Michelangelo Antonioni

Réalisateur, Scénariste

Personal Info

  • Nationalité : Italien
  • Date de naissance : 29 septembre 1912 à Ferrare (Italie)
  • Date de décès : 30 juillet 2007 à Rome (Italie)
  • Crédit visuel : © 1982 Gaumont (France) / Iter Film (Italie). Tous droits réservés.

Biographie

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Qualifié de maître du cinéma de l’incommunicabilité, Michelangelo Antonioni fit partie des réalisateurs les plus novateurs de son époque.

Michelangelo Antonioni, un artiste majeur de son temps

D’abord critique de cinéma puis documentariste, Antonioni se fit remarquer dans les années 50 par de subtils films psychologiques qui tranchaient avec la production commerciale de l’époque, dont Chronique d’un amour (1950), avec Lucia Bosè et Massimo Girotti ; et Femmes entre elles (1955), délicate étude de mœurs où il dirigeait d’excellentes actrices comme Eleonora Rossi Drago et Valentina Cortese.

Le Cri (1957), primé au Festival de Locarno, fut une œuvre de transition, à la fois entre les derniers feux du néoréalisme et le cinéma moderne des années 60, et dans la filmographie du réalisateur : le récit inaugurait, selon Roger Tailleur et Paul-Louis Thirard, « les thèmes de l’attente, de l’errance, de la répétition. (…) ». L’écoulement du temps, les silences et non-dits devenaient privilégiés, au-delà de la peinture naturaliste de la classe ouvrière.

C’est à partir de L’Avventura (1960), sifflé au Festival de Cannes, où il obtint malgré tout le Prix du Jury, qu’Antonioni radicalisa sa démarche et signa ses films les plus aboutis. Cette histoire de la disparition d’une jeune femme (Lea Massari), à l’origine du rapprochement de son fiancé (Gabriele Ferzetti) et sa meilleure amie (Monica Vitti), rompait avec la narration traditionnelle et devenait l’équivalent cinématographique du nouveau roman. Le film marquait aussi le début de la collaboration entre le cinéaste et le scénariste Tonino Guerra.

La Nuit (1961) est l’un des plus beaux films sur la décomposition d’un couple. Interprétée par Marcello Mastroianni et Jeanne Moreau, l’œuvre s’avérait une merveille d’épure et de distanciation, même si elle devait coller à son auteur une étiquette d’artiste intellectuel, peintre des névroses de la bourgeoisie de son temps. Le film obtint l’Ours d’or à la Berlinale.

L’Éclipse (1962), qui réunissait Alain Delon et Monica Vitti, Prix spécial du Jury à Cannes, était fidèle à la démarche du réalisateur, qui se renouvelait toutefois par un traitement esthétique novateur de l’environnement urbain.

Le maître du cinéma de l’incommunicabilité

Premier film en couleur d’Antonioni, Le Désert rouge était interprété par Monica Vitti et Richard Harris. Fidèle à sa thématique de la désagrégation conjugale, Antonioni restait également cohérent avec son style, et devait affirmer : « Ce qu’on appelle ordinairement la ligne dramatique ne m’intéresse pas (…) Les histoires sont au besoin sans début ni fin, sans scène clef, sans courbe dramatique, sans catharsis, elles peuvent être faites de lambeaux, de fragments ».

La consécration vint avec Blow-Up (1966), tourné en Angleterre. Ce chef-d’œuvre sur le jeu des apparences, mêlant polar et ambiance arty, est son film à la fois le plus ambitieux et accessible, récompensé par la Palme d’or au Festival de Cannes.

Les années 70 furent moins prolifiques pour Antonioni. Zabriskie Point (1970) s’inscrivait dans la vague des films post-soixante-huitards, et confirmait le goût du réalisateur pour les récits circulaires sans déroulement dramatique explicite. Coproduit avec les États-Unis, il fut un échec commercial.

On lui préférera Profession : reporter (1975), quête de liberté à travers un changement d’identité, dans lequel il dirigeait Jack Nicholson et Maria Schneider.

Son dernier grand film fut Identification d’une femme (1982), fascinante étude sur la relation entre hommes et femmes, synthèse de toute son œuvre, et qui lui valut d’être primé à Cannes pour l’ensemble de sa carrière.

Antonioni prit ensuite ses distances avec le cinéma, mais on trouvera quelques belles scènes dans Par-delà les nuages (1995), coréalisé avec Wim Wenders, et le segment Le Périlleux enchaînement des choses du film collectif Eros (2004), coréalisé avec Steven Soderbergh et Wong Kar-wai.

Gérard Crespo

Filmographie

Réalisateur (longs-métrages) :

  • 1950 : Chronique d’un amour (Cronaca di un amore)
  • 1953 : La Dame sans camélia (La signora senza camelie)
  • 1953 : Les Vaincus (I vinti)
  • 1953 : L’Amour à la ville (L’amore in città), segment J’essaye le suicide (Tentato suicidio)
  • 1955 : Femmes entre elles (Le amiche)
  • 1957 : Le Cri (Il grido)
  • 1960 : L’avventura
  • 1961 : La Nuit (La notte)
  • 1962 : L’Éclipse (L’eclisse)
  • 1962 : Il fiore e la violenza (segment Il delitto)
  • 1964 : Le Désert rouge (Il deserto rosso)
  • 1965 : Les Trois Visages (I tre volti), segment Il provino (Le Bout d’essai)
  • 1966 : Blow-Up
  • 1970 : Zabriskie Point
  • 1972 : Chung Kuo, la Chine (Chung Kuo, Cina) (documentaire)
  • 1975 : Profession : reporter (Professione : reporter)
  • 1980 : Le Mystère d’Oberwald (Il mistero di Oberwald)
  • 1982 : Identification d’une femme (Identificazione di una donna)
  • 1989 : 12 registi per 12 città (Douze réalisateurs pour douze villes), coréalisation, segment Roma
  • 1995 : Par-delà les nuages (Al di là delle nuvole), coréalisé avec Wim Wenders
  • 2004 : Eros, segment Il filo pericoloso delle cose
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