Le gladiateur magnifique : la critique du film et le test DVD (1966)

Péplum | 1h35min
Note de la rédaction :
5/10
5
Le gladiateur magnifique, la jaquette DVD

  • Réalisateur : Alfonso Brescia
  • Acteurs : Mark Forest, Marilù Tolo, Paolo Gozlino, Franco Cobianchi, Oreste Lionello
  • Date de sortie: 24 Jan 1966
  • Nationalité : Italien
  • Titre original : Il magnifico gladiatore
  • Année de production : 1964
  • Scénariste : Alfonso Brescia
  • Directeur de la photographie : Pier ludovico Pavoni
  • Compositeur : Marcello Giombini
  • Distributeur : Les Films Marbeuf
  • Editeur vidéo : VPE (Vidéo Public Edition) / Les Editions Caroline (VHS) / Artus Films (DVD)
  • Sortie vidéo (DVD) : 7 avril 2020
  • Box-office Paris : 12 556 entrées (1ère semaine)
  • Format : 2.35 : 1 / Son : Mono
Note des spectateurs :
[Total : 0   Moyenne : 0/5]

Péplum de série, Le gladiateur magnifique gagne en rigueur historique ce qu’il perd en fantaisie. L’ensemble demeure sympathique, mais la réalisation très classique de Brescia en fait un divertissement vieillot.

Synopsis : Hercule sauve des soldats romains, la belle Velida, fille de l’empereur Gallien. Il en tombe amoureux. Mais Velida est convoitée par le général Zuddo, chef des prétoriens qui tente de détrôner Gallien en utilisant son sosie.

Le gladiateur, figure centrale de l’année 1964

Critique : Le genre du péplum, né en Italie à la grande époque du muet, est à nouveau populaire à la fin des années 50. De nombreuses productions américaines sont notamment tournées dans les studios italiens pour des raisons purement économiques. Les producteurs locaux profitent de cette manne pour récupérer cet héritage qui est le leur. Entre 1958 et 1966, ce sont des centaines de films qui déferlent sur les écrans, dont l’apothéose se situe entre 1962 et 1964. Par la suite, le genre sera supplanté par le western.

Le gladiateur magnifique, l'affiche

© Licensed by Movietime SRL – Rome. Tous droits réservés.

Durant l’année 1964, la thématique du gladiateur est décidément très à la mode, initiée par le triomphe du Spartacus de Kubrick (1960). Outre notre Gladiateur magnifique (Brescia), on peut citer notamment La fureur des gladiateurs (Caiano), Les gladiateurs les plus forts du monde (Lupo), Maciste et les 100 gladiateurs (Caiano), Spartacus et les dix gladiateurs (Nostro) et La vengeance de Spartacus (Lupo). Sans compter d’autres titres où les fameux combattants de l’arène ont un rôle à jouer.

Un postulat plus historique que mythologique

Avec Le gladiateur magnifique, le péplum est totalement débarrassé de son versant mythologique pour se concentrer sur un sujet plus historique. Il ne faut pas se laisser abuser par l’emploi du nom Hercule pour désigner le personnage principal incarné par le culturiste Mark Forest. En réalité, son nom véritable est Attale et il est désigné ici comme le fils du roi de la Dacie (province romaine qui correspond aujourd’hui à la Roumanie). Il ne doit donc aucunement être confondu avec le demi-dieu Hercule et ses exploits s’avèrent donc très terre-à-terre dans ce Gladiateur magnifique.

Le scénario nous transporte donc dans l’Empire romain gouverné par l’empereur Gallien entre 260 et 268 après J.C. Il s’agit d’une époque rarement évoquée au cinéma et Alfonso Brescia semble désireux d’aborder l’Histoire avec un certain respect. Il commet toutefois quelques impairs malheureux comme l’évocation de l’invasion des Huns, alors qu’à cette époque, ce sont plutôt les Goths qui posent sérieusement problème à l’empereur. Le portrait de Gallien est relativement juste si l’on se fie aux sources grecques qui parlent d’un homme éclairé, tel qu’il apparaît dans le film.

Une intrigue de palais en lieu et place des combats attendus

Toutefois, la dimension historique – plutôt correcte par rapport aux absurdités généralement attachées au genre – est assez rapidement balayée pour faire place nette à un divertissement classique recyclant les traditionnelles figures du film d’aventures. Alors que le scénario nous suggère qu’Hercule / Attale va se retrouver à combattre les Huns sur la frontière en Dacie, les auteurs font volte-face et préfèrent mettre en place une intrigue de palais, avec tentative d’usurpation du pouvoir. L’intrigue tournant autour d’un sosie de l’empereur est certes fantaisiste, mais plutôt bien menée, tandis que la trame générale reste crédible sur le plan historique puisque Gallien a effectivement été confronté à de nombreuses tentatives d’usurpation.

Le gladiateur magnifique, photo d'exploitation

© 2020 Matériel fourni par Artus Films. Tous droits réservés.

Malheureusement, Alfonso Brescia n’est clairement pas un grand metteur en scène. Il emballe les scènes de combat avec un classicisme un peu ronflant, et tout ceci a donc pris un sacré coup de vieux. On préfère finalement les intrigues de palais, d’autant qu’elles sont portées par de bons acteurs comme Paolo Gozlino (excellent en retors de service) et Franco Cobianchi (dans un double rôle). Les scènes avec Mark Forest sont quelque peu plombées par le caractère inexpressif du culturiste. Certes, ses évolutions physiques demeurent impressionnantes, mais il se révèle incapable de jouer correctement la comédie. Brescia lui a adjoint un sidekick comique incarné par un Oreste Lionello plutôt amusant.

Tout ceci sent quand même la formule à plein nez et Le gladiateur magnifique ne se distingue que peu du tout-venant de la production italienne de l’époque. Il est loin d’être le pire rejeton du genre, mais ne suscite que modérément l’enthousiasme à cause d’une réalisation passe-partout.

Les sorties de la semaine du 24 janvier 1966

Le test du DVD :

Acheter le DVD du film sur le site de l’éditeur 

Le gladiateur magnifique, la jaquette DVD

© Licensed by Movietime SRL – Rome / © 2020 Artus Films. Design : Benjamin Mazure. Tous droits réservés.

Test réalisé à partir du produit définitif 

Compléments & packaging : 3 / 5

Le DVD est présenté dans un format slim plutôt élégant et qui propose de jolies photos d’exploitation en noir et blanc à l’intérieur du boîtier, ainsi qu’un joli picture disc. C’est simple, mais classieux. En ce qui concerne les suppléments vidéo, Artus Films nous propose un entretien intéressant avec Michel Eloy qui revient sur les aspects historiques du film. Son point de vue est passionnant, même si l’entretien est assez court (13 min).

Les complétistes pourront apprécier la présence en bonus du générique français du film en qualité VHS, puis un diaporama d’affiches et de photos d’exploitation.

L’image : 3 / 5

La copie proposée souffre de couleurs abîmées, avec d’importantes variations d’un plan à l’autre. Les contrastes ne sont pas toujours bien gérés et la copie alterne donc le meilleur et le moins bon. Enfin, on notera un manque certain de détails dans les arrière-plans à cause d’une définition pas toujours maîtrisée. L’ensemble se regarde sans déplaisir, mais sans être exceptionnel, loin de là.

Le son : 3,5 / 5

La piste sonore française en mono profite d’un doublage de bonne qualité, mais l’ensemble paraît quelque peu étouffé. A noter que certains passages passent en italien (avec sous-titres français) car l’éditeur a souhaité présenter une version complète du film. On préfère donc amplement la version italienne, plus naturelle, plus ouverte et de meilleure qualité.

Critique du film et test DVD de Virgile Dumez

x