L’élégance du gentleman peut dissimuler la froideur d’un tueur. Retour la carrière de Rupert Friend, omniprésent même la quarantaine franchie.
Né à Cambridge en 1981 et scolarisé à Oxford, Rupert Friend est le prototype du comédien britannique au charme et à l’élégance inhérents aux productions en costumes si chères au Royaume-Uni. Cet ancien musicien de rock démarre tardivement une carrière de comédien, après avoir notamment intégré la Webber Douglas Academy of Dramatic Art de Londres.
C’est donc logiquement qu’il débute en 2004 une carrière prometteuse en dandy dans Rochester, le dernier des libertins aux côtés de Johnny Depp. Il enchaîne en 2005 avec une adaptation de Jane Austen, Orgueil et Préjugés de Joe Wright, dans laquelle il donne la réplique à Keira Knightley, qui deviendra sa compagne jusqu’en 2011. Parmi les nombreux films en costumes dans lesquels il a tourné, on peut citer la parodie Medieval Pie : Territoires vierges de David Leland, ainsi que Victoria : Les Jeunes Années d’une reine de Jean-Marc Vallée, avec Emily Blunt, et le délicieux Chéri de Stephen Frears, avec Michelle Pfeiffer.
Dans les années 2010, après avoir tourné pour Stephen Frears, on le retrouve notamment devant la caméra de Renny Harlin, Terry Gilliam et David Mackenzie. Paul Feig le dirige dans L’Ombre d’Emily, un thriller avec la comédienne Anna Kendrick et la venimeuse Blake Lively.
Même si Les Poings contre les murs de David Mackenzie n’est pas un véritable succès au box-office, il n’en demeure pas moins l’un de ses meilleurs rôles. Ce rôle psychologique intense lui permet ensuite d’enchaîner, en 2015, dans Hitman: Agent 47, une nouvelle adaptation du célèbre jeu vidéo, réalisée par Aleksander Bach. Il y remplace Paul Walker, décédé en 2013. La star de Fast and Furious devait effectivement interpréter le rôle de l’Agent 47, qui échoua finalement à Rupert Friend.
Parmi ses films à succès, impossible de ne pas mentionner La Mort de Staline d’Armando Iannucci, et plus récemment, sa présence dans trois oeuvres de Wes Anderson : The French Dispatch, Asteroid City et The Phoenician Scheme.
Très présent au cinéma dans les années 2020, on le voit également devant la caméra d’Antoine Fuqua, Pierre Morel et surtout Gareth Edwards, qui fait de lui le ténébreux vilain de Jurassic World : Renaissance. Un personnage ambiguë, qui semble vouloir nous rappeler que les monstres ne sont pas forcément ceux que l’on croit. La même année, il figurait au générique d’un autre film avec Scarlett Johansson (The Phoenician Scheme) et du film d’horreur féministe Companion de Drew Hancock.
Curieusement, Rupert a peu fait de télévision. Néanmoins, il a joué l’un des rôles principaux de la série Homeland à partir de la saison 2, ce qui lui a valu de nombreuses nominations aux Screen Actor Guild Awards Awards.
Sans jamais être parvenu à devenir une star, Rupert Friend s’est constitué une solide filmographie dans les années 2000-2020 qui font de lui un second rôle aussi apprécié au Royaume-Uni qu’aux Etats-Unis.

Mahershala Ali, Scarlett Johansson, Jonathan Bailey et
Rupert Friend : Photocall londonien pour Jurassic World Renaissance, le 16 juin 2016. © 2025 Universal Studios.