Hokusai : la critique du film (2023)

Drame, Historique, Biopic | 1h30min (France) / 2h09min (Japon)
Note de la rédaction :
6/10
6
Hokusai, l'affiche

  • Réalisateur : Hajime Hashimoto
  • Acteurs : Min Tanaka, Yūya Yagira, Hiroshi Abe
  • Date de sortie: 26 Avr 2023
  • Nationalité : Japonais
  • Titre original : Hokusai
  • Titres alternatifs : -
  • Année de production : 2020
  • Autres acteurs : Munetaka Aoki, Haruka Imō, Eita Nagayama, Miori Takimoto, Hiroshi Tamaki
  • Scénariste : Ren Kawahara
  • Monteur : Shūichi Kakesu
  • Directeur de la photographie : Akihiko Nihonmatsu
  • Compositeur : Gorō Yasukawa
  • Chef maquilleur : -
  • Chef décorateur : Takamasa Suzumura
  • Directeur artistique : -
  • Producteurs : Ken'ichi Nakayama
  • Producteurs exécutifs : -
  • Sociétés de production : Hokusai Movie Production Committee, Pipeline, Stardust Pictures (SDP)
  • Distributeur : Art House Films
  • Distributeur reprise : -
  • Date de sortie reprise : -
  • Editeur vidéo : Hanabi (DVD, 2023)
  • Date de sortie vidéo : 5 septembre 2023
  • Budget : -
  • Box-office France / Paris-Périphérie : 188 741 entrées / 62 504 entrées
  • Box-office nord-américain / monde : -
  • Classification : Tous publics
  • Formats : 1.85 :1 / Couleur / Son : 5.1
  • Festivals : Film de Tokyo 2020 : film de clôture, avant-première / Festival du film d'Hawaï 2020 / Festival du film japonais de Shanghai 2020 / Festival du film japonais de Sydney 2021
  • Nominations : -
  • Récompenses : -
  • Illustrateur/Création graphique : © Jeff Maunoury (affiche). Tous droits réservés / All rights reserved
  • Crédits : © Hokusai Movie Production Committee, Pipeline, Stardust Pictures (SDP). All Rights Reserved. Tous droits réservés.
  • Attachés de presse : Matilde Incerti, Thomas Chanu Lambert
  • Tagline : -
Note des spectateurs :

Biopic inégal, mais plutôt séduisant, Hokusai nous arrive malheureusement amputé d’une quarantaine de minutes. Difficile donc de juger pleinement une œuvre aussi mutilée.

Synopsis : Japon, XVIIIème siècle. Alors que le pouvoir impérial impose sa censure sur les artistes, le jeune Shunrô, apprenti peintre, est exclu de son école à cause de son tempérament impétueux et du style peu conventionnel de ses estampes. Personne n’imagine alors qu’il deviendra Hokusai, célèbre auteur de la Grande vague de Kanagawa.

Un biopic sur une figure incontournable de la peinture

Critique : Le peintre japonais Hokusai (1760-1849) est une figure incontournable de l’art japonais, aussi bien aux yeux des Asiatiques que des Occidentaux. Ce génie de la gravure et de l’estampe a tout de même laissé derrière lui plusieurs milliers d’œuvres qu’il a réalisées au cours de sa longue existence (88 ans). Au vu de son importance historique, plusieurs documentaristes ont déjà magnifié son parcours, mais le cinéma de fiction semble moins friand de ce peintre à la vie finalement peu enthousiasmante. Ainsi, on peut compter Edo Porn – Hokusai manga (Kaneto Shindô, 1981), ainsi que l’animé Miss Hokusai (Keiichi Hara, 2015) où la vie du peintre est retracée à travers les yeux de sa fille.

A l’heure où le genre du biopic est à la mode, il n’est donc pas étonnant de retrouver l’artiste de génie au cœur d’un bien nommé Hokusai (2020). Tourné entre 2019 et 2020, ce biopic est réalisé par le touche-à-tout Hajime Hashimoto qui a déjà œuvré dans le film historique, mais aussi dans bon nombre de genres populaires. Pour mener à bien un tel projet qui doit embrasser la carrière gigantesque d’un homme qui n’a cessé de peindre et de dessiner pendant plus de 70 ans, il fallait trouver un angle d’attaque satisfaisant.

Un film, mais deux parties très distinctes

Ainsi, l’auteur du scénario Ren Kawahara a choisi de s’inspirer des quatre saisons pour évoquer le printemps, l’été, l’automne et l’hiver de la vie du peintre. Finalement, le long-métrage se divise réellement en deux parties distinctes, l’une sur la jeunesse de l’artiste et sur sa formation, et l’autre sur sa vieillesse et le moment où il parvient à créer son œuvre phare, à savoir les Trente-six vues du mont Fuji (1831-1833) qui contient la fameuse Grande Vague de Kanagawa (1831) qui est assurément son coup de génie.

Hokusai, photo d'exploitation

© 2020 Hokusai Movie Production Committee – Pipeline – Stardust Pictures. Tous droits réservés.

Durant la première partie du film, Hajime Hashimoto tente de s’affranchir du classique film historique en proposant des angles de prises de vue originaux et une caméra plutôt mobile qui signifie l’impétuosité de la jeunesse. Il en profite également pour rappeler le contexte dans lequel l’artiste s’épanouit, à savoir l’ère Edo (époque allant de 1603 à 1868 où le pouvoir était situé à Edo, c’est-à-dire Tokyo, détenu par le shogunat Tokugawa).

Or, dès la fin du 18ème siècle, le shogunat a mené une lutte farouche contre les artistes que le pouvoir accusait de corrompre les esprits. On le voit très bien dès la première scène du film où l’atelier tenu par l’éditeur Juzaburo Tsutaya (excellent Hiroshi Abe) est dévasté par les troupes gouvernementales. Par la suite, le cinéaste ne cesse d’évoquer la terrible répression qui s’est abattue à cette époque sur les artistes, que ce soient les peintres ou les conteurs.

Hokusai montre la lutte constante des artistes contre la censure

De son côté, Hokusai (interprété dans cette première partie par le fougueux Yūya Yagira) est décrit comme un passionné de dessin, très sûr de son talent, mais qui est rejeté par le célèbre éditeur qui ne voit dans ses travaux qu’une reproduction servile de la nature. Les séquences de confrontation entre les deux hommes sont particulièrement réussies. Une fois que le jeune homme trouve enfin son style et réalise des travaux superbes, le cinéaste ose effectuer une ellipse radicale et nous transporte en moins d’une minute plus d’une cinquantaine d’années plus tard.

Désormais artiste établi, Hokusai passe son temps accroupi sur le sol à dessiner (il avait une mauvaise vue, d’où cette position). S’il est déjà un peintre reconnu, il n’a pourtant pas encore réalisé son chef d’œuvre. Hajime Hashimoto nous raconte donc avec une caméra désormais plus posée – vieillesse oblige – l’origine de la fameuse Vague de Kanagawa. Il n’abandonne pas au passage sa critique d’un pouvoir japonais autoritaire, mais parvient à sublimer son sujet par la multiplication de plans magnifiquement éclairés afin de rendre hommage au talent de coloriste du peintre. Cette deuxième partie, assez différente de la précédente sur le plan stylistique s’avère donc également intéressante.

Hokusai a perdu 40 minutes entre le Japon et la France

Malheureusement, les distributeurs européens ont eu la très mauvaise idée de nous proposer une version écourtée du film d’origine. Avec une quarantaine de minutes en moins, Hokusai a donc été charcuté d’un tiers de sa durée. Une décision qui ne peut laisser l’œuvre indemne. Ainsi, lorsque le spectateur français découvre Hokusai, il éprouve un sentiment de trous narratifs et de manque d’explications.

En réalité, tel que présenté au public français, Hokusai est une œuvre fragmentaire, grandement mutilée et atrophiée. Il est donc difficile de dire si la version intégrale permet de combler les manques ou si cela ne fait que ralentir un peu plus le rythme déjà lent de l’œuvre. Dans tous les cas, on ne valide pas une telle pratique que l’on croyait révolue depuis le temps des tripatouillages des éditeurs VHS des années 80.

Sorti par le distributeur Art House Films spécialisé dans les films asiatiques et particulièrement japonais, Hokusai a été diffusé en salles alors qu’une grande exposition de l’œuvre du peintre avait lieu au Musée des arts asiatiques de Nice d’octobre 2022 à janvier 2023. Dans les salles françaises à partir du mercredi 26 avril 2023, Hokusai a séduit le public dès son premier jour avec 8 447 spectateurs dans 114 salles, pour une moyenne encourageante de 74. En une semaine, le long-métrage amasse 52 791 entrées, puis poursuit sa course en deuxième septaine avec 40 504 retardataires.

Hokusai confirme le succès du distributeur Art House

Décidément en vogue après le succès surprise de La famille Asada, le distributeur Art House Films peut sabrer le champagne puisque le biopic dépasse les 100 000 spectateurs en moins de trois semaines. Mieux, en un mois, les 150 000 entrées sont franchies et le film va continuer sa route jusqu’à la fin du mois de juillet, cumulant 182 463 amateurs d’art. De quoi permettre la sortie d’un DVD au mois de septembre. On peut toutefois y regretter l’absence de la version d’origine de 2h09min.

Critique de Virgile Dumez

Les sorties de la semaine du 26 avril 2023

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Hokusai, l'affiche

© 2020 Hokusai Movie Production Committee – Pipeline – Stardust Pictures / Affiche : Jeff Maunoury. Tous droits réservés.

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Hajime Hashimoto, Min Tanaka, Yūya Yagira, Hiroshi Abe

Mots clés

Cinéma japonais, La peinture au cinéma, Biopic historique

 

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Hokusai, l'affiche

Bande annonce d'Hokusai (VOstf)

Drame, Historique, Biopic

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