Le traducteur : la critique du film (2021)

Drame | 1h44min
Note de la rédaction :
9/10
9
Le traducteur, affiche film

  • Réalisateur : Rana Kazkaz Anas Khalaf
  • Acteurs : Ziad Bakri
  • Date de sortie: 13 Oct 2021
  • Année de production : 2020
  • Nationalité : Syrien, Française, Suisse, Belge, Qatari
  • Titre original : The Translator
  • Titres alternatifs : -
  • Scénaristes : Rana Kazkaz, Anas Khalaf, Magali Negroni
  • Acteurs : Ziad Bakri, Yumna Marwan, David Field, Sawsan Arshid, Miranda Tapsell, Fares Al-Helou, Reem Ali, Rami Farah, Carlos Chahine, Zayd Khalaf, Ramzi Maqdisi, Kamel El Basha, Ossama Bawardi, Maria Zreik, Karen Abou Eid, Jack Ruwald, Matt Abercromby, Amjad Al-Rasheed, Bashar Saffia, Hanna Jiryis, Zaid Al Baqa, Anas Khalaf, Reem Abu Kishik, Mohammad Nasser, Ahmad Shamroukh
  • Directeur de la photographie : Eric Devin
  • Monteur : Monique Dartonne
  • Compositeur : Thomas Couzinier, Frédéric Kooshmanian
  • Producteurs : Raphaël Alexandre, Anas Khalaf, Nicolas Leprêtre, Francine Lusser (coproductrice), Gérard Monier (coproductrice), Olivier Père (coproductrice)
  • Sociétés de production : Georges Films & Synéastes Films, Tipi’mages Productions & Artémis Productions
  • Distributeur : Alba Films
  • Date de sortie vidéo : -
  • Box-office France / Paris-Périphérie : -
  • Box-office nord américain / monde : -
  • Budget : -
  • Rentabilité : -
  • Classification : Tous publics
  • Formats : 1.85 : 1 / Couleur / 5.1
  • Festivals et récompenses : Toronto International Film Festival) (TIFF Industry Selects), La Rochelle Film Festival, Lyon Festival Cinémas du Sud
  • Illustrateur / Création graphique : © The Alamo Tous droits réservés / All rights reserved
  • Crédits : © Georges Films & Synéastes Films, Tipi’mages Productions & Artémis Productions. Tous droits réservés / All rights reserved
Note des spectateurs :

Le traducteur est une plongée sans artifice au cœur de l’histoire chaotique de la Syrie, abandonnée par la communauté internationale.

Synopsis : En 2000, Sami était le traducteur de l’équipe olympique syrienne à Sydney. Un lapsus lors de la traduction le contraint à rester en Australie, où il obtient le statut de réfugié politique. En 2011, la révolution syrienne éclate et le frère de Sami est arrêté pendant une manifestation pacifique. Malgré les dangers il décide de tout risquer et de retourner en Syrie pour aller le libérer.

Le sang de la répression

Critique : 1980. Voilà dix ans qu’Hafez el-Assad s’est emparé du pouvoir syrien, à la suite d’un coup d’État. Son régime autoritaire exerce un contrôle permanent sur les citoyens. Les manifestations pacifiques se multiplient pour réclamer liberté et dignité. Sami qui n’est encore qu’un enfant assiste à l’une d’entre elles, particulièrement violente. Son père est arrêté par la police. Il ne le reverra jamais. Vingt ans plus tard, Sami, devenu traducteur arabe-anglais, est embauché par l’équipe syrienne des Jeux olympiques de Sydney. Au journaliste l’interrogeant sur la succession du tyran qui vient de mourir et a déjà été remplacé par son fils Bachar, Mounnebb, athlète de haut niveau et ami de Bachar, offre la seule réponse autorisée. En revanche, la traduction de Sami prend quelques libertés avec les paroles du sportif et suffiront à le pousser vers l’exil. Pouvoir du langage et soif de vérité s’imposent d’emblée comme les enjeux principaux de cet hommage à ceux qui luttent au nom de la liberté.

Onze ans plus tard, c’est le temps du Printemps arabe. Les manifestations en faveur de la démocratie sont à nouveau réprimées dans le sang et laissent place à la guerre civile. Lors du visionnage d’une vidéo, Sami découvre que son frère a été arrêté. Alors que sa femme et lui vivent en toute liberté en Australie, la culpabilité le gagne. Il décide alors de retourner dans son pays natal clandestinement, au risque d’exposer à de grands dangers sa famille et lui-même.

Ziad Bakri, dans Le traducteur

© Georges Films & Synéastes Films, Tipi’mages Productions & Artémis Productions

Après un démarrage désordonné entrechoquant les images d’un tumulte dont il n’est pas toujours aisé de comprendre les ressorts, une scène aussi violente qu’inattendue transforme ce témoignage aux allures de documentaire en une fiction nourrie de revirements, d’événements tragiques, mais aussi et surtout de la description poignante de la population syrienne. Après avoir entrevu une lueur d’espoir, elle s’est vu délaissée par la communauté internationale plus préoccupée par la question de la migration et de la surveillance du terrorisme que le sort de populations civiles qui ne présentent qu’un intérêt économique et politique restreint.

Le traducteur traduit en image une actualité déchirante

Un ton délibérément dépouillé et le jeu tout en retenue de Ziad Bakri (Sami) transmettent à ce théâtre de confusion et d’angoisse une redoutable efficacité, tandis que la mise en scène n’occulte rien de cet enfer permanent, histoire de plonger le spectateur au cœur même d’un suspense qui chemine sans précipitation vers le thriller politique. Du sniper qui guette les allées et venues des passants, au défilé des proches à la recherche du corps d’un membre de la famille parmi des dizaines d’autres, en passant par l’astucieux subterfuge du dialogue silencieux pour échapper aux écoutes téléphoniques mises en place par le pouvoir jusqu’au couperet glaçant de la scène finale, tout concourt à édifier le constat déshumanisé d’un conflit qui, au delà de l’aspect politique, ruine les amitiés, les liens familiaux et les carrières.

Œuvre forte et engagée, imprégnée de l’expérience de son couple de réalisateurs, Rana Kazkaz et Anas Khalaf, tous deux Syriens bénéficiant de la double nationalité française et américaine, Le traducteur offre au public la vision sobre d’une actualité déchirante.

Claudine Levanneur

Sorties de la semaine du 13 octobre 2021

Le traducteur, affiche film

Affiche © The Alamo

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Le traducteur, affiche film

Bande-annonce de Le traducteur

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