce que l’on attend traditionnellement d’un « film à Oscar ». Car Les faussaires de Manhattan entre de manière évidente dans cette catégorie très prisée des Américains. Tout d’abord, il s’agit d’un biopic sur une personnalité borderline que le film tend à édulcorer pour lui attribuer une belle dignité. Ensuite, les personnages, tous deux homosexuels, permettent à leurs acteurs respectifs de faire leur numéro. Ainsi, beaucoup de critiques vont découvrir le talent d’actrice de Melissa McCarthy parce qu’elle incarne pour la première fois un personnage au bout du rouleau (le fameux syndrome de l’acteur comique qui se révèle en tournant un film dramatique). On n’a pourtant pas attendu ce long-métrage pour apprécier l’actrice, toujours juste, même dans les œuvres les plus insignifiantes.

Un film sympathique, mais terriblement conventionnel

Face à elle, Richard E. Grant en fait des tonnes en homosexuel new-yorkais sur le retour, mais il n’en demeure pas moins un acteur attachant qui nous manquait ces derniers temps au cinéma. Le résultat final est une œuvre assez conventionnelle qui ne pouvait guère soulever l’enthousiasme des foules – le film a été un échec commercial un peu partout où il est sorti.

La faute en revient à la réalisation parfaitement insipide de Marielle Heller qui n’a aucune proposition de cinéma à nous faire. Pas une idée visuelle originale, pas un point de vue que l’on pourrait trouver intéressant sur le plan purement cinématographique. On est bien ici dans un académisme pur jus.

Est-ce pour autant désagréable à suivre ? Pas vraiment grâce à un scénario malin qui nous permet de découvrir l’histoire étonnante d’une importante fraude littéraire. Le destin pathétique de Lee Israel pouvait assurément donner un film pétillant, plein de malice et en même temps troublant. On n’en a malheureusement qu’un petit aperçu par la grâce des acteurs et de quelques dialogues bien sentis. Encore une fois, la réalisation vient atténuer cette sensation par une absence de point de vue et par un montage un peu mou.

Agréable à suivre par la puissance initiale de son script, Les faussaires de Manhattan est donc un spectacle recommandable pour tous ceux qui ne souhaitent pas succomber à l’hégémonie Disney de cet été. Cela en fait-il pour autant un incontournable ? Assurément pas.

La fiche du film sur le site du distributeur

Critique de Virgile Dumez

Les sorties de la semaine du 31 juillet

Les faussaires de Manhattan, l'affiche

© 2018 Archer Gray – Bob Industries – Fox Searchlight Pictures. Tous droits réservés.

 

Trailers & Vidéos

trailers
x
Les faussaires de Manhattan, l'affiche

Bande-annonce de Les faussaires de Manhattan (VOSTF)

Comédie dramatique, Biopic

x