Un poil de politique, une bonne dose de terrorisme et une pléthore de poursuites spectaculaires, tels sont les ingrédients d’Angles d’attaque, petit thriller invraisemblable, mais diablement efficace, boosté par sa concision et son rythme haletant. Ecrit par le scénariste de The Brotherhood de David DeCoteau pour les aficionados d’anecdotes improbables.
Synopsis : Thomas Barnes et Kent Taylor sont deux agents secrets chargés d’assurer la protection du Président Ashton lors d’une conférence au sommet sur le terrorisme en Espagne. Peu après son arrivée, le président est victime d’une tentative d’assassinat. Dans la foule, un touriste américain a filmé toute la scène. Rex, reporter pour une chaîne de TV américaine, a elle aussi été le témoin privilégié des 15 minutes avant et après le coup de feu.
C’est en suivant la reconstitution de ces moments vécus par ces 4 personnages que la terrible vérité qui se cache derrière cet attentat nous sera révélée.

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Critique : On connaît Pete Travis pour Omagh, drame politique saisissant sur toile de terrorisme en Irlande du Nord, marqué par sa caméra hyperactive. Avec Angle d’attaques, il prend les commandes d’un thriller hollywoodien paranoïaque où l’attaque terroriste sert de lien avec son précédent jalon et délivre un pur produit d’exploitation post-11 Septembre de la part de la production américaine.
Angles d’attaque démarre comme un brûlot politique, mais au fur et à mesure que le récit se décline, en huit points de vue différents autour d’un attentat meurtrier (en pleine foule, contre le président Américain, dans un Salamanque joliment reconstitué au Mexique), Angles d’attaque se révèle être une série B d’action nerveuse et haletante. Elle intrigue, chaque répétition de l’événement révélant son lot d’informations et de rebondissements, et ne laisse jamais au spectateur le temps de souffler grâce à des courses poursuites trépidantes et spectaculaires (à pied ou en voiture, certains moments sont à couper le souffle).
Cette multiplication de regards, procédé déjà utilisé, notamment dans Collision ne rend cependant pas le scénario plus intelligent pour autant. Dans cette frénésie de sentiments (panique, colère, peur, angoisse, désespoir, tout y passe), le puzzle d’indices à assembler vire bien vite au grotesque. Les coïncidences riment avec invraisemblances et la conclusion finale ne satisfait pas pleinement. Heureusement, la concision du spectacle (à peine 1h30) et le rythme général toujours prompt, font passer la pilule au nom du sacrosaint divertissement. On ne s’en plaindra pas.
Avec un casting particulièrement copieux de seconds couteaux (la débutante Zoe Saldana, Dennis Quaid, Forest Whitaker, Edgar Ramirez, Sigourney Weaver, William Hurt et Matthew Fox dans un écart cinématographique hors Lost), Angles d’attaque n’a pas eu une carrière déshonorante : cette grosse série B de 40M$ de budget, obsédée par l’assassinat du président américain, n’a certes réalisé que 72M$ aux USA, mais à l’issue d’une longue carrière commencée à 22M$ lors de son premier week-end, en février 2008, sous le titre original de Vantage Point. Relativement stable au box-office américain, la production Columbia Sony se promène pendant 5 week-end dans le top 10.
Dans le reste du monde, le thriller sous tension cumule 11.5M$ au Royaume-Uni, 8M$ au Japon, 6.9M$ en Corée du Sud, et 6.7M$ en Espagne où il a été tourné.
La France se contentera d’enregistrer 4.5M$, après une carrière relativement discrète (265 000 entrées en première semaine pour un total peu glorieux de 471 000 entrées). La chronique de l’assassinat d’un président, même joué par William Hurt, ne passionnait pas les foules hexagonales qui étaient à cette époque peu courroucées par la présidence américaine. Barack Obama ne deviendra d’ailleurs président que quelques mois plus tard, réchauffant les relations entre la France et les USA après les années compliquées de Bush fils marquées par une désinformation honteuse sur l’Irak.
Depuis, Angles d’attaque a connu de nombreuses diffusions sur la TNT, a été exploité en DVD/blu-ray, et même sur Netflix où le format “produit de plateforme” sied bien à son style marqué d’époque, quelques décennies après.

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