Poème virtuose, Le Chant des forêts constitue la déclaration d’amour d’un homme envers la nature à l’aide d’images tutoyant le sublime, dans une ambiance contemplative qui nourrit aussi bien nos sens que notre réflexion. Beau, tout simplement.
Synopsis : Vincent Munier nous invite au cœur des forêts des Vosges. C’est ici qu’il a tout appris grâce à son père Michel, naturaliste, ayant passé sa vie à l’affut dans les bois. Il est l’heure pour eux de transmettre ce savoir à Simon, le fils de Vincent. Trois regards, trois générations, une même fascination pour la vie sauvage. Nous découvrirons avec eux cerfs, oiseaux rares, renards et lynx… et parfois, le battement d’ailes d’un animal légendaire : le Grand Tétras…
Le Chant des forêts, un hymne à la beauté de la nature
Critique : Auréolé du joli succès remporté par le très beau La Panthère des neiges (coréalisé par Marie Amiguet en 2021) qui a attiré 626 722 spectateurs et a obtenu le César du meilleur documentaire, le photographe Vincent Munier est reparti à l’affût des animaux de nos forêts, mais cette fois-ci en solitaire. En fait, le cinéaste travaille sur Le Chant des forêts depuis plus de dix ans, car il voulait tourner autour de la cabane familiale, le tout sur plusieurs années afin de saisir des plans d’animaux mémorables. Tourné généralement à l’aube ou au crépuscule, le documentaire offre ainsi une lumière bien particulière qui a forcément tapé dans la rétine du grand photographe.

© 2025 Paprika Films, Kobalann, France 3 Cinéma, Le Bureau / Haut et Court. Tous droits réservés.
Toutefois, afin de structurer le récit, Vincent Munier a repris le principe de La Panthère des neiges en s’accompagnant cette fois-ci de son père Michel, un naturaliste qui lui a tout appris, et de son fils Simon, 13 ans. Le trio ainsi formé tente à plusieurs reprises de se fondre dans la nature sauvage à la recherche d’images impressionnantes et de rencontres inoubliables avec le sauvage. Enfin, comme dans son opus précédent, l’auteur se lance sur les traces du grand tétras, un animal qui a malheureusement disparu dans les Vosges, mais que le trio va tenter d’apercevoir lors d’une échappée en Norvège.
La nature captée dans toute sa majesté par un poète de l’image
Le Chant des forêts offre donc une plongée inédite dans les espaces naturels français, à la recherche de ces animaux que l’on ne voit jamais, même s’ils vivent à quelques kilomètres seulement de nos cités. Même lorsque l’on se promène dans ces bois, il est rare de tomber nez à nez avec ces bêtes qui nous évitent d’instinct, ayant bien conscience que le plus grand des prédateurs envahit pendant quelques temps leur territoire sauvage. Comme dans La Panthère des neiges, Vincent Munier nous invite donc à le suivre avec ses proches durant de longues heures d’affût, avant de capter enfin la magie de la nature.

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La grande force du cinéaste est de parvenir à filmer la nature avec un amour sans borne au point de sublimer chaque instant, chaque recoin, tandis que le spectateur est invité à scruter le moindre détail dans l’image afin de profiter lui aussi du miracle de la vie en action. Ainsi, les curieux pourront découvrir dans un écrin splendide des images de renards, cerfs, biches, mais aussi un lynx et pléthore d’oiseaux divers et variés. Ou bien encore une famille de blaireaux mignons comme tout, et cerise sur le gâteau, le fameux grand tétras tant convoité par la famille Munier.
Venez à nouveau faire partie du grand tout universel
Le tout est absolument magnifié par des images qui touchent souvent au sublime. Cela commence très fort avec ces arbres qui commencent à se détacher de la brume en train de se dissiper. Ce plan programmatique nous indique en quelque sorte le projet du cinéaste : parvenir à dévoiler à l’écran ce qui est généralement caché derrière un espace naturel dont l’être humain s’est progressivement détaché. Dans Le Chant des forêts, Vincent Munier se fait même philosophe en remettant l’Homme à sa juste place, à savoir comme un simple acteur d’un grand mécanisme universel où chaque petit être vivant a son rôle à jouer.

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Plus qu’un documentaire animalier, le film est donc aussi une rêverie poétique, un chant d’amour puissant envers la nature, mais aussi une tentative de transmission émouvante entre les générations. Œuvre métaphysique à l’ambiance contemplative, Le Chant des forêts bénéficie également d’une belle musique de Warren Ellis – le complice habituel de Nick Cave – qui est utilisée avec parcimonie, mais toujours à bon escient afin de magnifier un peu plus des images ô combien émouvantes. D’ailleurs, il est aussi important de signaler l’excellence de la prise de son qui nous donne à entendre tous les petits bruits de la forêt, sorte de symphonie naturelle qui enchante nos oreilles.
Le Chant des forêts ou comment réenchanter le monde
D’une beauté transcendantale grâce à des plans qui sont autant de tableaux vivants, Le Chant des forêts confirme donc l’énorme talent d’un artiste total qui continue à filmer ce et ceux qu’il aime profondément. Cet acte d’amour fondé sur l’émerveillement, jamais sentencieux ou moralisateur, ne peut que toucher au plus profond.

© 2025 Paprika Films, Kobalann, France 3 Cinéma, Le Bureau / Haut et Court. Tous droits réservés.
Vincent Munier n’est pas seulement un grand documentariste, mais bel et bien un artiste au sommet de son talent. On ne peut que chaleureusement vous conseiller d’effectuer ce voyage extérieur et intérieur dans une salle à l’écran le plus large possible.
Critique de Virgile Dumez
Les sorties de la semaine du 17 décembre 2025

© 2025 Paprika Films, Kobalann, France 3 Cinéma, Le Bureau / Affiche : Héloïse / Kevin & Ben pour Troïka. Tous droits réservés.
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Mots clés
Cinéma français, Documentaire écolo, Cinéma contemplatif, La forêt au cinéma, Les animaux au cinéma, Les oiseaux au cinéma, Relations père-fils au cinéma