Annihilation : la critique du film (2018)

Science-fiction | 1h55min
Note de la rédaction :
8/10
8
Annihilation, l'affiche

  • Réalisateur : Alex Garland
  • Acteurs : Tessa Thompson, Natalie Portman, Jennifer Jason Leigh, Oscar Isaac, Gina Rodriguez
  • Date de sortie: 12 Mar 2018
  • Nationalité : Britannique, Américain
  • Scénario : Alex Garland d'après un roman de Jeff VanderMeer
  • Directeur de la photographie : Rob Hardy
  • Musique : Geoff Barrow et Ben Salisbury
  • Plateforme de diffusion : Netflix
  • Editeur vidéo (blu-ray) : Paramount Pictures
  • Sortie vidéo (blu-ray) : Le 13 mars 2019
  • Budget : 40 M$
  • Box-office USA / Monde : 32,7 M$ (USA) / 43M$ (monde entier y compris USA)

Film de science-fiction ambitieux, Annihilation propose un spectacle immersif, poétique et qui fait appel à l’intelligence du spectateur. A découvrir.

Synopsis : Lena, biologiste et ancienne militaire, participe à une mission destinée à comprendre ce qui est arrivé à son mari dans une zone où un mystérieux et sinistre phénomène se propage le long des côtes américaines. Une fois sur place, les membres de l’expédition découvrent que paysages et créatures ont subi des mutations, et malgré la beauté des lieux, le danger règne et menace leur vie, mais aussi leur intégrité mentale.

Alex Garland confirme avec Annihilation tous nos espoirs avec sa deuxième réalisation

Critique : Romancier devenu scénariste attitré de Danny Boyle pendant plusieurs années, Alex Garland se distingue par sa passion pour une science-fiction intelligente qu’il a déjà développée dans son excellent premier film Ex Machina (2014). Ce premier essai nous avait emballé à l’époque de sa sortie et l’on attendait donc beaucoup de son Annihilation (2018), adapté du premier roman de la trilogie du Rempart Sud écrite par Jeff VanderMeer.

Annihilation, jaquette blu-ray

© 2018 Paramount Pictures – Skydance Media – Scott Rudin Productions – DNA Films / © 2019 Paramount Pictures. Tous droits réservés.

Ceux qui adorent le roman initial ne doivent pourtant pas s’attendre à une adaptation fidèle puisqu’Alex Garland a refusé de relire le livre avant de le transposer à l’écran. Il préférait se baser sur son ressenti afin de se libérer d’une influence sans doute trop pesante. En réalité, la référence qui vient immédiatement à l’esprit du cinéphile dès les premiers instants de cette quête dans une zone inhospitalière est celle du Stalker (1979) de Tarkovski. On assiste effectivement à la même errance quasiment mystique de personnages au cœur d’une zone isolée par les militaires pour cause de présence extra-terrestre.

Une ambiance anxiogène autour d’une force extra-terrestre inexpliquée

Alex Garland ne cherche d’ailleurs pas à agrémenter ce parcours de multiples rebondissements, préférant créer une ambiance anxiogène par l’accumulation de détails étonnants. On découvre en même temps que les personnages les effets de cette présence extra-terrestre sur l’environnement, mais aussi sur la faune, la flore et finalement les êtres humains qui s’en approchent. Rompant avec l’idée classique d’une force extra-terrestre malveillante, Garland préfère la traiter comme une forme de vie qui s’apparenterait à un virus.

Ce nouvel être qui bouleverse toutes les données humaines jusqu’à l’ADN des autres espèces est donc à mettre en rapport avec le cancer qui ronge un des personnages principaux. Il ne s’agit jamais ici d’une lutte pour le Bien ou le Mal, mais bien simplement d’un phénomène de conquête d’une forme de vie nouvelle sur une autre. Cette relecture d’un thème classique de la SF s’avère passionnante de bout en bout, d’autant qu’elle ne s’accompagne d’aucune concession aux clichés actuels. Aucun humour, aucune scène proprement spectaculaire, mais des images souvent très poétiques (les hommes végétaux par exemple) et une fin radicale qui ne cherche pas à brosser le spectateur dans le sens du poil.

Un film assez radical à découvrir sur Netflix ou en vidéo

Cette radicalité se retrouve dans le rythme assez lent, mais jamais barbant, ainsi que dans l’utilisation de quelques plans gore ou simplement écœurants (voir la vision des entrailles grouillantes d’un personnage). Autant d’éléments que le réalisateur Alex Garland a tenu à conserver, et ceci malgré des projections test peu flatteuses. Plutôt que de défigurer son œuvre, le cinéaste a préféré accepter le deal des producteurs : sortir le film au cinéma seulement aux Etats-Unis, au Canada et en Chine, mais confier le métrage à la plateforme Netflix pour le reste du monde. Une décision pour le moins étrange, mais qui a eu le mérite de laisser intacte la vision d’un auteur décidément passionnant.

Annihilation est porté par des actrices formidables, mais aussi par de superbes images qui évoquent parfois les tableaux surréalistes du début du 20ème siècle. Il s’agit en tout cas d’une œuvre ambitieuse, parfois un peu absconse, mais qui devrait plaire à tous les amoureux d’une SF de qualité.

A découvrir sur la plateforme de streaming Netflix

Critique du film :  Virgile Dumez

Annihilation, l'affiche

© 2018 Paramount Pictures – Skydance Media – Scott Rudin Productions – DNA Films. Tous droits réservés.

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Bande-annonce de Annihilation (VO)

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