Crawl : la critique du film (2019)

Epouvante-horreur, Survival | 1h28min
Note de la rédaction :
7/10
7
Crawl, l'affiche du film d'Alexandre Aja

Note des lecteurs

Crawl est une des bonnes surprises de cet été avec ses alligators voraces qu’Alexandre Aja filme sous toutes leurs coutures. A croquer sans modération.

 Synopsis : Quand un violent ouragan s’abat sur sa ville natale de Floride, Hayley ignore les ordres d’évacuation pour partir à la recherche de son père porté disparu. Elle le retrouve grièvement blessé dans le sous-sol de la maison familiale et réalise qu’ils sont tous les deux menacés par une inondation progressant à une vitesse inquiétante. Alors que s’enclenche une course contre la montre pour fuir l’ouragan en marche, Haley et son père comprennent que l’inondation est loin d’être la plus terrifiante des menaces qui les attend…

Crawl s’empare d’un sujet bis, traité sérieusement

Critique : Depuis quelques années, les bacs des soldeurs sont encombrés de titres évoquant des attaques animales, toutes plus improbables les unes que les autres. La firme Asylum est devenue une grande pourvoyeuse en titres surréalistes comme la saga des Sharknado. On y mélange de manière fantaisiste la peur des requins, avec l’angoisse envers le dérèglement climatique pour un grand moment de portnawak.

Crawl, photo d'exploitation

Copyright 2019 Paramount Pictures France. Tous droits réservés.

Il était donc grand temps qu’un cinéaste réellement amoureux du genre s’empare de ces thématiques abîmées par des années de charlatanisme. Avec Crawl, le cinéaste français Alexandre Aja met toute sa science de l’efficacité au service d’un script qui traite enfin le sujet de manière sérieuse. Il livre ainsi un pur survival dans la  grande tradition du genre. On songe ici aux meilleurs films mettant en scène des crocodiles et autres alligators comme L’incroyable alligator (Teague, 1980) et surtout Black Water (Traucki, 2007), de loin le plus stressant en la matière. Toutefois, on peut également étendre les références au film de requin puisque Crawl se rapproche également de l’ambiance stressante d’Instinct de survie auquel on songe beaucoup.

Un seul maître-mot : l’efficacité

Autant dire que l’humour n’est guère de mise dans ce nouveau long-métrage d’Aja qui ne cherche donc pas à rééditer son coup d’éclat bis de Piranhas. Le spectateur est d’ailleurs immédiatement plongé au cœur d’une tempête tropicale impressionnante qui inonde la totalité de la Floride. La référence est bien évidemment celle de Katrina, même si aucun commentaire social ou politique ne vient se glisser dans ce pur film de genre qui exploite une situation exceptionnelle. La présence d’une réserve d’alligators à proximité justifie la présence de ces prédateurs qui apparaissent au bout d’un quart d’heure et qui sont donc très présents tout au long du métrage.

Crawl, photo d'exploitation

Copyright 2019 Paramount Pictures France. Tous droits réservés.

Le but d’Aja est de confronter ses quelques personnages (et un éternel toutou qui sera naturellement sauvé, concession classique du genre) à un prédateur redoutable, tandis que la nature s’acharne également contre eux. De là naît le stress du spectateur qui retrouve en lui la peur primale d’être dévoré par une créature féroce. L’angoisse est décuplée par le fait que ces événements ont lieu dans un cadre quotidien (la maison familiale envahie par les eaux, les rues désertées par la population en fuite, les magasins) qui devient dangereux en seulement quelques minutes.

Des artifices au service d’un divertissement total

Si l’on peut regretter l’usage de quelques poncifs du genre – le rapprochement d’une famille dysfonctionnelle une fois confrontée à l’adversité – le long-métrage propose suffisamment de péripéties pour faire oublier cet aspect. Car la particularité du cinéma d’Aja depuis son excellent Haute tension est de placer l’efficacité au cœur de son dispositif. On ne s’embarrasse pas de préambules inutiles et même si le cinéaste a recours à des artifices (la présence régulière de personnages périphériques qui servent de repas aux alligators), il parvient à les intégrer de manière harmonieuse au récit central.

D’une efficacité imparable, souvent impressionnant lors des séquences de tempête, Crawl est donc une très bonne surprise qui démontre une fois de plus le savoir-faire d’un réalisateur qui semble enfin en avoir fini avec les remakes.

Critique de Virgile Dumez

Les sorties de la semaine du 24 juillet 2019

 

Crawl, l'affiche du film d'Alexandre Aja

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