A Chiara : la critique du film et le test DVD (2022)

Drame | 2h01min
Note de la rédaction :
7/10
7
A Chiara, l'affiche

  • Réalisateur : Jonas Carpignano
  • Acteurs : Swamy Rotolo, Claudio Rotolo, Grecia Rotolo
  • Date de sortie: 13 Avr 2022
  • Nationalité : Italien, Français
  • Titre original : A Chiara
  • Titres alternatifs : Para Chiara (Espagne) / Chiara (Pologne, Allemagne) / Chiara története (Hongrie) / To Chiara (Australie)
  • Année de production : 2021
  • Scénariste(s) : Jonas Carpignano
  • Directeur de la photographie : Tim Curtin
  • Compositeurs : Dan Romer et Benh Zeitlin
  • Société(s) de production : Stayblack, Rai Cinema, Haut et Court, ARTE
  • Distributeur : Haut et Court
  • Distributeur (reprise) :
  • Date de reprise :
  • Éditeur(s) vidéo : Blaq Out (DVD)
  • Date de sortie vidéo : 6 septembre 2022 (DVD)
  • Box-office France / Paris-périphérie : 33 378 entrées / 11 868 entrées
  • Box-office nord-américain : 41 925 $
  • Budget : -
  • Rentabilité : -
  • Classification : Tous publics
  • Formats : 1.85 : 1 / Couleurs / Son : 5.1
  • Festivals et récompenses : Festival de Cannes 2021 : sélection de la Quinzaine des Réalisateurs et lauréat du Label Europa Cinemas / David di Donatello 2022 : 6 nominations au total et une récompense de la meilleure actrice pour Swamy Rotolo / Lisbon & Estoril Film Festival 2021 : meilleure actrice pour Swamy Rotolo / Seville European Film Festival 2021 : Prix du meilleur réalisateur pour Jonas Carpignano / Stockholm Film Festival 2021 : Prix de la meilleure photographie pour Tim Curvin / Zurich Film Festival 2021 : Meilleur film étranger
  • Illustrateur / Création graphique : Conception graphique DVD de L'Atelier d'images pour Blaq Out
  • Crédits : Stayblack, Rai Cinema, Haut et Court, ARTE
  • Franchise : 3ème volet de la trilogie sur la Calabre après Mediterranea et A Ciambra.
Note des spectateurs :

A Chiara est un beau drame calabrais qui s’appuie sur une réalisation efficace et l’interprétation sans faille de la jeune Swamy Rotolo, véritable révélation qui lui a valu un Prix de la meilleure actrice en Italie. A découvrir.

Synopsis : Chiara, 16 ans, vit dans une petite ville de Calabre, entourée de toute sa famille. Pour les 18 ans de sa sœur, une grande fête est organisée et tout le clan se réunit. Le lendemain, Claudio, son père, part sans laisser de traces. Elle décide alors de mener l’enquête pour le retrouver. Mais plus elle s’approche de la vérité qui entoure le mystère de cette disparition, plus son propre destin se dessine.

Une adolescente de Calabre

Critique : Installé depuis une dizaine d’années dans la ville de Gioia Tauro en Calabre, le réalisateur Jonas Carpignano y a tourné ses trois premiers films qu’il envisage désormais comme étant une trilogie. Il s’agit tout d’abord de Mediterranea (2015) autour de la question des migrants, puis d’A Ciambra (2017) sur une communauté rom et enfin d’A Chiara (2021) qui nous occupe ici. Marqué par un style documentaire, ce troisième long-métrage a l’originalité de montrer à l’écran une vraie famille, à la ville comme à l’écran.

Le but de Carpignano était de parvenir à décrire des liens familiaux très forts dès les premiers instants afin que l’on ne se questionne jamais sur la puissance de cet attachement. Il lui suffit donc d’une séquence d’anniversaire introductive pour présenter chacun des membres de cette famille, sans que l’on ne soit jamais perdu. La complicité apparaît comme immédiate entre tous ces « acteurs » qui n’ont pas besoin de simuler leur amour réciproque. C’est assurément l’un des points forts du long-métrage, d’autant que la jeune Swamy Rotolo fait preuve d’une réelle force de caractère et d’une belle capacité d’incarnation qui lui a d’ailleurs valu d’obtenir le David di Donatello de la meilleure actrice en 2022. Prix largement mérité tant elle illumine le film de sa magnétique présence.

A Chiara, un faux air de Rosetta

Au bout d’une demi-heure de présentation, Carpignano fait intervenir un élément fictionnel qui vient rebattre les cartes du faux documentaire. A la suite de l’explosion de la voiture familiale, le père de famille disparaît de la circulation, bouleversant le microcosme familial brillamment établi auparavant. Dès lors, Chiara n’aura de cesse de découvrir la vérité sur ce père qu’elle ne connaît que superficiellement, et par-là même sur l’ensemble de sa famille et de sa communauté. Sans vouloir trop déflorer le suspense qui entoure le destin paternel, le tout est quand même lié à la présence en Calabre de la ‘Ndrangheta, organisation mafieuse locale dont on comprendra un peu mieux le fonctionnement interne en cours de projection.

Même si Jonas Carpignano s’inscrit pleinement dans le style du cinéma-vérité – on songe à de nombreuses reprises au cinéma des frères Dardenne – avec caméra à l’épaule, cadrages aléatoires et tendance à suivre les personnages dans leurs pérégrinations à coups de plans-séquence, le cinéaste est aussi capable d’avoir recours à des artifices de mise en scène. Afin de rester toujours à hauteur du regard de Chiara et de sa subjectivité, Carpignano visualise notamment ses rêves et cauchemars dans deux séquences particulièrement réussies. Par ailleurs, il atténue par moments les bruits extérieurs et met en avant une musique synthétique particulièrement efficace afin de signifier le trouble intérieur de la jeune fille.

Box-office :

Si le cinéaste ne cherche aucune excuse aux membres de la ‘Ndrangheta, il s’interroge également sur la pertinence de la loi italienne qui vise à séparer les enfants de leur famille afin d’éviter qu’ils ne suivent leurs parents dans la mafia. Le procédé est sans doute efficace dans le cas de cette organisation qui ne fonctionne que sur les liens du sang, mais est-ce humainement viable ? En tout cas, le cinéaste ne tranche pas dans A Chiara et il offre à son héroïne une voie possible vers un avenir plus radieux, sans pour autant qu’elle renie son passé.

Présenté à la Quinzaine des réalisateurs au festival de Cannes, A Chiara est sorti dans nos salles au mois d’avril 2022 dans un contexte post-Covid compliqué pour les films estampillés art et essai. Si le chiffre de 33 378 entrées sur toute la France peut apparaitre très faible, il cache en réalité d’assez bonnes moyennes par salles sur la France pour une œuvre qui a bénéficié d’une sortie discrète, avec seulement 6 cinémas à Paris intra-muros (L’Arlequin, l’UGC Ciné Cité Les Halles vo 1177, le MK2 Bastille, le MK2 Quai de Seine & Loire, les Parnassiens et le Louxor). Il démarrera sur ces 6 sites à 5 413 spectateurs (hors périphérie).

Dans l’ensemble de la France, cette distribution Haut et Court passe deux semaines au-dessus des 10 000 spectateurs, avant de chuter de 60% en 3e semaine). A l’issue de celle-ci, il a attiré 30 250 spectateurs. Il lui reste moins de 4 000 retardataires à accueillir avant de disparaître des cinémas.

Dans un embouteillage de sorties – il est paru une semaine de 18 nouveautés, qui sera suivie d’une semaine de 16 nouveaux titres… -, le drame italien ne s’en sort donc pas si mal. On peut en tout cas lui souhaiter une audience encore plus large avec sa sortie en DVD qui est vraiment la bienvenue.

Critique de Virgile Dumez

Les sorties de la semaine du 13 avril 2022

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A Chiara, l'affiche

© 2021 Stayblack – Rai Cinema – Haut et Court – ARTE. Tous droits réservés.

Biographies +

Jonas Carpignano, Swamy Rotolo, Claudio Rotolo, Grecia Rotolo

Le test DVD :

Une édition très classique, uniquement en DVD. Pour la HD, il faudra passer par la SVOD. Le test a été effectué à partir du produit définitif.

Compléments & packaging : 3 / 5

Boitier Amaray classique agrémenté d’un fourreau pour cette sortie discrète en DVD. Au niveau des suppléments, l’éditeur Blaq Out nous offre le débat qui a suivi la projection cannoise avec le réalisateur et la jeune Swamy Rotolo (24min). Le tout est informatif, même si la traduction en direct en italien, français et anglais ne facilite pas la fluidité du discours. Chapeau en tout cas pour l’interprète, dont le travail est ici exceptionnel de rapidité.

L’image : 3,5 / 5

Le rendu de l’image en SD est un peu brut de décoffrage et manque parfois de profondeur, notamment dans les noirs. On remarque aussi un certain grain qui ajoute toutefois un charme au style documentaire de l’œuvre en question. Pas de trahison donc, mais on doit avouer que l’on n’est plus habitué aux copies SD qui manquent souvent de pertinence visuelle.

Le son : 4 / 5

C’est le bon point de cette galette avec deux pistes italiennes en version originale sous-titrée (soit en 2.0, soit en 5.1). Nous avons testés la piste spatialisée qui nous fait profiter de nombreux bruits d’ambiance sur toutes les enceintes et qui permet aussi de magnifier les montées en puissance musicales. Du tout bon sur ce plan.

Test du DVD de Virgile Dumez

A Chiara, jaquette DVD

© 2021 Stayblack – Rai Cinema – Haut et Court – ARTE / Conception graphique : © 2022 L’Atelier d’images pour Blaq Out. Tous droits réservés.

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A Chiara, l'affiche

Bande-annonce de A Chiara (VOSTF)

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