La prison des sévices : la critique du film (1987)

WIP, Women In Prison Movie, Thriller, Nanar | 1h29min
Note de la rédaction :
3/10
3
La prison des sévices, affiche cinéma de vendetta de Bruce Logan

  • Réalisateur : Bruce Logan
  • Acteurs : Karen Chase, Sandy Martin, Kin Shriner, Roberta Collins
  • Date de sortie: 02 Sep 1987
  • Nationalité : Américain
  • Titres original et alternatifs : Vendetta (titre original), Vendetta (Titre VHS français, Frauengefängnis USA (allemands)
  • Scénaristes : Emil Farkas, Laura Cavestani, Simon Maskell; John (K.) Adams
  • Productions : Chroma III Productions, International Cinevision Productions, Vestron Pictures
  • Distributeur : Les Films Jacques Leitienne
  • Éditeur VHS : Vestron Vidéo
  • Box-office : Inconnu
  • Format : 1.0
  • Classifications : Interdit aux moins de 18 ans à sa sortie (-16 ans aujourd'hui)
Note des spectateurs :

Vendetta, exploité au cinéma en France dans de rares salles sous le titre de La prison des sévices, est une production méconnue réalisée par un OVNI du cinéma américain.

Synopsis : Une cascadeuse se fait incarcérée pour se venger des détenues qui ont tué sa sœur, elle-même emprisonnée pour légitime défense, dans une histoire de viol.

La prison des sévices (Vendetta, affiche allemande)

Copyrights 1986 : Chroma III Productions, International Cinevision Productions, Vestron Pictures

Critique : Totalement inconnu en France ou presque, La prison des sévices est d’abord un titre bateau, renvoyant au genre de prison de femmes en furie,  en vogue depuis le début des années 70. Ces fameux WIP (Women in Prison)  permettra à des actrices comme Pam Grier, Sybil Danning, Judith Brown, Roberta Collins, Brigitte Nielsen, Linda Blair ou Dyanne Thorne de sévir dans les clichés les plus crasses du cinéma d’exploitation.

Tous les éléments grossiers du Women in Prison movie

Des matons sadiques, des détenues perverses et saphiques et toujours une âme innocente qui se retrouve à essayer de survivre dans cet enfer carcéral au féminin. L’avilissement du genre humain serait choquant si tout n’était pas (mal) tourné avec dérision et aucun talent, si bien que le spectateur est toujours invité à rire de ce qu’il voit à l’écran. On pense en particulier au jeu des comédiens toujours exécrable…

Réalisé par un clippeur de Madonna

Pour revenir au présent film, Vendetta en V.O., on se situe au milieu des années 80. La série B comme bis a été réalisée par Bruce Logan, un spécialiste des maquettes, de l’animation dans les effets spéciaux, et directeur de la photographie, qui a collaboré sur 2001 :L’odyssée de l’espace, La guerre des étoiles et Tron ; on retrouve le look pop-punk 80’s des Madonna de ce temps. Chose qui coule de source puisque le film pompier s’inspire des modes de son temps, dans le ton, la musique et ses codes verbaux. Le réalisateur a lui-même dirigé la madone dans le clip de Borderline, ce qui peut paraître surréaliste quand on découvre cette prison du Z. Autre star de la musique du moment qui est célébrée, Prince ! Une séquence de show en prison dévoile un copycat de la star de Minneapolis en plein exploit musical. Oui, on comprend aisément que le produit n’a pas été réalisé dans l’espoir d’être un grand film cohérent, mais plutôt pour faire du cash en VHS.

La prison des supplices (Vendetta) de Bruce Logan

Copyrights 1986 : Chroma III Productions, International Cinevision Productions, Vestron Pictures

D’ailleurs c’est essentiellement en vidéocassette que le nanar marrant est connu en France, sous son titre original, Vendetta, chez son éditeur vidéo mondial, Vestron.

Une sortie vidéo avérée

De La prison des sévices en tant que sortie cinéma, on en sait peu. Il est sorti un 2 septembre 1987 chez le distributeur le plus racoleur de l’époque (Les Films Jacques Leitienne), mais on n’en trouve guère de trace, de chiffres. Il y a bien une affiche cinéma d’époque qui circule, ce qui laisse peut-être envisager une sortie dans quelques cinémas de province. A notre niveau, on reste dans le vague, on s’avance peu et c’est ce qui rend l’objet digne de le faire ressurgir à la mémoire de chacun. Les oubliés du 7e art se doivent d’exister.

La prison des sévices ou Vendetta, deux titres pour un film

Au moins, le titre VHS est moins grossier et plus juste. L’idée de sévices passe à la trappe et la nudité crue et Z de l’affiche cinéma a été effacée, car trop putassière. De surcroît, ce film érotico-violent sans plus, justifie au moins brillamment son titre original par la scène finale et la réplique cinglante de celle qui permettra à l’héroïne de venger la mort de sa sœur dans une prison de délinquantes en furie, dirigée par la matrone jouée par la très drôle (ici du moins) Sandy Martin, en lui faisant comprendre que son désir malsain de vengeance désormais accompli, elle allait devoir vivre avec l’idée d’avoir tué sans que cela ne puisse changer quoi que ce soit au sort de sa défunte sœur injustement emprisonnée et assassinée brutalement derrière les barreaux.

L’ultime film de l’icône Roberta Collins

Cette production des années 80 dans la forme, reprend des éléments d’un genre à l’agonie et s’achève brutalement sur cette réplique lâchée par la comédienne Roberta Collins, une habituée de ce sous-genre, à l’impressionnante filmographie dans l’exploitation, et dont ce sera l’ultime expérience cinématographique.

Tout ceci est effectivement bien triste.

Frédéric Mignard

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Le saviez-vous ?

  • Le 2 septembre 1987, deux films avec Stacey Martin sortaient dans les cinémas français, La prison des sévices et… Barfly de Barbet Schroeder, avec Mickey Rurke et Faye Dunaway.
La prison des sévices, affiche cinéma de vendetta de Bruce Logan

Copyrights 1986 : Chroma III Productions, International Cinevision Productions, Vestron Pictures

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